Accueil » Patrimoine » Le chantier s’achève dans la rue des Chaussetiers
Nouveaux pavements de granit et de basalte rue des Chaussetiers. ©A.Staiger
Jeudi Patrimoine

Le chantier s’achève dans la rue des Chaussetiers

Les derniers pavements sont peaufinés dans l'étroite rue du centre historique. Après onze mois d'intenses travaux, la rue des Chaussetiers rouvre enfin dans sa totalité.

Sa réfection en zone piétonne remontait aux années 70. Depuis, la rue des Chaussetiers attendait sa remise en valeur, à la surface comme pour les nombreux réseaux souterrains. Sous nos pieds, du gaz, de l’électricité, de l’éclairage public, de l’eau, de l’assainissement, du cuivre pour le téléphone ou quelquefois la fibre optique.

Moderniser les réseaux

« Cette rue devenait prioritaire pour changer les réseaux, ils ont une durée de vie entre 50 et 60 ans » affirme Monique Bonnet, adjointe à l’espace public et à l’embellissement de la ville de Clermont-Ferrand. Chaque année, la ville estime devoir remplacer entre 10 et 12 km parmi ses 420 kilomètres de réseaux enterrés. « Il s’agissait aussi de faire disparaître les derniers branchements en plomb qui pouvaient subsister » ajoute Monique Bonnet, évoquant une échéance d’ici 2020.

La métamorphose a débuté le 15 janvier 2017. Une première phase a été effectuée sur tous les réseaux, comprenant aussi la rue de l’Ancien-Poids-de-Ville et l’impasse des Chaussetiers. Les travaux ont ensuite évolué en deux tranches du haut de la rue jusqu’en bas. Le revêtement est terminé sur la partie haute depuis juin.

Le défi était de taille, étant donnée l’exigüité du passage et l’intervention au contact des fondations de bâtiments très anciens. « Il fallait aussi tenir compte des nombreuses caves. Lorsqu’on creuse, on peut avoir des surprises » précise Monique Bonnet. Mais les fouilles préalables ont permis de les éviter. La rue des Chaussetiers est enfin une artère touristique, abritant des commerces de toutes sortes. Et forcément, l’accès était plus compliqué.

Du côté des commerces

« Nous avons eu une réunion avant les travaux où l’on nous a présenté le calendrier » raconte Dominique Dubreuil, gérante d’Argile Créations et établie ici, sur la partie haute de la rue, depuis 37 ans. « Ça a été très bien mené, nous avons été rassurés et les ouvriers ont été à l’écoute. Mais durant la phase de pavement, à la fin, il n’y avait plus de passage. J’ai donc donné des cours de poterie ». Néanmoins, la commerçante a enregistré une baisse de son chiffre d’affaires, tout comme Jérôme Debize, qui tient la boutique Comme chez Mémé, à quelques pas. Il a fait appel à une aide d’indemnisation amiable procurée par la mairie. « J’ai pu m’adapter. Puis l’on s’est réappropriés la rue. Ça lui donne de la valeur maintenant, ça l’éclaircit. »

Désormais, des pavés de granit – et de basalte pour les bordures – ont remplacé les traditionnels pavés auto-bloquants. Ces matériaux, plus lisses et antidérapants, répondent aux exigences d’accessibilité des espaces publics pour les personnes à mobilité réduite, les poussettes, etc. « J’ai connu la rue des Chaussetiers dans beaucoup d’états différents » se souvient Dominique Dubreuil. « Elle était sombre, avec un vieux bitume cassé et rebouché. Aujourd’hui, on a l’impression qu’elle est plus large ».

À propos de l'auteur

Aurore Staiger

Aurore Staiger

Journaliste indépendante en presse magazine régionale et nationale, en Auvergne et à l'étranger. Anciennement journaliste en télévision locale. Ecrit des reportages de société, géographie, environnement, découverte, histoire et patrimoine. Réalisatrice du documentaire Les nouveaux guerriers Sikhs.

Commenter

Cliquez ici pour commenter

Sponsorisé

Les infos dans votre boite