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Photo Fanny Reynaud.
Edito

Delon est grand, ne leur en déplaise…

Cannes a rendu les honneurs à la star française, une vraie, pour une fois. Et cela en dépit de protestations qui se sont élevées, ici et là, au nom d'une soit disant bien-pensance.

Sur la scène du Palais des festivals, à Cannes, un homme âgé, des trémolos dans la voix : c’est Alain Delon. Il reçoit, au soir de sa vie, l’hommage qui lui revient. Un peu tard, comme il se doit…

Delon, un monstre du cinéma, soudain fragile, ému, vieillissant, presque vacillant et touchant. Delon, le Guépard garibaldien de Visconti, l’amoureux de Rocco et ses frères du même metteur en scène , le jeune premier de Plein Soleil de René Clément, celui de La Piscine aux côtés de Romy Schneider, Jane Birkin et Maurice Ronet. Le truand de Melville dans Le Cercle Rouge et le flic du  tout dernier film du réalisateur, le mafieux magnifique de Borsalino, auprès de Belmondo, son presque frère. Le Delon de Verneuil de Mélodie en sous-sol au Clan des Siciliens, celui de José Giovanni et de Deux hommes dans la ville où il côtoie le grand Gabin. Et encore l’anti-héros troublant de Joseph Losey dans Monsieur Klein.

Iconique et impénétrable

Delon, natif de Sceaux en banlieue parisienne, reconnu jusqu’au bout du monde, icône du 7ème art, pendant masculin de Brigitte Bardot. Delon froid, Delon fort, Delon seul, Delon impénétrable, mystérieux. Delon incontournable et atypique, admiré et incompris. L’homme désormais face à son passé et un avenir rétréci. L’hommage, au moins, lui aura été rendu de son vivant.

Face aux censeurs

Cannes l’applaudit à la hauteur de sa carrière qui fut immense. En dépit des pétitions et des manifestations qui se sont produites ici ou là, en France, aux Etats-Unis. Sans jamais dissocier l’artiste et l’individu, elles lui reprochent pèle mêle son machisme, sa présumée homophobie, des prises de position jugées incorrectes ou ne convenant pas aux standards de l’époque. Pour ces esprits intolérants et castrateurs, l’hommage est indigne, scandaleux. Ce sont les mêmes exactement, apôtres de la pensée unique, qui veulent empêcher Woody Allen de tourner. Les mêmes qui retirent le cigare de la bouche de Winston Churchill sur les photos historiques. Ils sont les censeurs, les intégristes du politiquement correct, les chantres de l’interdiction et de la restriction. Une forme de totalitarisme de la pensée qui nierait à quiconque la liberté d’emprunter des sentiers qui ne sont pas battus. Leur art uniforme est celui de la bien-pensance… Pour eux, seul est acceptable celui qui leur ressemble

À propos de l'auteur

Marc François

Marc François

A débuté le métier de journaliste parallèlement sur une radio libre et en presse écrite dans les années 80. Correspondant de plusieurs médias nationaux, rédacteur en chef de l’hebdomadaire Info Magazine (Clermont, Limoges, Allier) pendant 9 ans, il a présidé le Club de la Presse Clermont-Auvergne entre 2009 et 2013. Il est l’initiateur de 7 Jours à Clermont.

2 Commentaires

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  • Oui, Marc, avec Brigitte Bardot Alain Delon est la dernière star de la France d’avant… quelques « vedettes » de palier érigées en « stars » par leurs semblables, le temps d’un Audimat ! Hélas, d’où qu’elle vienne, la jalousie est aussi bête que méchante…

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