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J.P. Brenas et J. Bony / Photo 7 Jours à Clermont
J.P. Brenas et J. Bony / Photo 7 Jours à Clermont
Politique

Les Républicains : Jean-Pierre Brenas passe la main à Julien Bony

Changement à la tête de l'opposition municipale clermontoise et métropolitaine : Jean-Pierre Brenas laisse la présidence à Julien Bony pour les 2 groupes "Avenir Républicain" et "Indépendant et Républicain"

Après 12 années à la tête de l’opposition municipale, Jean-Pierre Brenas vient de passer la présidence des groupes Avenir Républicain à la mairie de Clermont et Républicain et Indépendant à la Métropole à Julien Bony.
Jean-Pierre Brenas qui avait brigué la Mairie de Clermont lors des deux derniers scrutins a récemment annoncé renoncer à une troisième candidature en 2026, préférant passer la main pour se concentrer davantage sur son mandat régional.
C’est donc Julien Bony, qui présidera les deux groupes dans la continuité. Les deux hommes sont en effet sur la même longueur d’onde politique, puisqu’il était  le directeur de campagne du candidat Brenas en 2020.
Cadre dans le secteur de la santé, résidant sur le plateau Saint-Jacques à Clermont, le nouveau président, âgé de 44 ans, est élu au conseil municipal de Clermont et au conseil métropolitain. Il était candidat lors des dernières élections départementales et législatives. Ses trois thèmes de prédilection sont la sécurité, la gestion des dépenses publiques et la densification de la ville.

Questions à Jean-Pierre Brenas, président démissionnaire

7Jours à Clermont: Pourquoi avoir choisi d’abandonner la présidence ? 
Jean-Pierre Brenas : Pour une question de principe. Je crois qu’en politique, ce qui compte, ce n’est pas de durer, c’est d’être efficace et c’est surtout donner le meilleur de soi-même quand on en a le plus envie. Le temps passe et j’ai souhaité démissionner pour permettre le rajeunissement, cela va donner un nouvel élan à l’opposition clermontoise.

7JàC : Pourquoi à mi-mandat ?
J.P. B : J’ai tout simplement souhaité donner un peu de temps à mon successeur pour se préparer et préparer les batailles à venir. Il ne sera peut-être pas lui même le candidat (ndlr : aux prochaines élections municipales) mais en tout cas, il aura un certain nombre de moyens qui lui permettront d’aborder les futures échéances dans les meilleures conditions.

7JàC : Abandonner la tête des groupes n’est cependant pas abandonner ses mandats…
J.P. B : Je conserve bien entendu mes mandats de conseiller, municipal, métropolitain et encore plus régional. Il y a un certain nombre de dossiers clermontois qui se décident à Lyon : l’enseignement supérieur, la recherche, les liens avec le monde sociaux économique, le monde culturel… le FRAC, Gergovie, plein de dossiers passionnants. Je me battrai toujours pour Clermont, je ne m’accroche pas au poste mais aux convictions.

7JàC : Vous quittez la présidence lors d’une séquence forte dans la ville, celle des chantiers et du plan de circulation : que dites vous à ce sujet ?
J.P. B : Je crois que l’on à tort de se réjouir du fait que finalement Clermont ne serait pas si bloquée, que ce ne serait pas le désastre attendu. Pourquoi ? Parce que cela veut dire qu’il y a un certain nombre de personnes, de consommateurs, qui ont déjà changé leurs habitudes et qui ne viennent plus sur Clermont. Ceux qui travaillent à Clermont continuent d’y venir, mais le problème c’est pour les autres et c’est au détriment des commerçants, des artisans, des professions libérales. Je crains que demain, un certain nombre de commerçants, de professions de services quittent le centre ville et s’installent l’extérieur de Clermont, tout cela à cause du chaos de la circulation.

