Le spectacle offert actuellement au sommet de l’État n’est pas ragoûtant. Et s’il exaspère au plus haut point nos compatriotes, il est hélas finalement révélateur. Les appareils politiques et les personnalités qui les dirigent font évidemment passer leurs intérêts partisans et personnels bien avant l’avenir du pays. L’objectif étant pour les uns de se placer pour le mieux dans la perspective de l’échéance présidentielle, pour les autres de sauver leur siège de député. Qu’importe si les Français tirent le diable par la queue, si la dette explose, si l’insécurité n’a rien d’un sentiment, si le pays décline. Ces gens-là, pour le moment, ont mieux à faire que de s’occuper de ce genre de contingences, c’est leur propre situation qui avant tout les préoccupe.
Courage, fuyons…
Dans le camp présidentiel, sentant le vent tourner et la bérézina inévitable, c’est le sauve qui peut général, la priorité étant de renier sa proximité avec un chef de l’Etat désormais radioactif, de ne surtout pas endosser un héritage, il est vrai, peu enviable…
Les coups de couteau dans le dos se succèdent… Après tout, l’exemple ne vient-il pas d’Emmanuel Macron lui-même qui n’avait pas hésité à trahir son mentor, François Hollande. Les nouveaux judas s’appellent, entre autre, Edouard Philippe et Gabriel Attal qui se verraient bien à l’Elysée et sont prêts à tous les reniements pour y parvenir. Quant à Elizabeth Borne, la grande prêtresse de la réforme des retraites, elle est disposée à jeter celle-ci à la poubelle pour sauver quelques meubles.
Seul mais inflexible
Personnage central de cette comédie qui n’en finit pas, le président, isolé, continue à gagner du temps. Il panthéonise, se pavane à l’étranger quand le système lui tourne le dos, que les rats quittent le navire, que Le Point, hebdomadaire connu pour ses positions modérées voire centriste, titre : « Monsieur le Président sortez la tête haute ». Il persiste à vouloir réunir un « bloc central » qui n’existe pas et tente encore de tirer les ficelles. Son seul but est d’exister jusqu’au bout quitte à pratiquer la politique de la terre brûlée.
À droite, les Républicains ragaillardis par les dernières séquences se verraient bien tirer les marrons du feu, malgré des sondages qui ne leur sont guère favorables. Mais au sein de leur état-major, la guerre des chefs fait rage entre Bruno Retailleau et Laurent Wauquiez, chacun plaçant ses pions pour mieux fragiliser son adversaire. Le duel n’a pas été tranché par les élections internes du printemps dernier et il va laisser des traces indélébiles. Et que dire du Parti Socialiste, entaché par ses mauvaises fréquentations…










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