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photo Valentin Uta.
Edito

Les charmes rompus de la Formule 1

Rien de tel qu’un Grand-Prix de Formule 1 pour piquer du nez devant sa télévision. Cette potion, qui n'a plus rien de magique, revient sur les petits écrans dès ce week-end avec le Grand-prix d'Australie.

La F1 repart ce week-end sur le circuit de l’Albert Park à Melbourne… Ah la Formule 1, histoire d’un amour et d’un désamour. Hier passionnante, émouvante, excitante, incertaine, spectaculaire. Devenue  monotone, insipide, lénifiante, soporifique. Et parfois aux frontières du ridicule. Un ridicule qui, au contraire, du sport-automobile d’hier ne tue pas.

Même les grid girls, ces hôtesses  qui encadraient les grilles de départ, disparaissent sur l’autel de la démagogie et d’un air du temps pudibond. Ou parce que les hommes considèrent leur regard comme malsain dans une sorte de repentance organisée ou d’auto-flagellation permanente. Allez vous cacher mesdemoiselles puisque nous ne sommes pas sûrs de pouvoir nous contrôler…Il y aurait dans chaque homme un Harvey Weinstein qui sommeille.

Pas très glamour, en réalité

Cet épiphénomène est caractéristique d’une formule qui a perdu tout son charme pour ne plus répondre qu’à un business modèle. Les grid girls, donc, seront désormais remplacés par de jeunes hommes tenant des panneaux dont on espère qu’on ne les accoutrera pas de tenues moulantes !  Pas très glamour, en réalité. «Ils seront prêts des champions qui les font rêver et peut-être  deviendront-ils, dans le futur, les stars de la F1 ? » expliquent les grands ordonnateurs de la F1, apparemment satisfaits de leur dernière trouvaille. Et pourquoi les filles n’auraient-elles pas le droit de rêver aussi de piloter un jour une monoplace ?

La F1 n’aime pas les femmes

La Formule 1 n’aime plus les filles et n’a jamais tellement aimé les femmes. A part, peut-être, celles des champions des années 60-70, les Helen Stewart, Nina Rindt ou Barbrö Peterson, dont on se souvient qu’elles chronométraient leur mari dans un mélange de dévotion et d’angoisse permanente. Lella Lombardi ou Maria Teresa De Filippis, pionnières au volant, n’ont guère fait tremblé leurs homologues masculins…

La F1 n’aime plus les filles. Mais elle a l’outrecuidance de se vouloir encore un grand spectacle aux confins du sport et de la très haute technologie. En ce qui concerne la technologie, nul ne pourra lui nier ce caractère. Ce sont des sommes astronomiques qui sont dépensées pour concevoir les monoplaces, les réaliser, les développer.

Mais l’aspect sportif est plus discutable, désormais. Les F1 modernes, bourrées d’électronique, ressemblent davantage à des laboratoires roulants qu’à de véritables bêtes de course, brutales et rebelles. Et les pilotes se transforment en ingénieurs et en vidéo gamers sur des circuits sans âme, dotés d’immenses dégagements où il est pratiquement impossible de dépasser… Et où tout risque est définitivement banni.

Un feuilleton peu passionnant

Le principal adversaire d’un pilote de F1 est désormais son propre coéquipier, le seul avec qui il peut se mesurer à armes (à peu près) égales. Dès lors, comment juger des performances de Lewis Hamilton qui vient de s’adjuger le titre de champion du monde ? Ces dernières années, il n’a eu à devancer que Nico Rosberg et Valtteri Bottas puisque Mercedes régnait en maître absolu, envers et contre tous. La F1 moderne ne cesse d’essaimer : davantage de Grand-Prix au calendrier, plus de droits télé, plus de business… Un feuilleton feuilletonnant, un peu partout sur la planète, dont les épisodes sont tellement prévisibles qu’on pourrait, à l’avance, en écrire l’indigent scénario.

À propos de l'auteur

Marc François

Marc François

A débuté le métier de journaliste parallèlement sur une radio libre et en presse écrite dans les années 80. Correspondant de plusieurs médias nationaux, rédacteur en chef de l’hebdomadaire Info Magazine (Clermont, Limoges, Allier) pendant 9 ans, il a présidé le Club de la Presse Clermont-Auvergne entre 2009 et 2013. Il est l’initiateur de 7 Jours à Clermont.

1 Commentaire

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  • Salut MARCO la F1 est un laboratoire de technologie , l’automobiliste de basse en récolte le résultat anti patinage structure déformante injection Electronique et tout et tout ….. les ecolos freinent avec les pieds !!! moi j’aime le son du moteur qui en veut et les Filles !!! vroum vroum a bientôt MARCO bises

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