Un pape qui meurt le lundi de Pâques : on peut y voir l’effet d’une étrange coïncidence ou d’un symbole puissant si l’on appartient à la communauté des croyants. Ou, plus prosaïquement, le résultat d’efforts considérables accomplis le jour de Pâques comme si François avait jeté ses derniers feux sur la place Saint-Pierre ou à bord de la « papamobile ». Les ultimes efforts d’un vieil homme, à bout de souffle.
Mélange d’émotion et de solennité, de recueillement et d’emphase, les obsèques de Jorge Mario Bergoglio, le 266e pape de l’église catholique, se sont déroulées samedi en présence des potentats de ce monde, gouvernants et têtes couronnées… De Donald Trump à Volodymyr Zelensky, dont la rencontre n’est passée inaperçue, en passant par le prince William ou le roi Felipe VI d’Espagne, sans oublier Emmanuel Macron qui n’aurait donné sa place à personne … En ce samedi d’avril, Rome était redevenue le centre de la planète.
Une très longue liste
De François, le premier sud-américain à accéder à la tête de l’église, le jésuite, le « social », n’hésitant pas à bousculer les habitudes , il ne demeurera pourtant qu’une ligne dans la copieuse litanie de souverains pontifes… Douze années de « règne » se révéleront bien éphémères au milieu des siècles de présence papale…
Bientôt l’heure sera venue de désigner un successeur au religieux argentin à l’issue d’un conclave que l’on imagine agité, passionné. 135 cardinaux vont voter pour désigner le « successeur de Pierre » et les coulisses du Vatican bruissent déjà de noms d’éventuels successeurs… Les « papabile » avancent plus ou moins masqués : pape africain, pape français, pape connecté ou plus hermétique à la technologie, pape théologien et intellectuel, comme l’était Benoît XVI à qui l’on doit le rapprochement de l’église avec les thèses du Darwinisme, et ce n’est pas rien, ou pape ouvert sur le monde à l’image de Jean-Paul II, le Polonais de Wadowice, aujourd’hui canonisé. Pape austère ou enjoué, pape traditionnaliste ou réformateur, pape âgé ou plus jeune, sachant qu’élire un « benjamin » serait prendre le risque qu’il ne soit durablement pas à la hauteur.
Dans quelle direction ?
Le Vatican est aussi le jeu d’influences, de courants, d’ambitions- pas nécessairement personnelles- qui ne sont pas des querelles de clochers mais des luttes intestines, des oppositions idéologiques, des visions contradictoires du rôle même d’une religion dans le monde contemporain. Quand la fumée blanche s’échappera de la Chapelle Sixtine, les débats- pour un temps- seront tranchés.












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