Questions à Julien Bony, nouveau président

7 Jours à Clermont : Le groupe d’opposition change de président, l’esprit va-t-il rester ?
Julien Bony : Il y a forcement un peu de changement d’esprit car chacun a sa personnalité, mais en tout cas pour avoir été de très nombreuses années aux côtés de Jean-Pierre Brenas, j’ai beaucoup appris sur le plan politique. Je crois que cette passation se fait dans la continuité car nous partageons des valeurs et des convictions. Je m’inscrirai très logiquement dans ses pas.

7JàC : Allez-vous profiter de l’agacement liées aux chantiers pour proposer un programme qui pourrait faire basculer la mairie aux prochaines élections ?
J. B : Si votre question est de savoir qui sera le candidat de la droite et du centre… ce qui est certain c’est que ce ne sera pas Jean-Pierre Brenas ! Mon rôle aujourd’hui n’est pas de focaliser sur l’élection qui est dans trois ans, mais de faire en sorte que notre famille politique, la droite et le centre, se rassemble largement sur un projet d’alternance et que l’on se présente dans les meilleures conditions à cette élection. C’est la tâche qui m’incombe aujourd’hui, dans l’intérêt général.

7JàC : Jean-Pierre Brenas disait que l’alternance est possible à Clermont…
J.B : Oui c’est possible…tout est possible, on a des exemples dans d’autres villes qui ont apporté la démonstration qu’après des années et des années sans alternance, elle arrive toujours, fort heureusement. Je crois que c’est salutaire et sain en démocratie que l’alternance puisse se faire. Cela permet de changer les habitudes, parfois les mauvaises. Quand on garde ses habitudes, c’est humain, on en prend des mauvaises. L’alternance et possible et souhaitable à Clermont car cette ville n’est pas un îlot au milieu d’un océan. Cette ville peut s’ouvrir à l’alternance.

7JàC : Vous dites qu’InspiRe et les travaux montrent un manque de vision à long terme de la majorité.
J.B : Je crois effectivement qu’aujourd’hui, ces travaux tous azimuts sont le résultats, en fait, de deux facteurs. D’abord parce qu’en 15 ans, il ne s’est rien passé. Olivier Bianchi est maire depuis bientôt 10 ans et je crois qu’il n’y pas eu suffisamment d’anticipation pour échelonner, préparer ces chantiers. Ensuite,  dans le même temps, il y a une espèce de panique pré-électorale. L’échéance de 2026 approche et il est urgent de réaliser un certains nombre de projets visibles du grand public, quitte à mettre toute la ville en chantier, partout et en même temps sans qu’il y ait la moindre cohérence et la moindre concertation. C’est à la fois le prix de l’immobilisme et celui de la précipitation.

7JàC : Avez vous le sentiment que les Républicains sont assez nombreux et assez mobilisés pour avoir plus de poids face à une municipalité fortement ancrée ?
J. B : Effectivement la majorité est assez importante à Clermont, mais elles aussi le fruit de quelques calculs politiques voir politiciens assez savants, puisqu’elle résulte d’une forme d’agrégation entre plusieurs blocs, les Socialistes, le Communistes, les Verts. Tout cela a contribué à dégager une majorité. Numériquement, effectivement, nous ne sommes pas très nombreux dans l’opposition, nous avons pour autant le mérite d’être là, de représenter un certain nombre de Clermontois qui nous ont accordé leur confiance en 2020 et ce n’est pas rien. Je pense qu’aujourd’hui nous sommes aussi les porte-paroles d’un certain nombre de Clermontois qui ont peut-être voté Olivier Bianchi et qui ne s’y retrouvent pas au  travers de la politique menée aujourd’hui.

À propos de l'auteur

Olivier Perrot

Pionnier de la Radio Libre en 1981, Olivier Perrot a été animateur et journaliste notamment sur le réseau Europe 2 avant de devenir responsable communication et événements à la Fnac. Président de Kanti sas, spécialisée dans la communication culturelle, il a décidé de se réinvestir dans l'univers des médias en participant à la création de 7jours à Clermont.

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