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Grande Halle d'Auvergne / photo Wikipédia
La Foire à la Grande Halle d'Auvergne / photo Wikipédia
Économie

Rideau définitivement baissé pour la Foire de Clermont-Cournon

Réunis en AG, les membres du bureau de la Foire Internationale de Clermont-Cournon ont décidé à l'unanimité de ne plus organiser le célèbre événement de fin d'été, mettant ainsi fin à une aventure dont l'origine remonte à 1949.

La décision est sans appel : les membres du bureau de la Foire Internationale de Clermont-Cournon ont décidé à l’unanimité de ne plus organiser le célèbre événement de septembre.
Cette décision, forcement douloureuse pour l’équipe et ses partenaires privés et institutionnels, n’a pas été prise à la légère. Elle est même la conclusion d’une longue réflexion et apparaît comme un véritable acte de bonne gestion. Compte-tenu des difficultés récurrentes à tenir un budget de plus en plus contraint, il y avait peu de chances qu’une nouvelle édition puisse être rentable cette année. La raison l’a donc emporté. Alors que les finances de l’association organisatrice sont encore en positif, l’arrêt volontaire a été jugé préférable à l’édition de trop qui aurait risqué de conduire à une liquidation avec tout ce que cela comporte.

Un modèle obsolète

L’âge d’or des foires-expo semble aujourd’hui bien lointain. Si de l’immédiat après-guerre jusqu’aux années 90, ce type d’événement était incontournable et moteur dans l’économie des territoires, la déferlante Internet a tout remis en cause en installant de nouvelles manières de consommer. Sur le web et le e-commerce, « la foire » est mondiale et les célèbres « prix foire » ne font plus le poids face au discount permanent. L’exposition sur écran 24 heures sur 24 alimente avec une aisance déconcertante le « tout, tout de suite ». Même les habitants des territoires ruraux qui se rendaient jadis sur les foires organisées dans les grandes villes pour découvrir les nouveautés et faire leurs gros achats annuels, n’ont plus besoin de se déplacer. Désormais, connectés en haut-débit, un clic leur suffit pour obtenir, au meilleur prix, ce dont ils ont besoin, parfois dès le lendemain.
Mais les foires-expo sont également victimes d’un nouveau consumérisme aiguillonné en permanence par l’injonction écolo. Terminée la surconsommation des Trente Glorieuses, la seconde main et le réemploi deviennent la règle tout en protégeant les ressources. Les foires généralistes semblent ne plus avoir droit de cité, face aux salons thématiques et aux trocs géants de plus en plus plébiscités en période de crise.

Un statut particulier pour la Foire de Clermont-Cournon

La Foire internationale de Clermont-Cournon était une des rares foires en France à être restée autonome et fonctionnant sous le régime associatif. Organiser l’événement en gardant un objectif de rentabilité était devenu un casse-tête pour la direction. Comment équilibrer la finance avec une fréquentation et un volume d’affaire en baisse face à des coûts d’organisation et de logistique toujours plus élevés ? Il faut également rappeler que la manifestation se déroule à la Grande Halle d’Auvergne, un lieu, certes financé à l’origine par de l’argent public, mais géré par la société privée GL Events,  entreprise « poids lourd » du secteur de l’événementiel international, qui na pas la réputation de faire de cadeaux aux organisateurs.
L’association a également tenté la diversification en s’impliquant dans d’autres manifestations comme Le Grand Trail, le Cheese Festival ou le festival En Van Simone, une activité événementielle secondaire qui prend également fin avec l’arrêt de la Foire.

500 exposants et 200 000 visiteurs au début des années 2000

L’origine de la Foire internationale de Clermont-Cournon remontre à 1949. Dans les années de reconstruction, le Maire de Clermont, Gabriel Montpied, demande à Antoine Coulaudon, président de la Chambre de Commerce et d’Industrie d’organiser une foire. La Chambre consulaire s’exécute et organise les premières éditions, place des Salins, mise à disposition par la mairie. Elle y sera organisée jusqu’en 1968. En 1969, Coulaudon relance une manifestation similaire, mais indépendante, sur un terrain dont il est propriétaire, dans la zone industrielle de Cournon. Le succès est immédiatement au rendez-vous. Une structure, nommée Expo 71, est créée pour porter ce rendez-vous de septembre. En 1978, au décès d’Antoine Coulaudon, Joseph Gardet, maire de Cournon, propose de transférer la Foire sur le secteur du plan d’eau où elle se développe, obtenant le label des Foires-expositions nationales. Au début des années 2000, la manifestation présidée par la charismatique Jean-Pierre Barreyre atteint 500 exposants et 200 000 visiteurs. En 2004, elle déménage pour la Grande Halle d’Auvergne, seul lieu en capacité de l’accueillir. Mais après ces années de records, les courbes vont commencer à s’inverser. En 2020, le Covid impose l’annulation de la manifestation qui aura beaucoup de mal à se relancer. En septembre dernier, le nouveau format réduit à 5 jours et le thème de la gastronomie ne comblent pas les espoirs. La manifestation n’atteint pas son équilibre financier et se pose dès lors, la question de l’édition 2024. Finalement la Foire ne fêtera pas ses 20 ans à la Grande Halle.

À propos de l'auteur

Olivier Perrot

Pionnier de la Radio Libre en 1981, Olivier Perrot a été animateur et journaliste notamment sur le réseau Europe 2 avant de devenir responsable communication et événements à la Fnac. Président de Kanti sas, spécialisée dans la communication culturelle, il a décidé de se réinvestir dans l'univers des médias en participant à la création de 7jours à Clermont.

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