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Marc François.
Photo Fanny Reynaud.
Edito

De la libre conscience au harcèlement des esprits

La formation continue suit le parcours professionnel de quelques-uns. Mais nul ne peut échapper au formatage permanent...

« A consommer avec modération ». Le message-slogan initialement accolé à l’usage de l’alcool est si connu  qu’il est quasiment passé dans le langage commun. Il est aussi, comme d’autres, le symbole de ce que la société- par le biais de l’Etat- infantilise le citoyen, fixant ainsi une forme de nouvelle morale contemporaine, autour de  questions comme la santé, la sécurité ou les rapports hommes-femmes. Bref, l’individu, contribuable ou non, régulièrement « tondu » ou « plumé » par le biais des multi-taxes, doit être renseigné en permanence sur ce qui est, soit disant, bon pour lui, voire mauvais pour les autres. Déjà longuement formaté sous les baguettes de l’éducation nationale durant son enfance où on lui a, en principe, appris les règles, les codes et les conduites souhaitables, il subit tout au long de son existence cette litanie de conseils, d’ordres ou de recommandations. C’est dire comme on le considère : un mouton parmi les autres.

Slogan et bonne conscience

« Un verre ça va, deux bonjour les dégâts » disait un slogan qui allait jusqu’à définir la bonne mesure en terme de consommation d’alcool. Dans les tabacs, ont surgi les paquets surchargés d’avertissements et de photo-chocs censés dissuader de l’usage de la cigarette. Ou, peut-être, donner bonne conscience aux décideurs, bien heureux de « ramasser » les taxes à la pelle. Il convient de manger cinq fruits et légumes par jour. Ah bon… Et sur les routes, les panneaux et radars dictent leur loi. La vitesse est dépassée, paraît-il. C’est sans doute la raison pour laquelle on construit des TGV et que l’on nous vente les mérites de la 5G…

Harcèlement cérébral

Fleurissent ainsi les « messages », les formules-choc sur les écrans, dans les pages et tout au long de nos vies quotidiennes. Un matraquage permanent pour prévenir, rappeler, orienter, inciter qui tient du harcèlement cérébral et va jusqu’à éroder la libre conscience des individus. L’interminable séquence épidémique que nous traversons représente, de toute évidence, un fleuron en la matière. Au fond, puisqu’ils (les responsables) pensent pour nous, inutile de se fatiguer à réfléchir…

À propos de l'auteur

Marc François

A débuté le métier de journaliste parallèlement sur une radio libre et en presse écrite dans les années 80. Correspondant de plusieurs médias nationaux, rédacteur en chef de l’hebdomadaire Info Magazine (Clermont, Limoges, Allier) pendant 9 ans, il a présidé le Club de la Presse Clermont-Auvergne entre 2009 et 2013. Il est l’initiateur de 7 Jours à Clermont.

1 Commentaire

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  • Cet article tombe à pic, parce que justement je me demandais encore ce matin quel avait pu être l’imbécile (homme ou femme) qui aurait pondu le fameux, je cite : “Evitez de grignoter entre les repas !”
    L’opportunité était donnée d’éduquer la population pour lui expliquer le distingo entre se gaver d’un contenu de distributeurs de confiseries et prendre un snack composé d’une demi-pomme et d’une pognée de fruits secs.
    Mais évidemment, les auteurs de cette phrase ont complètement sabordé leur mission, et je suspecte que les personnes en surcharge pondérale, sont dans l’incapacité de dire combien de calories il y a dans 1gr de sucre / gras.
    Alors que c’est pourtant le B A BA !

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