L'Essentiel
En ce weekend de Pentecôte, Clermont s’apprête à vivre la première édition d’un événement phare consacré à la danse. 1 km de danse poursuit un double objectif : “contribuer à mieux faire connaître l’art de la danse à travers ses multiples expressions et fédérer des populations autour de la valorisation de leurs diverses identités”.
Créé à Pantin, il y a 4 ans par le CND, le Centre National de Danse dirigé par Catherine Tsekenis, 1 km de danse à Clermont rassemblera 19 groupes amateurs et 10 équipes professionnelles, soit plus de 350 danseurs amateurs et professionnels sur l’espace public, et investira 4 scènes sur un périmètre d’un kilomètre : square Assas, Place de Jaude, jardin de l’IAE, l’Institut Administration des Entreprises, (ex fac dentaire) et place Victoire. Les habitants de la capitale auvergnate pourront ainsi s’initier à la danse, vivre des battles ou encore profiter d’un DJ set tard dans la soirée (à partir de 14h00 ce samedi 7 juin 2025 voir le lien pour accéder au programme au bas de cet article).
Cette année, 1km de danse se déroulera dans 10 villes de France. À Clermont, l’événement est porté par le pôle chorégraphique Boom’Structur avec le soutien du ministère de la Culture et de la Comédie de Clermont. Cette première est particulièrement importante pour Boom’Strcuture qui est co-dirigé par Sylvia Courty et Cyril Crépet car son statut va bientôt changer, devenant le 16e CDCN, Centre de Développement Chorégraphique National.
Une nouvelle dynamique pour l’inclusion dans la culture
7 Jours à Clermont : 1 km de danse s’inscrit-il dans le même esprit que la fête de la musique ?
Catherine Tsekenis : Alors oui, c’est le même esprit que la fête de la musique. C’est pour ça que le ministère de la Culture est partie prenante. C’est vraiment un vecteur de popularisation de la danse. La danse, est partout. Aujourd’hui, si vous regardez bien, elle est dans les films, dans la pub, sur les réseaux sociaux. La valeur ajoutée, c’est que tout le monde est physiquement présent pour danser et pour regarder les danseurs.
7JàC : Est-ce que l’inclusion dans la danse à travers de la diversité des pratiques est importante, selon vous ?
C.T : Oui, l’inclusion est extrêmement importante, c’est pour ça qu’on est très vigilants sur la diversité des pratiques, c’est-à-dire autant des pratiques traditionnelles que les danses hip-hop, que les danses “plus légitimées”, comme la danse classique.
Ça, c’est extrêmement important pour que chacun se projette aussi dans la danse qu’il aime ou qu’il va aimer ou qu’il découvre.
7JàC : Y-a-t-il une volonté de mélanger les danseurs professionnels et amateurs lors de cette journée ?
C.T : Ça c’est très important et en fait, pour moi, une des réussites d’1km de danse, c’est qu’il y ait cette proximité entre la pratique amateur et la pratique professionnelle. Les deux catégories sont là, montrées sur le même plan, sur les mêmes scènes.
Et ce qui a été vraiment formidable, c’est les retours des danseurs professionnels qui ont beaucoup aimé qu’il y ait cette proximité avec la pratique amateur.
Un événement nécessaire pour les Clermontois
7 Jours à Clermont : Un tel événement est-il facile à mettre en place à Clermont ?
Sylvia Courty : C’est facile dans la mesure où on est bien accompagnés dans sa mise en œuvre. En effet, la ville de Clermont est partie prenante dans la mise en œuvre de l’événement dans l’espace public. Donc oui, ça en facilite la réalisation. Après, ça demande un travail d’anticipation et de préparation qui va du moment où l’on va repérer l’ensemble des pratiques de la danse sur notre territoire, donc une phase d’observation, qui s’enchaîne avec une phase d’invitation et de sollicitation. Cette phase a pour but de présenter la diversité des danses ici à Clermont. Ensuite, nous avons une partie organisation, qui s’apparente à de l’horlogerie suisse, avec un événement qui va se dérouler sur plusieurs sites en même temps, avec un timing très précis, pour que cet événement soit foisonnant et riche.
7JàC : Qu’est-ce que vont voir les Clermontois sur les lieux d’1 km de danse ?
S.C : Ils vont pouvoir circuler d’une scène à l’autre de 14h à 18h avec un programme en main qui leur donnera l’occasion de savoir qu’à telle heure, on peut voir ou découvrir la K-pop, à telle heure, dans tel lieu, on peut découvrir l’urban dance… Le public va pouvoir circuler. C’est vraiment l’idée de pouvoir bouger d’un espace à l’autre pour aller à la rencontre de cultures différentes aussi.
Le public, acteur majeur d’1 km de danse
7JàC : Qu’est ce la danse apporte aux personnes qui la pratiquent ?
S.C : C’est une sacrée question. Je ne pourrais répondre que d’un point de vue extrêmement subjectif. Je crois que c’est le rapport qu’on a à la vie, le rapport qu’on a à la danse. C’est le rapport qu’on a aussi à son environnement. On danse souvent, parce qu’on entend un son, une musique. On danse parce qu’on ressent des émotions. On danse parce qu’on a envie d’être en relation, en symbiose avec du mouvement autour de nous. Parfois, on danse malgré nous aussi. La danse, est présente à beaucoup de moments de notre vie et de notre quotidien. Et là, on peut effectivement, en participant à cet événement, la vivre de plein de manières différentes.
7JàC : Avec 4 scènes et un choix large au niveau des artistes, faudra-t-il faire des choix lors de ce 1km de danse ?
S.C : Oui, tout à fait. Si on crée peut-être un peu de frustration, ça donnera l’envie de revenir l’année prochaine pour voir encore d’autres choses. Donc, il faudra faire des choix de ce qu’on a envie de voir mais également il faudra se laisser surprendre aussi par de nouvelles choses.
7JàC : Y-a-t-il une volonté de mettre davantage en lumière une discipline quasiment invisible ?
S.C : Je ne sais pas si elle est invisible parce qu’aujourd’hui, elle est présente partout autour de nous. Par contre, quand on la pratique de manière hebdomadaire dans son école de danse, il n’y a que le moment du gala de danse, souvent en fin d’année de visible par tous. Pour les danseurs et les danseuses, il y a le moment où on est présenté par exemple à la scène nationale. Mais là, d’être dans l’espace public, oui ça donne une beaucoup plus grande visibilité. De plus, le fait d’être aussi tous et toutes ensemble montre une dynamique de solidarité mais aussi de transversalité, de multiculturalisme et ça donne aussi l’idée d’une ville très dynamique.
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