Sur son calendrier, en date du 13 avril 2026, Dominique Ferrandon, directeur des thermes de Royat et du centre Royatonic, a mis une croix rouge. C’est en effet ce lundi que va s’ouvrir la nouvelle saison thermale dans un contexte national difficile. La fréquentation de l’ensemble des stations thermales françaises est en baisse. En 2025, elles ont enregistré jusqu’à -18 %, à l’exception de Vichy qui remonte après une période de travaux. « La nouvelle saison s’annonce plutôt bien dans ce contexte du thermalisme général qui est un peu compliqué. Mais on a un retour de nos curistes un peu historiques… on a dû passer les 3 000 réservations aujourd’hui. Dans le contexte, on se satisfait d’assez peu, finalement. On est un peu en retard sur nos réservations, mais on est dans la moyenne de ce que les autres stations aussi subissent et vivent aujourd’hui », précise le directeur.
Continuité Aledo-Franck
Cette nouvelle saison débute sous l’ère Hugo Franck, le nouveau maire de Royat, qui ne remet pas en cause les décisions de son prédécesseur. Début 2025, Marcel Aledo avait décidé de mettre fin à la Délégation de Service Public du groupe Valvital, qui n’avait pas tenu ses engagements, pour une reprise en régie par la municipalité. 24 millions d’euros étaient fléchés pour les travaux de rénovation : 20 millions pour les thermes et un peu moins de 4 M€ pour Royatonic avec le soutien de trois banques. Une fois de plus, le dossier va devoir être rouvert afin que le projet soit en rapport avec la vision du nouveau maire. « Hugo Franck dit plutôt rénover que démolir et reconstruire », explique Dominique Ferrandon. « On est donc en train de chercher comment réutiliser des parties d’établissement qu’on a aujourd’hui et dont on n’a plus besoin, et plutôt que de les démolir, peut-être de les remettre à disposition pour créer — et c’est la volonté du maire — un flux, une animation autour de l’établissement thermal. Et de pouvoir peut-être aussi donner aux gens qui fréquenteront l’établissement thermal la possibilité d’accéder à des prestations ou des choses, peut-être en lien avec la santé ou le bien-être, qu’ils n’ont peut-être pas forcément l’occasion d’avoir dans leur vie de tous les jours. » Au sein de l’équipe de direction, la confiance est donc intacte, d’autant qu’Hugo Franck est architecte, ce qui sera un véritable plus pour le projet et le respect des budgets. Un nouveau calendrier a donc vu le jour avec des travaux qui devraient débuter courant 2026 et s’étaler sur trois ans.

Réflexions sur l’évolution du modèle
Cette nouvelle vision des thermes, qui inclut la santé et la prévention, semble aujourd’hui une option prioritaire pour sortir d’un modèle qui fait de moins en moins recette. « Je pense qu’il ne faut pas renverser la table et dire : “on va arrêter de faire ça et puis se tourner vers autre chose”. Je pense qu’il faut qu’on continue à pérenniser le modèle, parce qu’on a encore des gens qui ont besoin de ces trois semaines de cure parce qu’ils ont des pathologies lourdes, des affections de longue durée », explique le directeur des thermes. « Par contre, il faut qu’on commence à réfléchir à une diversification de nos activités. On l’a fait il y a quelques années et Royat est un bel exemple : aujourd’hui, 50 % de notre chiffre d’affaires global se fait hors de la cure, puisque Royatonic (181 268 clients en 2025 / – 8 000 vs 2024) représente, en fait, la plus belle réussite à mon avis de diversification. Par contre, il faut qu’on aille vers d’autres formes de cures santé, peut-être des cures plus courtes pour donner la possibilité à des gens qui ne peuvent pas mobiliser trois semaines de venir se soigner dans des stations thermales. Et puis après, moi je crois beaucoup aussi à des programmes de prévention santé. Je crois aussi que la génération qui s’inscrit dans les salles de sport, qui fait de l’activité physique, qui va acheter de la nourriture bio et qui boit du vin nature, est composée de gens qui demain vont prendre soin de leur santé pour préserver leur bon état. Là, je pense que les stations thermales ont une vraie carte à jouer ».
Retrouver l’essence originelle des stations thermales
Cette réflexion est, en quelque sorte, un retour aux sources pour les stations thermales. « Dans les stations thermales, il y avait un établissement thermal, un parc, un casino, parce qu’en fait on venait pendant trois semaines pour se soigner, faire de l’exercice et se détendre ou se déstresser en allant au spectacle dans les casinos », reprend Dominique Ferrandon. « En fait, il faut qu’on retrouve ça. On va créer cette année sur Royat, dans la lignée de ce qui se fait au niveau de l’Accro du Peignoir sur les stations thermales de pleine santé, des programmes sur six jours qui vont allier quatre soins thermaux par jour, des ateliers santé et des consultations avec des spécialistes (diététicien, gestion du stress, voilà). Et on va essayer de commercialiser ça au niveau des clients de la métropole qui pourront consommer ces six jours en fonction de leur disponibilité ». Le directeur fonde également beaucoup d’espoirs sur la phlébologie. Une étude scientifique vient de prouver que l’eau de Royat donne de meilleurs résultats que celle des stations dites spécialisées dans ce type de cures. Si la CNAM donne son accord, le traitement « phlébo » pourrait débuter en 2027 pour la clientèle locale.










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