Il est assez croustillant de savoir que Bruno Le Maire, ex ministre de l’économie et des finances, donne aujourd’hui des cours dans ce domaine à l’Université de Lausanne malgré l’ardoise qu’il a laissée dans les comptes de notre pays. S’il a récusé « toute faute, toute dissimulation, toute volonté de tromperie », la nomination de l’homme d’état français a tout de même fait grincer les dents chez nos voisins helvètes dont l’économie se porte bien mieux que la nôtre. Ce paradoxe a même déclenché les sarcasmes. « Bruno Le Maire écrit des livres sur son zizi et coule l’économie de son pays. C’est ce que vous voulez nous apprendre » a-t-on pu lire (brièvement) sur les murs de l’établissement, en référence tant à son bilan qu’à son roman Fugue américaine aux passages « olé olé ».
Un boulet au pied
Emettre des critiques envers nos responsables politiques est souvent taxé de « populisme ». En gros, le peuple qui, dans sa majorité, n’y connaît pas grand-chose en matière économique serait inapte à émettre le moindre jugement. Mais tout de même, ne peut-on s’émouvoir devant la situation financière de la France ? La dette abyssale que le pays va traîner durablement comme un boulet au pied ne s’est pas constituée par l’opération du Saint-Esprit. Voilà cinq décennies maintenant que nos dirigeant laissent filer le déficit sans trop se soucier des conséquences à long terme. On joue ainsi avec l’argent qu’on ne possède pas et l’on se refile généreusement la patate chaude, non sans avoir largement contribué au pourrissement des comptes publics. « Après moi, le déluge… »
Conséquences
La France réussit donc l’exploit d’être simultanément l’un des trois pays les plus endettés d’Europe et celui où les impôts sont les plus élevés. Une « remarquable » performance qui mérite sans doute l’attribution d’un bonnet d’âne. François Bayrou, l’actuel premier ministre, aura au moins eu le mérite de tirer la sonnette d’alarme face à cette véritable gabegie. Mais l’on reste sceptique sur la suite des événements, sur la volonté réelle de remettre les choses à plat et sur la capacité du pays à trouver des solutions sans que les contribuables, une fois encore, en fassent les frais. Le tout est qu’ils ne s’en rendent pas trop compte.












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