Jusqu’au 17 octobre, l’Hôtel de Région de Clermont s’est mis au diapason de la moto, avec une exposition consacrée à 125 ans de patrimoine motocycliste auvergnat. Commissaire de l’exposition, Claude Astaix voulait à l’origine célébrer le centenaire du Moto Club d’Auvergne dont l’association Auvergne Moto Sport qu’il préside, est, en quelque, sorte l’héritière. Jean-Pierre Brenas, conseiller régional et grand amateur de mécanique lui a suggéré d’élargir le propos et de rassembler des objets et des machines représentant le riche passé de la moto en Auvergne tant du côté des constructeurs que des hommes et des lieux.
Labre : les pionniers auvergnats
Il est communément admis que la grande histoire de la moto débute en 1868 lorsqu’un ingénieur français, Louis Guillaume Perreaux, dépose un brevet pour la première moto, composée d’un cadre de vélo équipé d’un moteur à vapeur qui entraîne la roue arrière et de pédales pour la roue avant. La naissance des motos made in Auvergne remonte, quant à elle, aux alentours de 1900 lorsque les deux frères Labre, installés dans l’Allier, développent une machine qui, globalement, reste un vélo avec un moteur faisant partie du cadre et qui est installé sous la selle. En 1903 les frères n’arrivant pas à construire en série, s’associent avec un certain monsieur Lamaudière et créent les motos Lamaudière-Labre produite par la suite à Levalois-Perret.
Un riche passé industriel trop méconnu des jeunes générations
Alors que le deux roues motorisé se développe peu à peu et obtient ses lettres de noblesses grâce à la compétition, fleurissent en Auvergne, de nombreuses marques plus ou moins éphémères. ACV, Alma, Carlton, Favor, GIMA, Guillaumont, Huin, Promo Vichy, Randoin, Riva, Sanciôme, Sanucta, Svelte… voient le jour et ont bien souvent dans leurs catalogues des vélos, des cyclos et des motocyclettes de petites et moyennes cylindrées. Un siècle après l’épopée Labre, l’histoire de la moto auvergnate se referme (temporairement ?) avec la liquidation de Voxan en 2009. Mais il serait injuste de ne pas associer à cette histoire Les bougies Gergovia, les équipements en fibre Altus et les deux incontournables AMC-Chartoire fabriquant de moteurs et Michelin fabriquant de pneus. « On souhaite que les jeunes connaissent ce passé industriel et sachent qu’il y a eu de nombreux constructeurs qui ont pris des risques et qui n’ont cessé d’innover » explique Jean-Pierre Brenas qui souhaite que le territoire soit fier de son passé « L’Auvergnat reste quelqu’un de modeste et l’Auvergne doit attirer davantage les investisseurs et les touristes. Ce passé, qui parfois perdure comme avec le circuit de Charade, doit justement jouer ce rôle d’attraction ». L’élu rappelle également qu’à l’heure de la décarbonation et des mobilités propres, le territoire à un rôle à jouer et doit s’appuyer sur son passé et ses fondations.
Une exposition et des pièces exceptionnelles
Claude Astaix et l’équipe d’Auvergne Moto Sport ont donc rassemblé une dizaine de motos auvergnates exceptionnelles issues de collections privées, de nombreux objets comme des moteurs AMC dont des éclatés ou des casques Altus, et imaginé de nombreux panneaux didactiques qui reprennent l’aventure des marques. Évidemment derrière le passé industriel, il y a celui des hommes, les constructeurs bien sûr, mais aussi des pilotes, des motard passionnés et des responsables d’association engagés à l’image de Marcel Cornet président du Moto club d’Auvergne et de son fidèle secrétaire Jean Pible.
L’expo 125 ans de Patrimoine Moto en Auvergne est à visiter jusqu’au 17 octobre 2025, dans le grand hall de l’hôtel de Région de Clermont boulevard Léon Jouhaux de 9h à 17h. (entrée libre).
Claude Astaix donnera une conférence sur l’histoire de la moto en Auvergne, ce mercredi 15 octobre à 19h, toujours dans les locaux de la Région (entrée libre).












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