Certaines compétitions sportives traversent les générations en conservant leur splendeur, leur attrait. Elles ont séduit nos grands-parents et parviennent encore à déplacer les foules, malgré les bouleversements de la société. Cette intemporalité doit tenir à leur substance, leur organisation, leur capacité aussi à s’adapter sans remettre en cause leur nature. Le Tour de France cycliste en est un parfait exemple mais l’on pourrait aussi évoquer les 24 Heures du Mans, les tournois du grand chelem de tennis et bien sûr les Jeux Olympiques et la Coupe du Monde de football. Ce sont des monuments dont la magie et l’attractivité dépassent les modes.
Et puis il y a les denrées périssables, les événements dont le lustre s’évanouit inexorablement. Faute de passion, ils finissent généralement par disparaître dans un relatif anonymat. Le « Paris-Dakar » n’en est pas tout à fait là. Mais loin de la passion qu’il suscitait au début des années 80, dans un autre siècle, il se déroule dans une indifférence presque générale.
Lointaine Afrique
Le « Dakar »- épreuve certes singulière- a correspondu à une époque et il ne s’est jamais vraiment remis de la disparition de son démiurge Thierry Sabine, fauché dans un accident d’hélicoptère dans le désert du Sahel qu’il aimait tant, le 14 janvier 1986. Un drame quasi-théâtral qui annonçait déjà le déclin fatal de la course.
Quelques souvenirs
La suite ne fut qu’une lente décadence : la mainmise de puissantes usines remit en cause l’esprit aventurier des premières années tandis que la menace terroriste obligeait les organisateurs à trouver de nouveaux territoires à explorer. Le « Dakar » cherchait son salut en Amérique du sud, un paradoxe tout de même. Que dirait-on si l’on devait courir Paris-Roubaix en Australie ? Puis il investissait l’Arabie Saoudite où les pétrodollars coulent à flot et où l’on ne s’embarrasse ni d’écologie, ni de la moindre éthique.
Du « Dakar » originel ne demeure qu’un nom et quelques souvenirs. Il n’est pas sûr que Thierry Sabine, pionnier en son genre et homme de défi, amoureux de l’Afrique également, serait fier de ce que son œuvre est devenue.
Marc François

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