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Une villa qui date de 1936- photo Yann Cabello.
Patrimoine

La Villa Hibou, une chouette maison

Baptisée du nom de ses heureux propriétaires, la Villa Hibou est la seule maison classée du quartier Saint-Jacques à Clermont.

Archétype de l’art déco, la villa bordée par un petit jardinet arboré date de 1936. Conçue par l’architecte Georges Michaud, cette jolie maison à géométrie cubique est discrètement postée au 2 boulevard Claude Bernard. Michelin l’acquiert en 1951. La famille Hibou composée de Jean-Louis, cadre Michelin, Marie Émilie, enseignante, et leurs cinq enfants, vit en appartement cours Sablon. Un logement devenu trop exigu pour eux sept. Les Hibou tombent sous le charme de la coquette demeure située à l’angle du boulevard Claude Bernard et de la vertigineuse rue Desdevises du Dézert. Ils louent la maison en 1968. Plus tard, Michelin cédant son parc immobilier, les Hibou en profitent pour s’approprier leur petit nid douillet en 1983.

Classement de la maison   

Un superbe escalier- photo Yann Cabello.

Au fil des années, la famille Hibou s’aperçoit que beaucoup d’immeubles sortent de terre autour de chez elle comme une poussée de champignons en automne au col de Ceyssat. Quand la superbe maison voisine située au 4 boulevard Claude Bernard, elle-même art déco, est vendue à un promoteur pour laisser place à une résidence étudiante, les Hibou s’empressent de demander l’inscription de la leur à l’inventaire supplémentaire des monuments historiques en 2009. Malheureusement, il est déjà trop tard pour sauver la villa voisine de la démolition.

Caractéristiques art déco

Du trottoir, l’œil du passant est captivé par deux piliers atypiques encadrant un portail métallique sur lequel sont harmonieusement tressées courbes et lignes droites, caractéristique de l’art déco. Une volée de marches conduit à la porte d’entrée ouvrant sur un couloir desservant une large cuisine et un vaste salon pourvu de grandes fenêtres donnant plein ouest sur le Géant des Dômes. Les grandes croisées offrent un panorama magnifique, mais, revers de la médaille, elles offrent également une belle prise au vent. Petit inconvénient auquel il est facile de remédier en général. Mais dans le cas d’une maison classée, le coût d’un tel aménagement se révèle faramineux. Par conséquent, par temps froid, il faut compenser en augmentant le chauffage, un poste important dans les charges d’autant que les pièces font trois mètres sous plafond. Fenêtres mises à part, la maison bâtie sur d’épais murs en pierres bénéficie d’une parfaite isolation phonique et thermique. Elle abrite 200 m2 habitables sur trois niveaux pour de grandes pièces à vivre. Au premier étage, à l’ouest, les balcons tracés au compas s’enroulent autour des angles, esthétiques, mais bien peu fonctionnels. Le remarquable escalier central, typiquement art déco, s’avère être la colonne vertébrale de la demeure sur laquelle s’adossent toutes les pièces.

Jean-Louis et Marie-Emilie Hibou sur la terrasse- photo Yann Cabello.

Terrasse à débordement

Au second étage, le toit est en partie couvert par une terrasse à débordement de 100 m2. Cette belle surface offre un panorama imprenable balayant de Beaumont à Riom avec, plein cadre, Gravenoire et le Puy-de-Dôme. Un spot à faire pâlir de jalousie tous les promoteurs immobiliers qu’on s’empresse de rassurer, la maison n’est pas à vendre. Monsieur et Madame Hibou sont de chouettes gens propriétaires d’une bien jolie villa pleine de charme.

 

À propos de l'auteur

Patrick Foulhoux

Patrick Foulhoux

Journaliste et grand amateur de musique rock, Patrick Foulhoux a collaboré pendant de nombreuses années avec des magazines consacrés à la musique (Rollling Stone, Rock Sound, X-Rock...) et des titres de la presse de territoire. Sa passion pour le Rock l'a conduit à devenir directeur artistique de labels, tourneur, manager, organisateur de festival et écrivain.

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