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Claude Michy / Photo PHA
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Claude Michy, pour faire rugir les panthères

Maison des sports de Clermont, un soir d’hiver et de bascule dans la nouvelle année. Bien au chaud, près de 2000 spectateurs sont venus encourager les Panthères de Chamalières qui, elles aussi, sont dans le confort.

C’est la première fois depuis que les Panthères opèrent en Ligue A que le maintien parmi l’élite du Volley est assuré aussi tôt dans la saison. Le président du VBCC n’en saute pas pour autant au plafond. Mais, depuis un demi-siècle que je le connais, ai-je déjà vu Claude Michy sauter au plafond ?
Poser la question revient à y répondre. Auvergnat ‘’pur sucre’’, donc de nature sinon secrète plutôt discrète, Claude Michy possède quand même quelques motifs de satisfaction suite à sa récente apparition dans le monde du Volley-Ball. C’est Christine Rougerie, première adjointe en charge des sports et de la promotion de la ville à la mairie de Clermont, qui a su le convaincre de s’investir dans un nouveau challenge : « Il faut que tu donnes un coup de main au VBCC, c’est urgent ! »

SOS volley en détresse

Il est vrai que faute d’un budget et de structures en adéquation avec les impératifs de la Ligue A, l’équipe phare du club se trouvait menacée de disparition à l’issue de la saison dernière. Sans compter que son entraîneur historique Atman Toubani était en voie de céder à l’appel des sirènes parisiennes.
Donc, réunion de crise avec Christine, Atman, Mylène (alors présidente du VBCC) et Claude le providentiel, qui actera la nécessité de professionnaliser le club avec la création d’une SASP (Société Anonyme Sportive Professionnelle).au début de l’été 2023.
La société PHA-Claude Michy met au pot 40 000€ dans le capital et 200 000 de cash, le budget du club passant de 920 000 à 1,2M€ avec l’apport de plusieurs partenaires et de la structure PRO IMMO de Nicolas Roux. Et vogue la SASP présidée par Claude, les filles entraînées par Atman, et les 230 licenciés de l’association sous la houlette de Mylène. Du coup, Christine est contente !
Ce n’était d’ailleurs pas la première fois que la mairie de la capitale auvergnate faisait appel aux compétences managériales de Claude Michy pour lui tirer une épine du pied.

Volley / Photo PHA
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Claude Michy, le couteau suisse de Clermont

Il n’est qu’à se rappeler pourquoi et comment notre homme avait été amené à prendre les rênes d’un Clermont Foot quelque peu désemparé en 2005 et les tenir jusqu’en 2019 et la vente à Ahmet Schaefer. Mais l’épopée du couteau suisse (pas Ahmet mais Claude) avait
débuté beaucoup plus tôt.
Le précurseur du ‘’en même temps’’ m’était apparu dans le début des années 1970 en Formule Renault sur le circuit de Magny-Court époque Lafitte, Arnoud et Cie, puis en Renault Europe avec Jean Ragnotti, le circuit faisant suite aux rallyes et courses de côte qui animèrent sa jeunesse. En même temps donc, le Maitre confiseur, « titre qui ne se perd pas » précise l’intéressé, fabriquait des pâtes de fruits dans un atelier clermontois, animé assurément par la génétique d’une grand-mère nommée Cruzilles.
En même temps toujours, naquit cette vocation d’organisateur d’évènements autour du sport mécanique. Ainsi le premier Salon Auto Moto en 1976 à la Maison des sports avec les stars Depailler, Ligier ou Barry Sheen champion du monde 500cc. Ainsi encore au fil du temps le Trophée Andros à Super Besse et les Super Finales au Stade de France, les Super Cross et Motor Show dans l’enceinte Dionysienne, les ‘’Charade Heroes’’ au pied du puy de dôme ou le départ du Dakar 2004 à la Grande Halle. On en passe.

