L'Essentiel
Depuis mi-février, la Librairie clermontoise Les Volcans a entamé une transformation en profondeur. Plus des deux tiers des rayons ont bougé, de nouveaux meubles ont été installés et derrière les palissades en bois, les futurs café et espace de rencontre prennent forme.
Philippe Pelade, cogérant de la SCOP accompagne le chantier avec attention. Il veille également à ce que la vie “normale” de la librairie puisse continuer, malgré les travaux.
“Les travaux magasin ouvert, c’est toujours compliqué”
7 Jours à Clermont : La Librairie les Volcans se transforme peu à peu depuis le début de l’année… où en être vous du chantier ?
Philippe Pelade : nous sommes à peu près à mi-étape puisque nous devrions ouvrir fin juin, cela est conforme à ce qui était prévu. On est satisfait des premières impressions que nous donnent les nouveaux aménagements. Evidemment il y a beaucoup de contraintes, car il y a de la poussière, des bruits, des odeurs et faire les travaux magasin ouvert, c’est toujours compliqué. Néanmoins, à écouter les retour des clients, ils sont conscients que l’on fait les travaux pour améliorer l’existant et que le résultat sera la hauteur des espérances.
7JàC : Tout sera fonctionnel fin juin ?
P. P : Oui fin juin, normalement, tout devrait fonctionner et surtout le café qui est vraiment la pierre angulaire du projet.
7JàC : Comment les équipes vivent-elles ce chantier ?
P. P : Cela se passe plutôt bien d’autant qu’on a associé les équipes en amont pour travailler sur le changement de place des rayons. C’est un projet co-construit et il est toujours plus facile de convaincre les salariés lorsqu’ils participent au changement. Ils savent tous que ce projet projette la librairie à 10 ans et que c’est un passage obligé de quelques mois qui permettra de faire un bon en avant sur le plan qualité. L’équipe est vraiment soudée autour du projet.
7JàC : L’ensemble des salariés supportent sans problème ce quotidien un peu bouleversé par les travaux ?
P. P : Nous ne sommes pas sur le chantier en train de casser les cloisons… mais on a beaucoup travaillé avec les salariés pour déplacer les livres, les rayons, on a beaucoup donné physiquement. Psychologiquement c’est un enjeu fort, on s’est engagé financièrement de manière importante, mais il faut voir tout cela comme un investissement, comme la librairie de demain ou d’aujourd’hui en tout cas, sur une durée d’une dizaine d’années.

Faire de la Librairie Les Volcans un lieu d’échange et de partage
7 Jours à Clermont : Que disent les clients durant cette période particulière ?
Philippe Pelade : Alors les clients sont un peu désarçonnés au début, car ceux qui ne sont pas venus depuis longtemps ont du mal a retrouver leurs repères, d’autant qu’on a changé de place 70% des rayons. C’est donc un peu troublant pour certains clients qui n’aiment pas changer leurs habitudes. Cependant le changement permet de redécouvrir la librairie, des rayons, des espaces. Le changement de mobilier parait également utile car il met en valeur une partie de l’architecture du magasin.
7JàC : Le flux des client a-t-il baissé depuis le début du chantier ?
P. P : Objectivement on a une baisse de fréquentation qui est liée en partie aux travaux du magasin, mais on avait budgété cela et on savait qu’il y aurait un impact négatif sur le chiffre d’affaires, mais c’est beaucoup moins que ce que nous avions envisagé. On est légèrement en négatif, mais la situation commerciale est plutôt difficile en ce moment pour les librairies. Les études montrent que le niveau de lecture s’affaisse un peu dans toutes les catégories, l’appétence à la lecture recule et l’offre en livre est peut-être un peu trop foisonnante ce qui perd un peu le client dans la multitude des choix à faire.
7JàC : Il y a dix ans, à la création de la Scoop, les clients vous soutenaient. La dynamique est-elle restée et vous accompagne-t-elle durant ces travaux ?
P. P : On est plus tout à fait sur la même vague. Presque onze ans sont passés, on est maintenant bien installé dans le paysage commercial clermontois. Ce qui est important c’est qu’on a gardé notre clientèle et que l’on arrive à mêler la proposition commerciale à la proposition événementielle. On est arrivé à faire de la Librairie Les Volcans un lieu d’échange, de partage, un lieu où il se passe quelque chose, que ce soit autour du livre, de la musique, des conférences, autour de rencontres diverses et variées. C’est en cela que le projet de café est, pour nous, complémentaire et complètement aligné à ce que l’on proposait et qui nous manquait. C’est un équipement que l’on avait pas et on espère qu’il va être utilisé. Tout le monde nous dit que c’est une très bonne idée de créer un espace de convivialité et les clients attendent une utilisation dès que possible.
7JàC : Dès que possible, cela sera donc fin juin, mais la grosse reprise sera pour septembre ?
P. P : Modestement, je pense que le café va marcher tout de suite car il va bénéficier de la terrasse l’été. J’ai la faiblesse de penser qu’il va fonctionner dès le début. En septembre, ce qui est sûr, c’est qu’on fera une inauguration officielle, mais le fonctionnement du café devrait déjà être à un bon niveau dès le début.
Traditionnellement, juillet et août ne sont pas des périodes durant lesquelles on fait beaucoup d’événements avec une politique événementielle un peu plus légère. C’est vrai que la vraie reprise événementielle sera en septembre.
7JàC : Qu’attendez-vous de la nouvelle version de la Librairie Les Volcans ?
P.P : Cela donnera un nouvel élan, c’est important car il faut se renouveler dans le commerce, pour les librairies particulièrement, parce que ce sont des commerces particuliers avec un taux de rentabilité assez faible. La grande difficulté d’une librairie c’est d’inciter les gens à pousser la porte, après il faut que les clients s’y sentent bien et qu’ils aient envie de revenir. C’est la gageure, le lieu doit être accueillant, chaleureux, un peu une parenthèse hors du temps avec de la discrétion et du calme.













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