Accueil » Edito » Le déficit n’est pas une fatalité
Marc François.
Photo Fanny Reynaud.
Edito

Le déficit n’est pas une fatalité

La situation financière critique de la France est le résultat d’années de « laxisme économique » provenant de responsables donneurs de leçons.

Il est assez croustillant de savoir que Bruno Le Maire, ex ministre de l’économie et des finances, donne aujourd’hui des cours dans ce domaine à l’Université de Lausanne malgré l’ardoise qu’il a laissée dans les comptes de notre pays. S’il a récusé « toute faute, toute dissimulation, toute volonté de tromperie », la nomination de l’homme d’état français a tout de même fait grincer les dents chez nos voisins helvètes dont l’économie se porte bien mieux que la nôtre. Ce paradoxe a même déclenché les sarcasmes. « Bruno Le Maire écrit des livres sur son zizi et coule l’économie de son pays. C’est ce que vous voulez nous apprendre » a-t-on pu lire (brièvement) sur les murs de l’établissement, en référence tant à son bilan qu’à son roman Fugue américaine aux passages « olé olé ».

Un boulet au pied

Emettre des critiques envers nos responsables politiques est souvent taxé de « populisme ». En gros, le peuple qui, dans sa majorité, n’y connaît pas grand-chose en matière économique serait inapte à émettre le moindre jugement. Mais tout de même, ne peut-on s’émouvoir devant la situation financière de la France ? La dette abyssale que le pays va traîner durablement comme un boulet au pied ne s’est pas constituée par l’opération du Saint-Esprit. Voilà cinq décennies maintenant que nos dirigeant laissent filer le déficit sans trop se soucier des conséquences à long terme. On joue ainsi avec l’argent qu’on ne possède pas et l’on se refile généreusement la patate chaude, non sans avoir largement contribué au pourrissement des comptes publics. « Après moi, le déluge… »

Conséquences

La France réussit donc l’exploit d’être simultanément l’un des trois pays les plus endettés d’Europe et celui où les impôts sont les plus élevés. Une « remarquable » performance qui mérite sans doute l’attribution d’un bonnet d’âne. François Bayrou, l’actuel premier ministre, aura au moins eu le mérite de tirer la sonnette d’alarme face à cette véritable gabegie. Mais l’on reste sceptique sur la suite des événements, sur la volonté réelle de remettre les choses à plat et sur la capacité du pays à trouver des solutions sans que les contribuables, une fois encore, en fassent les frais. Le tout est qu’ils ne s’en rendent pas trop compte.

 

Partager :

À propos de l'auteur

Marc François

A débuté le métier de journaliste parallèlement sur une radio libre et en presse écrite dans les années 80. Correspondant de plusieurs médias nationaux, rédacteur en chef de l’hebdomadaire Info Magazine (Clermont, Limoges, Allier) pendant 9 ans, il a présidé le Club de la Presse Clermont-Auvergne entre 2009 et 2013. Il est l’initiateur de 7 Jours à Clermont.

Commenter

Cliquez ici pour commenter

Sponsorisé

Les infos dans votre boite

Sponsorisé