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Julien Cabanne est secrétaire régional CGT cheminots depuis juin 2013.
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La CGT s’inquiète de l’avenir des petites lignes en Auvergne

Ce jeudi 22 mars, les cheminots participeront à une manifestation nationale à Paris. Une forte mobilisation est prévue et pourrait mener à un conflit social de grande ampleur à la SNCF. Julien Cabanne, secrétaire régional CGT cheminots depuis 2013, répond aux questions de 7 Jours à Clermont.

7 jours à Clermont : Comment avez-vous perçu le rapport Spinetta?

Julien Cabanne : Le rapport Spinetta n’a pas fait l’objet d’une énorme surprise, dans le sens où il a été commandé par un gouvernement et une direction SNCF dont on connaissait les intentions. En revanche c’est la confirmation de la continuité de la casse du service public SNCF et surtout pour des régions comme les nôtres, c’est l’annonce de la quasi disparition du mode ferroviaire pour se déplacer dans le Massif Central et au-delà.

7 JAC : Qu’est-ce qui pourrait changer ici en Auvergne?

JC : Ce qui pourrait se produire, c’est la fermeture des lignes. La plupart des dites petites lignes constitue 70 à 80% du réseau d’Auvergne. A terme, il pourrait rester Clermont-Issoire, Clermont-Paris et Clermont-Lyon. Ce serait catastrophique. Cela signifie aussi que l’on a complètement abandonné l’idée de faire du report modal de la route vers le rail, pour les voyageurs et les marchandises également. On ne se donne ainsi pas les moyens de maintenir l’industrie en Auvergne. On condamne les emplois actuels et les emplois induits. Ça pose la question de la sincérité envers les engagements environnementaux comme la Cop 21.

7 JAC : Malgré tout, une réforme de la SNCF n’est-elle pas nécessaire?

JC: Cela fait plusieurs années que l’on porte un voire plusieurs projets alternatifs pour réformer la SNCF. Aujourd’hui il faut absolument réformer l’entreprise. La situation actuelle n’est absolument pas convenable. D’abord, le transport des voyageurs ne se révèle pas du tout satisfaisant. L’offre proposée ne correspond pas aux besoins des usagers, ce qui les pousse à prendre la voiture plutôt que le train, avec des tarifs pas toujours attractifs. Pour les marchandises c’est la même chose. Depuis la libéralisation du secteur fret, on a divisé par deux le nombre de marchandises transportées par le rail. Nous avons des propositions pour réformer la SNCF. A contre-courant de ce qui est proposé dans le rapport Spinetta. Nous avons un projet positif et de développement alors que le leur est un projet négatif et de retrait.

7 JAC : Que va-t-il se passer le 22 mars?

JC : Il y aura une manifestation nationale des cheminots mais pas de grève. Elle portera le contre-projet écrit par la CGT cheminots. À Clermont-Ferrand, le 22 mars, aura lieu une manifestation interprofessionnelle. Les cheminots iront manifester à Paris. On attend une grosse mobilisation.

7 JAC : De nombreux fantasmes entourent le statut des cheminots. Quelles vérités souhaiteriez-vous rétablir ici?

JC : Le statut des cheminots permet de faire du chemin de fer beaucoup moins cher que si c’était le privé. On connaît des exemples de privatisation notamment dans l’entretien et les travaux sur les voies. Cela coûte 2 à 3 fois plus cher que du travail exécuté par des cheminots. Le statut n’est pas un coût mais un avantage. Il n’y a pas d’avantages démesurés comme certains seraient tentés de le croire. Le statut répond à une convention collective. Elle est adaptée au milieu ferroviaire, aux exigences de sécurité, à la continuité du service public 365 jours par an et à la pénibilité du métier.

 

 

À propos de l'auteur

Catherine Lopes

Catherine Lopes

Journaliste diplômée de l’Ecole de Journalisme et de Communication de Marseille, Catherine arrive en Auvergne en 2006 et fait ses armes sur Clermont Première. Après plusieurs années de collaboration,  elle découvre ensuite le monde de la pige et travaille pour plusieurs sociétés de production. Elle écrit aussi pour le web et fait de la radio. Véritable touche à tout, Catherine aime avant tout raconter des histoires.

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