Accueil » Culture » Le Tremplin, laboratoire de recherche en musiques actuelles
Le Tremplin à Beaumont.
Culture

Le Tremplin, laboratoire de recherche en musiques actuelles

Le Tremplin a ouvert en février 2011 à Beaumont, juste à côté du Racing Club Beaumontois. L’équipement métropolitain est en gestion municipale. Plus qu’une salle de concert, l’outil sert principalement à accompagner les artistes dans leurs différents projets (scène, enregistrements) grâce aux solides compétences de son directeur, Frédéric Roz, et de son équipe.

La salle à l’acoustique exemplaire accueille 450 places debout pour 260 assises selon la configuration. Néanmoins, aussi étonnant soit-il, les concerts ne représentent qu’1/3 de l’activité de la structure. L’activité principale étant axée sur l’accompagnement d’artistes. Les murs du Tremplin hébergent notamment deux studios de répétition. « En 2019, 43 groupes les ont utilisés, 30 permanents et 13 ponctuels pour 1022 heures de répétition »  précise Frédéric Roz.

Résidences et accompagnement

La scène vue de la salle- photo D.R.

En 2019 toujours, Le Tremplin a accueilli 17 groupes en résidence longue, 22 groupes en module scène et 23 concerts regroupant 39 groupes. Le module scène dure 4 heures pour un coût de 60 € par groupe. Il est ouvert à tous. Les artistes sont accueillis et encadrés par Frédéric Roz et le régisseur, Jean Brault. L’objet du module varie selon les besoins. « Ça peut être un avis et une aide pour améliorer le son, la direction artistique ou la scénographie ou même travailler le plan de scène. D’autres viennent en résidence en pleine création simplement pour avis. D’autres encore pour préparer un enregistrement. » Tout compris, Frédéric Roz voit plus de cent groupes par an qu’il accompagne pour la plupart. Ce qui en fait la personne référente sur l’agglo, celui vers lequel se tourner pour avoir un avis éclairé.

Expertise

Frédéric Roz n’est pas seulement directeur et programmateur du Tremplin, il est aussi et surtout, un musicien expérimenté et reconnu, ce qui lui a permis de suivre une formation de deux ans pour obtenir le Diplôme d’État d’enseignant spécialisé en musiques actuelles et amplifiées. Il a appris le fonctionnement de toutes les esthétiques musicales. Il sait comment appréhender et se comporter avec tous types de musiciens. Il peut passer du jour au lendemain d’un groupe métal à un orchestre de jazz. Ce qu’il apporte principalement aux groupes, c’est de la méthodologie dans leur façon d’aborder la scène ou l’enregistrement.

La salle vue de la scène- photo D.R.

Médiation culturelle

La médiatrice culturelle du Tremplin, Manon Virmoux, organise régulièrement des rencontres thématiques, type les “rencontres du jazz”. Frédéric Roz prend l’exemple du samedi 14 mars, « c’est une journée intitulée Punk Is Not Dead avec des rencontres matin et après-midi et un concert le soir. C’est un projet étudiant qu’on soutient. Là, en l’occurrence, on fait du coaching. On encadre les étudiants pour organiser la journée, établir un rider, s’occuper de la contractualisation, se charger de la communication, etc. Nous, on prend en charge la partie diffusion, on ne peut pas tout leur demander. Cette opération entre typiquement dans le cadre de la médiation culturelle. »

Partenariats et formation

Le Tremplin est aussi un équipement à disposition des associations organisatrices de concerts. Depuis un an, Arvern Blues y a établi ses quartiers par exemple. « On accueille aussi des écoles et des stagiaires étudiant dans le domaine du son et de la lumière. On mène des actions hors les murs. De par ma position, j’interviens dans plein de domaines. Notre première activité est de nous occuper des groupes qu’on accompagne et qui vont jouer à l’extérieur. Dès qu’ils ont des échéances un peu pointues, genre une première partie à La Coopé, ils viennent la préparer chez nous. » Le Tremplin travaille main dans la main avec d’autres salles en France, ce qui lui permet de leur envoyer les groupes qu’il accompagne pour leur permettre de se frotter à d’autres publics. Frédéric anime également Côté Vague sur Radio Arverne avec Marie Serve. L’émission est filmée, elle consiste en un plateau live avec une interview. « Ça fait partie du projet pédagogique du Tremplin. Apprendre à répondre à une interview. L’émission sert d’outil de communication aux groupes. On vient juste de monter un concept avec le Grin, la librairie café solidaire installée à la place de Papageno rue Saint-Hérem. Ça s’appelle “De ma chambre à la scène”. Je vais animer ça. C’est une petite rencontre devant une quarantaine de personnes avec un artiste et sa guitare qui vient nous raconter son parcours et ses influences musicales. On va essayer de pérenniser ça avec une fréquence d’une fois par mois ou tous les deux mois avec des artistes locaux. »

Frédéric Roz.

Repenser la musique

Frédéric Roz a les coudées plus franches depuis que l’équipe du Tremplin s’est renforcée dans la mesure où il a pris en charge le service culturel de la ville de Beaumont. Ce qui lui permet d’avoir sur Le Tremplin un regard extérieur et d’y envisager des actions dans le cadre de la programmation culturelle municipale. « Il faut vraiment qu’on repense le rapport aux artistes et au public. Le côté frontal de la scène, ça ne fonctionne plus. On voit bien que les très jeunes ne viennent plus écouter de musique si ce n’est pour faire des selfies avec leur star préférée. Le côté impressionnant du concert n’est plus porteur aujourd’hui. Les gens ne vont plus voir tel ou tel artiste, le public se déplace pour une ambiance, une esthétique musicale, il va au Hellfest, il va aux Vieilles Charrues, aux Francofolies, il n’y va pas pour voir un artiste en particulier. Ça nous oblige à repenser notre rapport à la musique. Quand on va au cinéma, on a du son en 5.0, alors, quand on propose un concert en stéréo, ça n’emballe pas les plus jeunes. La multidiffusion est quelque chose qui m’intéresse vachement. » La musique est en perpétuelle évolution et grâce à des structures comme Le Tremplin dirigées par des personnes passionnées, motivées et aux compétences avérées, on n’est pas prêt de s’ennuyer.

http://letremplin-beaumont63.com/

Syudio de répétition- photo D.R.

 

À propos de l'auteur

Patrick Foulhoux

Patrick Foulhoux

Journaliste et grand amateur de musique rock, Patrick Foulhoux a collaboré pendant de nombreuses années avec des magazines consacrés à la musique (Rollling Stone, Rock Sound, X-Rock...) et des titres de la presse de territoire. Sa passion pour le Rock l'a conduit à devenir directeur artistique de labels, tourneur, manager, organisateur de festival et écrivain.

Commenter

Cliquez ici pour commenter

Sponsorisé

Les infos dans votre boite