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Election municipale : quelques réflexions avant le sprint final

Trois mois et demi après le premier tour, les électeurs clermontois retourneront dimanche aux urnes pour désigner leur maire pour les six prochaines années. Si la campagne n'a pas déchaîné les passions, elle restera unique en son genre.

Une campagne molle affectée par l’épidémie de coronavirus, un abstention record au premier tour. Un scrutin de deuxième tour décalé de trois mois. Mais encore un Rassemblement National presque absent du débat, une gauche radicale qui trouve une nouvelle figure. Une fusion du centre macroniste et de la droite en vue du deuxième tour. Et un match retour entre le vainqueur de  2014 et son second. Si  elle semble ne pas passionner les foules, l’élection municipale clermontoise 2020 ne manque pas de singularité.

Une élection commence bien avant la dernière ligne droite. Il y a des mois que les candidats  y pensaient. Et pas seulement devant leur miroir… Ils affûtaient leurs arguments et aiguisaient leurs armes en songeant au printemps.  Pourtant, bizarrement, ce cru 2020 n’a pas passionné la majorité des Clermontois. Dans les cafés, cet hiver, là où l’on refait le monde, il n’en était guère question. Même l’émergence d’un candidat macroniste, provenant de l’univers Michelin, suscitait peu de commentaire. La fièvre ne régnait qu’au sein des états-majors. Et encore…

Un Rassemblement National transparent

L’arrivée du coronavirus a eu raison du peu d’enthousiasme généré par ce scrutin. A quatre jours du premier tour, la France fut confinée et les messages d’alerte, de prudence ne pouvait évidemment déboucher que sur une participation-peau de chagrin. Plus de deux tiers des électeurs clermontois ont choisi de rester chez eux ce dimanche 15 mars, tandis que l’on distribuait du gel hydro-alcoolique à tire-larigot et que l’on imposait la fameuse distanciation dans les bureaux. Pour le deuxième tour, il faudrait attendre trois mois et demi.

Au terme de ce premier tour sinistré, ils furent quatre à sortir, plus ou moins bien, leur épingle du jeu. Quatre à se qualifier pour le second tour. Avec, par ordre de classement : Olivier Bianchi, le sortant, le favori, Jean-Pierre Brenas, le chef de fil de l’opposition, Eric Faidy, l’impétrant et Marianne Maximi, l’Insoumise. Le Rassemblement National, plutôt en verve autour d’Antoine Rechagneux six ans plus tôt, se retrouvait exsangue. Il est vrai qu’on ne l’avait pas vu de toute la campagne, comme s’il avait choisi de faire l’impasse sur ce scrutin. Au contraire, derrière la jeune Marianne Maximi, la gauche radicale retrouvait des couleurs, après avoir fait le deuil de son leader “historique”, Alain Laffont.

Quatre qualifiés, trois en lice

L’événement de l’entre-deux tours, c’est évidemment le regroupement de Jean-Pierre Brenas (tête de liste) et d’Eric Faidy. Une union réalisée “au nom de l’alternance” dénoncée par une partie de l’ancienne liste du candidat soutenu par LREM et peu goûtée par Les Républicains eux-mêmes. Le proche avenir dira si ce mariage de raison plus que de passion bénéficie à l’opposition du centre-droit. Côté gauche, Olivier Bianchi, en position de force, n’a pas souhaité réaliser de fusion technique avec la liste de Marianne Maximi. Il aura les mains libres en cas de succès. La période électorale aura aussi été marquée par un certain nombre d’actes de vandalisme : local de campagne d’Eric Faidy vandalisé à diverses reprises ou, cette semaine encore, porte du PC de Marianne Maximi défoncée. Le tout conjugué avec les habituels injures et noms d’oiseaux colportés par les réseaux sociaux où la délicatesse n’est pas monnaie courante. Alors, vraiment, dès lundi, à Clermont, il sera temps de tourner la page…

 

 

 

À propos de l'auteur

Marc François

Marc François

A débuté le métier de journaliste parallèlement sur une radio libre et en presse écrite dans les années 80. Correspondant de plusieurs médias nationaux, rédacteur en chef de l’hebdomadaire Info Magazine (Clermont, Limoges, Allier) pendant 9 ans, il a présidé le Club de la Presse Clermont-Auvergne entre 2009 et 2013. Il est l’initiateur de 7 Jours à Clermont.

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