Gabriel Montpied, Roger Quilliot, Serge Godard, Olivier Bianchi : Clermont, ville qui n’avait connu que 4 maires socialistes depuis la Libération, vient de basculer à droite et au centre. Fin d’une époque pour la ville, fin d’une époque pour le PS. En 2014, l’alliance avec le bon docteur Laffont avait permis de maintenir le cap à gauche, mais 12 ans plus tard, le rapprochement avec LFI n’a pas suffi. Une partie des électeurs de la gauche modérée a rejeté le compromis avec un mouvement dont le leader se dirige régulièrement vers des contrées politiques inavouables. Même si les élections municipales restent davantage des élections liées aux hommes qu’aux partis, l’exemple du tohu-bohu permanent à l’Assemblée nationale a sans doute aussi joué sa part, tout comme la montée du RN, dans la chute du dernier bastion socialiste, catégorie villes moyennes.
Reprendre les affaires
“Enfin l’alternance pour Clermont” entendait-on parfois dans le salon d’honneur de la mairie de Clermont où Olivier Bianchi, maire jusqu’au 27 mars, est venu annoncer les résultats officiels. C’est donc “un enfant du quartier Saint-Jacques”, Julien Bony, qui va prendre les rênes de la cité auvergnate que son prédécesseur aura transformée à coup de grands travaux, irritants mais indispensables après des années de calme dommageable pour la cité. Le nouveau maire et son équipe, qui n’est pas seulement LR mais d’union avec le centre et la société civile, vont devoir composer avec ce qui était la vision Bianchi pour la ville. Les choses étant engagées pour longtemps, ce mandat qui débute sera celui des affaires courantes et des réajustements. L’attente est forte sur les sujets clés de la campagne, mais quel sera réellement le pouvoir de Julien Bony sur le narcotrafic, phénomène mondial, l’attractivité commerciale rongée par le e-commerce ou l’engorgement de la ville par des voitures trop nombreuses ?
Une société en roue libre
Ce 22 mars marque aussi la fin d’une campagne très représentative des us et coutumes d’une société qui désormais réagit de manière épidermique, notamment grâce à la faculté de dire tout et n’importe quoi sur les réseaux sociaux, en se cachant parfois derrière un insupportable anonymat. Cette manière de faire est devenue, au fil du temps, nauséabonde, sans respect des hommes ni des institutions. À Clermont comme partout ailleurs, les instincts ressortent et des aboyeurs entraînent avec eux des hordes dans la suspicion et le dégagisme. Pendant ce temps, les citoyens ne se sentent plus concernés par la vie publique. Une élection municipale ne se joue plus désormais que sur une grosse moitié des inscrits.












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