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Marc François.
Photo Fanny Reynaud.
Edito

La Primavera ravive la flamme…

C'est désormais plus qu'un signe avant-coureur. Quand Milan-San Remo s'élance, alors, le printemps est de retour...

Et s’il existe une bonne nouvelle, une seule, en cette période où la morosité fige les visages, où le scepticisme règne et où la planète vacille, il suffit peut-être de se tourner vers le calendrier. Une valeur-sûre … C’est ainsi qu’au terme d’un hiver qui, à défaut d’être rude, fut long, terne et parfois exaspérant, on aperçoit comme une éclaircie, une lueur, un soubresaut… Et pour s’en persuader, on peut éventuellement se référer aux événements sportifs, ceux qui reviennent année après année, inlassablement, comme des incontournables.

Le Cirque blanc referme son chapiteau

Le Tournoi des 6 Nations tire son rideau sur de nouvelles contre-performances du XV de France, une habitude désormais. Il n’est guère d’ailleurs que l’Italie- dont on se demande toujours ce qu’elle vient faire dans cette galère- pour lui contester la palme de la médiocrité. Le Grand Cirque Blanc, celui de la Coupe du Monde de ski, a refermé son chapiteau sur un final disputé, une fois n’est pas coutume, en Andorre. Signe que les neiges ne vont pas tarder à fondre sur les sommets. Et que l’heure d’été se substituera bientôt à celle d’hiver…

Tandis que l’on range les skis pour de longs mois, la Formule 1 a repris sa ronde dans le crépuscule de la belle saison australe. Difficile toutefois de se passionner pour un spectacle devenu trop technique et technologique pour susciter de véritables émotions humaines.

De la Lombardie à la côte Ligure

A moins grande vitesse, le cyclisme reprend peu à peu son rythme de croisière. Et déjà se manifestent les premières effluves des grandes classiques de printemps. Si avril, en l’occurrence, se révèle le mois le plus beau, entre Flandres, Ardennes et enfer du nord, l’heure est à la Primavera, la belle et insondable italienne que l’on compare parfois à une loterie. Samedi, en effet, un peloton touffu et sauvage s’élancera devant le château des Sforza à Milan, la capitale industrielle du nord de l’Italie, pour rejoindre, après de longues heures de selle, la côte ligure, par-delà la descente du Turchino. Qu’ils soient de simples gregari ou bien des fuoriclasse, les coureurs longeront alors la mer à partir d’Arenzano, aux abords de Savone. Ils traverseront les petites cités, les stations balnéaires sur la côte découpée, escarpée de la Riviera. Alassio, Andora, Albenga, Laigueglia, Imperia, l’élégante, San Lorenzo al Mare défileront au rythme d’une course intrépide et indomptable, hérissée des capi, les fameux Mele, Cervo, Berta avant la Cipressa en vue de l’arrivée. Puis le peloton, sauvage, se jettera furieusement dans les pentes du Poggio, recouvertes de serres. Les plus ambitieux y joueront leur va-tout avant de dévaler vers la Via Roma, où Merckx triompha à sept reprises dans la très chic ville de San Remo, la cité des fleurs, aux villas empire. Les classiques exhalent ainsi le parfum du printemps et délivrent chacune leur atmosphère singulière, empreinte de paysages, de couleurs locales, de cultures, de traditions et de souvenirs. Une fois par an, elles ravivent une flamme qui n’est pas tout à fait prête à s’éteindre, même menacée par le poids du temps qui passe…

 

 

À propos de l'auteur

Marc François

A débuté le métier de journaliste parallèlement sur une radio libre et en presse écrite dans les années 80. Correspondant de plusieurs médias nationaux, rédacteur en chef de l’hebdomadaire Info Magazine (Clermont, Limoges, Allier) pendant 9 ans, il a présidé le Club de la Presse Clermont-Auvergne entre 2009 et 2013. Il est l’initiateur de 7 Jours à Clermont.

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