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Marc François.
Photo Fanny Reynaud.
Edito

Les limites de l’écologie punitive

Le 1er janvier, une nouvelle étape a été franchie dans l’instauration des Z.F.E. dans les principales villes françaises. La mesure ne fait pas l’unanimité.

La mise en place des Z.F.E. (zones à faible émission) dans les principales agglomérations françaises n’est pas seulement une initiative d’ordre écologique, c’est aussi un sujet éminemment politique. On sait qu’en juillet 2023, le gouvernement annonçait que seules les villes les plus polluées étaient tenues de maintenir des restrictions de circulation selon le calendrier initial fixé deux ans plus tôt. Dans le même temps, les Républicains demandaient la suppression des Z.F.E. et les Insoumis plaidaient pour un moratoire sur ce sujet.

Un peu de souplesse

Faut-il y voir une décision avant tout politique, un désir de ne pas traumatiser davantage des Clermontois déjà perturbés depuis des mois par des travaux colossaux qui n’en finissent pas ? L’ombre d’élections municipales qui, déjà, se profilent ? En tout cas, à l’heure où le périmètre de la Z.F.E s’est étendue aux 21 communes de l’agglomération, ses responsables ont eu la bonne idée de décider d’épargner (pour le moment ?) les automobiles « anciennes » des particuliers de l’interdiction de rouler dans le périmètre urbain. Ce dont on ne peut que se féliciter sur un plan social puisque ce genre de dispositif, ultra-contraignant, touche en premier lieu les plus malaisés, les plus fragiles. Ceux qui ne peuvent se permettre d’investir dans un véhicule récent.

Paradoxe

Une dimension est rarement prise en compte dans l’approche globale du sujet… C’est celle de la fabrication et de la fin de vie des voitures. Or, ces phases sont de loin les plus impactantes sur le plan environnemental. Il est admis que la construction et le démantèlement d’un véhicule thermique génère en moyenne  10,8 tonnes de CO² contre 14 tonnes pour une voiture électrique. Par comparaison, un kilomètre parcouru n’est responsable que de l’émission de 40 grammes. Ce qui revient à dire que moins l’on construit (et moins l’on exporte) d’automobiles et mieux la planète se porte.  Selon l’association à but non lucratif Climate Action Accelerator : «  L’allongement de la phase d’utilisation des véhicules, tout en tenant compte de la sécurité et d’autres facteurs opérationnels, est une stratégie importante pour réduire les incidences des transports sur le climat.» L’automobiliste conservant le plus longtemps possible son véhicule devrait donc apparaître comme un citoyen écologiquement modèle. Or, paradoxalement- mais notre époque n’est plus à un paradoxe près- c’est lui que l’on pénalise et que l’on exclut à travers la mise en place des Z.F.E. Est-ce à dire que ces nouveaux plans urbains répondent d’abord à des intérêts industriels ?

Mouvement naturel

Dans la réalité, l’incidence  de la mise en place des Z.F.E. sur la qualité de l’air en ville restera relativement limitée. Car, le parc automobile se renouvelle de lui-même, il n’a pas besoin pour cela de diktats ou de réglementations coercitives. L’écologie punitive, qui frappe aussi le domaine du logement, pourrait en tout cas jouer un rôle non négligeable lors des prochaines élections nationales et locales. A force d’obligations, d’interdictions et d’astreintes, elle pourrait se révéler une arme à double tranchant.

 

 

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À propos de l'auteur

Marc François

A débuté le métier de journaliste parallèlement sur une radio libre et en presse écrite dans les années 80. Correspondant de plusieurs médias nationaux, rédacteur en chef de l’hebdomadaire Info Magazine (Clermont, Limoges, Allier) pendant 9 ans, il a présidé le Club de la Presse Clermont-Auvergne entre 2009 et 2013. Il est l’initiateur de 7 Jours à Clermont.

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