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Cimetière de Crouël / Photo 7 Jours à Clermont
Photo 7 Jours à Clermont
Patrimoine Week-End

Les cimetières de Clermont sont bien plus que des espaces funéraires

Pour la Toussaint, un plan d’animations et de découvertes des cimetières de Clermont a été mis en place pour la première fois par la municipalité avec un objectif de sensibilisation des usagers au schéma funéraire.

On ne va pas bouder notre plaisir, cette année, le dérèglement climatique transforme la semaine de Toussaint en parenthèse été indien. Cette météo favorable donne l’occasion de faire du tourisme urbain et de partir à la découverte des cimetières clermontois. Loin d’un plaisir macabre, visiter ces lieux permet de se pencher sur l’histoire de la ville, de comprendre l’évolution des us et coutumes et de découvrir le rôle environnemental qu’ils peuvent jouer.

Les 4 Cimetières de Clermont, des lieux d’histoire

Le cimetière des Carmes, souvent considéré comme le Père Lachaise clermontois, est ouvert depuis 1816. C’est le plus ancien et le plus vaste de la ville, avec 8,22 hectares de superficie, 8865 concessions et 108 allées. Traversé par la rivière Tiretaine, il est essentiellement composé de tombeaux et chapelles funéraires  en pierre de lave dont le style a évolué avec l’histoire de l’art. De nombreuses personnalités locales, y demeurent ad vitam aeternam : citons notamment Georges Onslow, Henri Lecoq, Amédée Gasquet, Gilbert Gaillard ou Alexandre Varenne. Le Cimetière des Carmes est labellisé Cimetière Remarquable d’Europe depuis avril 2023.

Le cimetière de Montferrand est situé légèrement au Sud de l’emplacement de celui datant de l’époque pré-réunification des deux villes. Agrandi une première fois fin XIXe, il est impacté par la 1ère Guerre Mondiale, puisqu’un hôpital militaire s’installe dans les bâtiments de l’ancien séminaire tout proche et accueille 600 blessés, suite à la bataille de la Marne. L’hôpital se transforme durant le conflit pour être réservé aux contagieux, avec une très forte mortalité. Cela oblige l’Armée à acheter 1200 m² de terres, pour agrandir le carré militaire. En 1920, un tiers du cimetière de Montferrand est affecté aux inhumations militaires et il doit de nouveau être agrandi en 1929.

Le cimetière de Saint-Jacques sur le plateau du même nom dominant la ville, est créé en 1942. Dès la fin de la guerre 14/18, la nécessité de construire un nouveau cimetière devient impérieuse avec le développement de la ville et de l’industrie du pneu. Avant de trouver la place définitive à la limite de Beaumont, il est envisagé de construire ce troisième cimetière à Montjuzet ou Chanturgue mais finalement l’idée est abandonnée à cause de la proximité des cités Michelin. Le plateau Saint-Jacques est finalement retenu pour le cimetière aménagé entre les deux coulées basaltiques en provenance du puy de Gravenoire.

Enfin le 4e et plus récent est celui de Crouël, ouvert en 1978 pour réponde à la croissance démographique des années 70. Il possède un carré musulman. Sa particularité réside dans sa situation proche du crématorium, au pied du puy de Crouël qui n’est pas un volcan, mais d’une cheminée volcanique comportant des traces bitumes. Avant le cimetière deux campagnes de forages ont lieu en vain. L’auvergne avait des idées mais pas de pétrole.

Le schéma funéraire de Clermont

L’entretien des cimetières est une compétence municipale. La ville de Clermont a initié une politique contenu dans un schéma funéraire qui s’appuie notamment sur deux grand axes, la valorisation patrimoniale et l’évolution de la gestion dans le respect de la transition écologique. Ces deux aspects doivent cohabiter sans contradiction. La ville souhaite renforcer la présence de la nature en ville, en faisant des cimetières des “corridors écologiques” propices à la préservation et même au développement de la faune et de la flore et ce dans le plus grand respect de la mémoire. Dans une démarche globale, l’idée est de traiter les cimetières comme les jardins sans produits phytosanitaires mais avec un fauchage tardif, l’installation de récupérateurs d’eau de pluie, la mise en place de nichoirs. Cette démarche doit être accompagnée d’un volet pédagogique pour que les usagers comprennent ce qui est du ressort de la ville et celui des familles ayant des concessions, donc des obligations, comme l’entretien des tombes ou l’application des consignes de tri des déchets.

Des animations pour la Toussaint

À l’occasion de la Toussaint 2024, un plan d’animations, de sensibilisations et de découvertes pour les usagers a été mis en place pour la première fois par la ville de Clermont. Il a été conçu pour permettre d’aborder les enjeux de développement durable, de patrimoine et de deuil.
Conférence sur le deuil par l’association Re-Source de Vie, le 31 octobre à 18h30, salle Michel de l’Hospital, Hôtel de Ville et le 02 novembre à 17h à la mairie de Montferrand.
Déambulations sur la biodiversité par le CPIE, centre permanent d’initiatives pour l’environnement
le 01 novembre à 10h30 au cimetière Saint-Jacques et le 02 novembre à 14h au cimetière de Montferrand,
Démonstration sur le tri sélectif  le 02 novembre à 15h30 au cimetière de Montferrand.
Visite guidée cimetière des Carmes, par Clermont Auvergne Volcans le 03 novembre à 14h30 sur réservations.
Toutes ces animations sont gratuites à l’exception de la visite guidée du 03 novembre.

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À propos de l'auteur

Olivier Perrot

Pionnier de la Radio Libre en 1981, Olivier Perrot a été animateur et journaliste notamment sur le réseau Europe 2 avant de devenir responsable communication et événements à la Fnac. Président de Kanti sas, spécialisée dans la communication culturelle, il a décidé de se réinvestir dans l'univers des médias en participant à la création de 7jours à Clermont.

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