L'Essentiel
Le cabinet d'architecture Atelier Imagine a été sélectionné pour ce programme qui allie construction neuve et réhabilitation, avec un objectif de réduction de l'empreinte carbone de 20 % par rapport à la réglementation environnementale RE 2020.
Le budget total du projet s'élève à près de 19 millions d'euros et les travaux devraient s'étendre sur 32 mois, avec une première livraison prévue pour septembre 2027.
À Clermont, entre la place des Salins et le boulevard Jean-Jaurès, le bailleur social Auvergne Habitat a lancé la requalification d’un îlot de 1782 m² délimité par les rues Marx Dormoy, Marmontel et Barillot Veuve Coupelon. Initié en 2018, ce projet va permettre la création de 4 immeubles pour un total de 80 logements, répartis dans trois bâtiments. Le principal sera l’ancien siège préservé de la FFB, Fédération Française du Bâtiment du Puy-de-Dôme, un édifice représentatif de l’architecture de la fin des années 60 avec une spectaculaire façade en brique rouge. Le second sera construit en lieu et place de l’ancien immeuble de la SMABTP, mutuelle du bâtiment, qui a disparu après désamiantage et déconstruction, le troisième assez étroit viendra viendra combler “une dent creuse” rue Dormoy.
C’est le cabinet d’architecture clermontois Atelier Imagine dont les bureaux sont situés à quelques centaines de mètres du chantier, qui a travaillé sur ce programme qui mixe création et réhabilitation. L’ambition pour ce projet d’Auvergne Habitat est de réduire l’empreinte carbone de 20 % par rapport aux seuils fixés par la réglementation environnementale RE 2020.
Damien Plessis, architecte, cogérant de l’Atelier Imagine gère ce dossier représentatif de la manière d’envisager l’urbanisme moderne.
La moitié des logements sera construite dans de l’existant
7 Jours à Clermont : Qu’est-ce qui caractérise ce projet important d’Auvergne Habitat dans le quartier des Salins ?
Damien Plessis : Ce n’est pas un projet qui va être perçu comme un ensemble monolithique. On a des bâtiments différents par adresse, par rue et ce sera plusieurs résidences regroupées en une seule. Le programme se compose de deux choses. Il y a des bâtiments neufs, donc on est sur une conception plus traditionnelle, on est contraint par les avoisinants mais cela reste des méthodes de conception assez classiques. Sur la partie existante, la complexité vient du fait que l’on change la destination. C’est un bâtiment qui était conçu pour du bureau et aujourd’hui on le transforme pour du logement. La difficulté est majoritairement sur les distributions verticales, en plus des problèmes de surcharges. Il y aura 42 logement du T2 au T4 et deux cages d’escaliers.
7JàC : Qu’allez vous faire avec le bâtiment sauvegardé ?
D.P : L’ancien bâtiment de la FFB (Fédération régionale du Bâtiment) a été conservé, pour les immeubles 1 et 2. Il a été allégé de ses chapes de manière à pouvoir supporter trois niveaux supplémentaires en structure bois. On construit une strate de la ville sur la ville, de manière à augmenter la capacité à accueillir un nombre de logements suffisant. Dans cet ensemble on aura de la collocation et du logement social type PLAI et PLUS*. Sur les parties neuves, le grand bâtiment de la rue Marmontel, et le petit rue Marx Dormoy, on retrouve un panachage un peu plus large avec du PLS**.

Conserver ce qui peut l’être
7 Jours à Clermont : La préservation de l’existant est devenue inévitable dans les nouveaux projets ?
Damien Plessis : Il y a la question de la valorisation de l’existant. D’un point de vue environnemental c’est moins impactant de conserver un bâtiment, de le régénérer et de l’adapter, plutôt que de le démolir et de construire entièrement du neuf. C’est une stratégie intellectuelle qui touche tout le monde aujourd’hui. C’est la question de la valorisation des patrimoines existants, du déjà là, du comment on peut le transformer. On est plus sur une logique de table rase où on casse tout, on enlève tout et on construit que du neuf. Ici c’est un programme hybride… ce que l’on a pu conserver car la technique le permettait, on l’a conservé alors que le bâtiment SMA a du être condamné pour des questions de structure initiale qui ne correspondait pas à une mutation possible pour du logement. Pour faire simple il y avait des problèmes de fondations. Au delà de la transformation, on est obligé de rendre les bâtiments que l’on fait muter, conformes aux règles sismiques et lorsque l’on commence à rentrer ce paramètre dans la restructuration c’est assez impactant techniquement. Le bâtiment SMA ne le permettait pas.
7JàC : On imagine que pour cette opération d’Auvergne Habitat, il a aussi fallu suivre les nouvelles normes environnementales…
D. P : À l’origine l’îlot était imperméable à 100% avec des parkings, souterrain et aérien. Aujourd’hui, on cherche a créer des poumons verts de manière à proposer un environnement plus qualitatif avec plus de respiration pour les résidents. Ici on est sur un cœur d’îlot qui sera entièrement végétalisé, avec une partie qui redevient de la pleine terre grâce à la déconstruction une partie du parking et une partie qui sera du stationnement couvert avec de la végétalisation de la toiture. Les bâtiments autour vont aussi bénéficier de cette nouvelle qualité de vie. C’est quelque chose qui n’existait pas initialement.
Ce programme est budgété à près de 19 millions d’euros. Les travaux vont durer 32 mois et Auvergne Habitat devrait loger les premiers habitants en septembre 2027. L’architecte reste confiant sur les délais, mais précise qu’avec la transformation de l’existant, il est toujours possible d’avoir une surprise.
*Les logements PLAI, financés par le Prêt Locatif Aidé d’Intégration, sont attribués aux locataires en situation de grande précarité. Les logements PLUS, financés par le Prêt Locatif à Usage Social correspondent aux locations HLM.
**Les logements PLS, financés par le Prêt Locatif Social, sont attribués aux candidats locataires ne pouvant prétendre aux locations HLM, mais ne disposant pas de revenus suffisants pour se loger dans le privé.













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