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Famille Leder Photo OFHC
Famille Leder / Photo OFHC
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Damien Leder : « Toute la famille est tournée vers le rugby »

7 Jours à Clermont est allé à la rencontre de Damien Leder, coach des cadettes de l’OFHC, Ovale Féminin Haute Corrèze, ancien joueur de rugby et passionné par la formation. Véritable supporter « jaunard », cet entraîneur n’hésite pas à envoyer ses joueuses les plus prometteuses du côté du club auvergnat.

Philippe Thivat : Damien, peux-tu te présenter ainsi que le club de l’OFHC ?
Damien Leder : Nous sommes un rassemblement de trois villages. Le club support est Neuvic, auquel s’ajoutent Meymac et Égletons. Ces deux agglomérations sont situées à environ 30 ou 40 km de Neuvic. Les filles et leurs parents font pas mal de concessions pour venir jouer et s’entraîner ici. Nous existons depuis 2005 pour les sections féminines, avec quelques mises en sommeil par intermittence. Mais c’est véritablement depuis 2020 que nous arrivons à performer dans ce rugby à X de développement avec les cadettes, dans cette ligue Nouvelle-Aquitaine et en Championnat de France également.
De mon côté, j’ai joué au foot à un bon niveau avant de bifurquer vers le rugby en tant que joueur, et maintenant comme entraîneur. Toute la famille est tournée vers le rugby : ma femme m’accompagne sur le banc les samedis auprès des filles.

P.T  : Comment peux-tu décrire l’évolution du rugby féminin en Corrèze ?
D. L : Il y a le club du CAB (Brive) qui est en Élite 2, et après, c’est assez compliqué. Tout le reste, c’est du jeu à X. Il faudrait que nous arrivions à faire un gros rassemblement sur la Haute-Corrèze pour basculer sur du jeu à XV. Mais, actuellement, cela me semble difficile avec les autres clubs. De notre côté, notre équipe n’a connu qu’une seule défaite. Nous sommes leaders avec 12 points d’avance. Il nous reste un match de championnat avant de disputer la finale du terroir le 26 avril.
L’enjeu de ce match est simple : si nous gagnons, même sans bonus, nous sommes certains de finir premiers ou deuxièmes de toute la ligue Aquitaine. Cela nous permettrait de recevoir le quart de finale à la maison, et la demi-finale aussi, si nous passons. C’est important pour un club comme le nôtre de jouer à Neuvic, un village de 1 500 habitants. Aujourd’hui, vu la conjoncture actuelle, se déplacer va devenir problématique pour les petits clubs.

Damien Leder et les joueuses  / Photo OFHC
Damien Leder et les joueuses / Photo OFHC

« Les filles ont toujours soif d’apprendre »

Philippe Thivat : c’est un plaisir pour toi d’entraîner ce groupe de filles ?
Damien Leder : Depuis que je suis auprès des filles, je me dis que je ne retournerai jamais entraîner les garçons (avec qui j’avais eu une expérience en tant qu’entraîneur-joueur). Les filles sont à l’écoute, avec une grande soif d’apprendre. Elles sont capables de rester de longs moments sur un exercice si elles n’y arrivent pas. Et lorsque tu veux « switcher » pour passer à autre chose afin de les remettre dans la facilité, elles insistent pour finir ce qu’elles ont commencé. En tant que coach, il faut être à la fois souple et rigoureux. Je m’éclate vraiment à entraîner ce groupe.

« Nos meilleures joueuses vont à l’ASM Rugby Féminin »

Philippe Thivat : Pas mal de très bonnes joueuses sont formées ici et partent le plus souvent à l’ASM Rugby Féminin. Pourquoi ce choix ?Damien Leder : Emma Coudert, Ophélie Ledunois, Mathilde Roy, Emma Reymondoux (qui est à Rouen aujourd’hui), Justine Gasparoux (La Rochelle), et puis mes filles, Lola il y a deux ans et Ninon cette année — toutes les deux à Clermont — sont issues du club de Neuvic. C’est une reconnaissance pour le club, pour ma femme, pour moi, pour tous les bénévoles et pour nos partenaires que d’emmener ces filles jusqu’au plus haut niveau du rugby féminin. C’est à moi aussi de leur expliquer les sacrifices qui en découlent.

Il y a une grande solidarité dans notre club pour permettre aux filles d’évoluer dans les meilleures conditions. J’ai la chance également d’avoir une connaissance proche comme Aton Soumache (leader français de la production audiovisuelle et de l’animation depuis 30 ans), qui offre les tenues complètes aux filles. C’est quelqu’un de très attaché au village et au club de Neuvic. Je lui en suis énormément reconnaissant. Concernant le choix de Clermont, c’est parce que géographiquement nous sommes plus tournés vers l’Auvergne et que nous échangeons depuis trois ans avec Fabrice Ribeyrolles. Nous savons que ce club travaille bien. Et puis, je suis supporter de l’ASM depuis des années.

P. T : Qu’est-ce que cela a changé pour tes filles de passer du rugby à X au haut niveau à XV (Espoirs Élite) ?
D. L : Elles vivent cela à fond, aussi bien du côté de l’ASM que du rugby universitaire, tout en gardant la tête sur les épaules, car les études sont aussi très importantes. Dans le jeu, ce qui a changé, ce sont les impacts et les plaquages. Au jeu à X, on a le droit de plaquer à la taille (toléré en dessous du sternum), tandis qu’en cadettes Élite, on peut plaquer jusqu’aux épaules. Elles apprennent deux fois plus vite aux côtés de joueuses plus expérimentées qui apportent les conseils et l’exigence du haut niveau.

« Évoluer vers le rugby à XV »

Philippe Thivat : Pour conclure, quels sont les objectifs de l’OFHC pour les années à venir ?
Damien Leder : L’idéal serait d’arriver à tendre vers le rugby à XV. Nous essayons de nous rapprocher du club d’Ussel, qui a aussi une équipe cadettes et qui est à 20 km de chez nous. Au départ, ils étaient avec nous dans le rassemblement avant de vouloir voler de leurs propres ailes. Les deux groupes ont de la qualité et nous pourrions réunir une quarantaine de joueuses. De notre côté, nous lançons un appel à toutes les joueuses nées en 2009, 2010, 2011, ainsi qu’à celles de 2008 nées après le 1er juillet, pour lancer une équipe cadettes à XV.

Les filles de l'OFHC Photo OFHC
Les filles de l’OFHC Photo OFHC
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À propos de l'auteur

Philippe Thivat

Philippe Thivat, est correspondant d’un hebdomadaire dans l’Allier et intervenant auprès de l’ASM Romagnat rugby féminin en tant que rédacteur journaliste sportif. Il est également engagé dans le rugby citoyen qui œuvre grâce à ce sport à l’intégration des personnes handicapées et de personnes migrantes.

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