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Marc François.
Photo Fanny Reynaud.
Edito

Le faire-part de décès

Quand le passé lointain revient faire un tour dans nos vies, cela conduit à des situations contradictoires.

Il y a les amis que l’on retrouve sur le tard, au gré des circonstances de l’existence après des années et des années de silence et d’ignorance. Ces retours, souvent dus à des coïncidences, peuvent se révéler décevants : donner rendez-vous à un vieux camarade de classe ou de jeux et retrouver un individu à qui l’on n’a rien à dire sinon des banalités. Se rendre compte alors que l’on a tant et tant divergé et qu’il ne reste rien des atomes crochus passés. Les souvenirs, dans ces cas-là, ne suffisent pas à éponger les différences trop flagrantes. Ces rencontres ratées se terminent généralement par des politesses genre « je suis content de t’avoir revu » et se révèlent évidemment sans suite. Mieux vaut arrêter les frais.

D’heureuses surprises

D’autres fois, plus rares, ces retours s’avèrent convaincants et précieux. Par l’intermédiaire des commentaires de 7 Jours à Clermont, j’ai ainsi retrouvé un compagnon de lycée. Nous correspondons désormais régulièrement, malgré la distance géographique, et nous sommes revus avec un évident plaisir lors d’un repas passablement arrosé. Sans gêne, sans écueil… Au fond comme si nous nous étions quittés il y a peu.

Et puis il y a les amis d’enfance ou d’adolescence que l’on ne revoie jamais. Ceux à qui l’on pense parfois tout en se demandant ce qu’ils ont pu devenir, comment l’existence les a transformés ou maltraités, façonnés ou travestis. « Le reconnaitrais-je seulement si, d’aventure, je le croisais dans la rue ? »

La fin de l’histoire

Il m’est arrivé ainsi d’effectuer des recherches par le biais d’Internet sur tel ou tel camarade dont le souvenir venait me rendre visite. Particulièrement sur un garçon un peu étrange, singulier, lunaire, hors cadre, dont le père avait été capitaine de corvette. Son côté anar et ses airs aristocratiques ne me laissaient pas indifférents. Comment, avec l’âge, avait-il pu s’accommoder de cette société médiocre et pernicieuse ? En avait-il pris son parti ? Répondrait-il à ma requête si je venais à le contacter ? Était-ce seulement souhaitable ?

Je suis ainsi récemment tombé sur un avis de décès, rédigé dans le département du Lot-et-Garonne ou du Tarn. Le nom, l’âge ne laissaient hélas guère de place au doute. Puisqu’il n’est plus l’heure d’en faire davantage, ce petit texte lui est dédié.

 

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À propos de l'auteur

Marc François

A débuté le métier de journaliste parallèlement sur une radio libre et en presse écrite dans les années 80. Correspondant de plusieurs médias nationaux, rédacteur en chef de l’hebdomadaire Info Magazine (Clermont, Limoges, Allier) pendant 9 ans, il a présidé le Club de la Presse Clermont-Auvergne entre 2009 et 2013. Il est l’initiateur de 7 Jours à Clermont.

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