Andros au Stade de France / Photo Trophée Andros P. Bades
Andros au Stade de France / Photo Trophée Andros P. Bades

La grosse cerise sur le gâteau

Outre le pari gagnant d’avoir cornaqué et fait passer en trois ans le motard clermontois Jean-Louis Tournadre du statut de ‘’nettoyeur de carrosserie’’ (dixit Michy) à celui de premier pilote français champion du monde en 250cc (1982), la plus grande réussite économico- sportive de Claude Michy a pris corps sur deux roues au pays des rillettes.
En créant sa société PHA en 1994 pour prendre en main le Grand Prix de France Moto, il a su construire la belle affaire. De 30 000 spectateurs, le succès populaire n’a cessé de croître autour du circuit Bugatti du Mans pour atteindre en 2023, sur trois jours de spectacle, 278 805 spectateurs dont 116 692 le dimanche. 
« C’est énorme ! » insiste Claude. D’autant plus heureux qu’après 2022, ce rendez-vous a reçu à nouveau la palme de meilleure organisation du circuit mondial. Carmelo Ezpeleta, patron de MOTO GP et Hervé Poncharal, président de l’association des teams, peuvent féliciter le promoteur (voir la photo).
« L’important n’est pas la course au record, c’est d’essayer de bien accueillir le public, de lui donner un bon spectacle » soulignait alors le clermontois au micro de Canal+ .Surtout, ne pas sauter au plafond !

« De la conception jusqu’aux poubelles »

Interrogé par nos confrères de L’Express il y a vingt ans, Claude Michy ne cachait pas sa façon de faire en matière d’organisation d’évènements : « je contrôle tout, de la conception… jusqu’aux poubelles » Rien ne semble avoir changé depuis et c’est sans doute
par là que passe l’efficacité. De la salle Chatrousse de Chamalières à la Maison des sports de Clermont, l’affluence du Volley se trouve multipliée par 4 ou 5 avec l’accès gratuit à tous les matchs.
« Pour se faire connaître, mieux vaut cette formule que d’avoir 400 spectateurs à 5€ l’entrée ». Le rugby féminin de l’ASM Romagnat pratiquait déjà cette politique que les handballeuses du HBCAM ont également adoptée en opérant à la Maison des sports. Volley, hand et rugby, rejoints par le Clermont Foot et l’ASM Foot féminin, sont liées par la synergie de la structure ‘’Sport Féminin and Co’’ initiée en 2020 par Claude Michy sans en être dirigeant. « Avec l’arrivée de partenaires nous venons de distribuer 120.000€ parmi ces clubs. Beaucoup d’entreprises ont du mal à choisir un sport afin de s’exposer, cette structure est pour elles une porte d’entrée. »
Au ministère des sports à Paris, les parties de chaises musicales n’empêchent pas d’observer la province… parfois : « Là-haut, on nous cite en exemple. »
Nanti de ses cinq joueuses tricolores et de ses renforts made in USA, le VBCC est remis sur les rails et devrait partager bientôt avec le HBCAM un centre de formation dans une salle dédiée à la Maison des Sports.
« Ça avance. Reste à ce que l’ASM puisse investir un peu plus sur ses filles de Romagnat. » Claude Michy ne sera sans doute pas pour rien dans le projet de ‘’Cité du Rugby’’ annoncé par la grande maison en Jaune et Bleu.

VBCC 2023-24 / Photo VBCC
VBCC 2023-24 / Photo VBCC

À propos de l'auteur

Yves Meunier

Bourbonnais originaire de Gannat où il s’est essayé au rugby sous le maillot de l’ASG pendant une douzaine d’années. Diplômé d’Etudes Supérieures en Sciences Economiques à l’Université de Clermont. Journaliste à France3 Région de 1972 à 2007. Aujourd’hui impliqué avec des amis dans une aventure viticole du côté de Saint-Emilion et toujours en prise avec le sport auvergnat au sein de l’Union des Journalistes de Sports en France.

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