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Laurent Wauquiez devant la Gare de Clermont / Photo 7 Jours à Clermont
Photo 7 Jours à Clermont
Vie publique

Ligne SNCF Paris-Clermont : la colère de Laurent Wauquiez

Laurent Wauquiez, est venu cette semaine à Clermont pour évoquer les problèmes récurrents de la ligne SNCF Clermont-Paris avec des élus et des représentants de collectifs d'usagers. Pour le président de la Région Aura, la situation actuelle est devenue intollerable.

Laurent Wauquiez, était présent à Clermont en cette fin de semaine pour rencontrer des élus, des représentants des usagers et des institutions, à propos des problèmes récurrents de la ligne SNCF Clermont-Paris. À l’issue de cette rencontre, il a laissé éclater sa colère à propos du service qui ne cesse de se dégrader. « Je souhaitais clairement marquer les choses. Le président de la SNCF n’a pas daigné se déplacer, mais nous, on est là pour marquer notre colère face à une ligne qui est devenue aujourd’hui une ligne de la honte, une ligne sur laquelle les Auvergnats sont maltraités y compris quand les trains ne sont pas là, une ligne sur laquelle les retards sont chroniques et parfois apocalyptiques » déclare le président de la Région Aura.

La SNCF doit changer de ton

« Je rappelle que cette ligne est gérée par l’État, que la région a accepté de mettre 43 millions d’euros sur la table, ce qui est un montant colossal sur une ligne qui n’est pas de notre responsabilité. Et maintenant, je le dis clairement : ça suffit ! J’était en début de semaine au Ministère de Christophe Béchu pour lui demander son aide, pour que la SNCF change enfin de ton et pour poser nos conditions pour que les Auvergnats soient respectés. Que demandent les Auvergnats ? Ils demandent des trains à l’heure, à peu près confortables et qui soient abordables. Est-ce-que c’est trop demander ? Est-ce que dans notre pays au XXIe siècle, on peut juste avoir cela, pour les habitants de toute une région et de tout un territoire ? » reprend Laurent Wauquiez.

Des demandes très concrètes

« De façon très concrète, j’ai posé des exigences en demandant que les réponses nous soient apportées avant la fin mois. Nous n’accepteront pas de solution de substitution par cars, on veut du train, c’est quand même la moindre des choses… on parle de Clermont-Ferrand et de l’Auvergne, dans une des plus grandes régions françaises, on demande juste à avoir des trains. La deuxième chose c’est que l’on veut des réponses opérationnelles pour améliorer le fonctionnement de cette ligne qui n’est absolument pas sécurisée » Laurent Wauquiez fait allusion au grillage des lignes qui empêche le passage du gibier sur la voie, mais qui généralement est réservé aux lignes TGV. « La deuxième chose est qu’il n’y a quasiment pas de centre de maintenance. Dès qu’il y a le moindre incident, le train reste au milieu de la campagne et on attend des heures pour qu’une solution soir trouvée. Notre demande c’est qu’il y ait des centres opérationnels le long de la ligne. Le troisième point sur lequel j’attends des réponses, c’est que quand le train part le matin ou le soir et qu’il tombe en panne, il n’y a pas de locomotive de remplacement. Alors je demande que l’on fasse partir deux locomotives par train. Si l’une tombe en panne, au lieu d’attendre des heures et des heures, l’autre est directement opérationnelle. Je rappelle également que nous attendons depuis très longtemps, avec Frédéric Aguilera (ndlr : maire du Vichy et vice-président en charge de transports) que l’on ait tout de suite 6 rames supplémentaires affectées sur cette ligne ».

La question des tarifs

« Les Auvergnats ne sont pas citoyens de seconde zone. Est-ce que quelqu’un peut m’expliquer la différence de prix entre Paris-Lyon et Paris-Clermont. Paris-Lyon en train Corail le premier prix est de 16 euros, quand vous faites Paris-Clermont avec le même train Corail, la moyenne des prix est de 64 euros » s’agace Laurent Wauquiez. « La moindre des choses est que si la SNCF est incapable de délivrer un service de qualité, c’est qu’au moins, le prix soit ajusté. Ce qu’on demande c’est très simple : c’est des trains à l’heure, avec du confort et des prix abordables. Tout ce que l’on propose permettrait d’avoir des avancés rapidement mais aussi sur le long terme ». À  la question se savoir si la région a les moyens de faire pression sur la SNCF, le président menace de retirer les 43 millions d’euros prévus, si l’échéance de la fin du mois n’est pas respectée.

Rendez-vous le 22

Hasard, ou non, de calendrier, le coup de gueule de Laurent Wauquiez est arrivée quelques heures après l’annonce par Christophe Béchu, ministre de la cohésion des territoires, de son déplacement clermontois, le 22 février prochain avec le PDG de la SNCF, Jean-Pierre Farandou. Même si le président de la Région n’a pas encore reçu officiellement son invitation, il compte bien participer à la réunion prévue à la préfecture en présence des institutions et des représentants des usagers. Le ton sera-t-il le même et les attentes seront-elles comblées ? Affaire à rebondissement à suivre.

À propos de l'auteur

Olivier Perrot

Pionnier de la Radio Libre en 1981, Olivier Perrot a été animateur et journaliste notamment sur le réseau Europe 2 avant de devenir responsable communication et événements à la Fnac. Président de Kanti sas, spécialisée dans la communication culturelle, il a décidé de se réinvestir dans l'univers des médias en participant à la création de 7jours à Clermont.

1 Commentaire

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  • N’oublions pas les décisions politiques qui ont fait d’un service public performant ce qu’est devenu la SNCF aujourd’hui.
    Et puis, une ligne de train trop efficace ferait de l’ombre à l’aéroport d’Aulnat…

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