Le cavalier à l’anguipède est de retour au musée Bargoin. Acquise lors d’une vente aux enchères en 2018, cette œuvre antique du IIe siècle, a fait l’objet d’études et d’une restauration au Centre de recherche et de restauration des musées de France à Paris. L’État et la Région AuRa ont contribué au financement à hauteur de dix-mille euros. Elle sera présentée gratuitement au public à partir du vendredi 14 mars 2025.
Marie Bèche-Wittmann, directrice du musée Bargoin, revient sur la restauration de cette sculpture gallo-romaine. L’occasion également d’en apprendre davantage sur l’ œuvre, le travail de restauration et l’avenir du musée.
“Le cavalier, une oeuvre unique en son genre”
7 Jours à Clermont : Que pouvez vous nous dire de cette œuvre restaurée ?
Marie Bèche-Wittmann : C’est une œuvre monumentale, de la période gallo-romaine, datée de la fin du IIe siècle voire début du IIIe siècle. On trouve rarement des objets de grande taille. Ici c’est un groupe sculpté représentant un cavalier, le dieu Jupiter à cheval cabré, terrassant un monstre anguipède, c’est-à-dire un monstre dont les membres inférieurs se terminent par des serpents.
7JàC : Est-ce une restauration qui a nécessité beaucoup de temps ?
M. B-W : C’est un gros travail nécessitant deux ans de restauration puisque c’est une œuvre qui a été découverte fortuitement en 1849 et depuis ce temps-là, elle a subi plein de dommages et aussi des restaurations amateurs. Et donc, non seulement certains éléments de ce cavalier n’étaient pas placés au bon endroit. Mais aussi des rajouts et plein d’altérations dues aux restaurations, elles-mêmes vieillissantes, ont été retrouvés comme des goujons en fer qui font exploser la pierre, ou encore des résines polyesters abîmant l’œuvre. Donc le cavalier a été entièrement démonté, dérestauré, ensuite recollé, restauré et nettoyé.
7JàC : Une dizaine de cavaliers anguipèdes sont présents en Auvergne, pourquoi acquérir et restaurer celui-ci ?
M. B-W : On a acquis celui-ci car il est l’un des plus grands et plus aboutis en termes stylistiques. Il a vraiment été sculpté très finement et a des influences italiques, hellénistiques orientales et gallo-romaines donc il est vraiment intéressant pour ça. De plus, il figure parmi les cavaliers en très bon état. Là, on a les trois personnages présents et reconnaissables : le cavalier, le cheval et le monstre.
“Des restaurations au quotidien”
7JàC : On parle de cette restauration mais ce n’est pas la seule qu’organise le musée, pouvez-vous nous en dire plus ?
M. B-W : On en fait chaque année : on fait pas mal de lots de restauration. Parfois on en envoie une centaine en même temps en restauration. On a déjà restauré d’autres œuvres avec le Centre de Recherche et de Restauration des musées de France, notamment un plat gallo-romain aussi, en bronze, plaqué d’argent. Et puis chaque année, on restaure également de la céramique, de la sculpture. Cette année, on va faire du nettoyage de sculpture, d’éléments lapidaires. En architecture, on appelle la pierre sculptée, le lapidaire.
“Le musée Bargoin en transition”
7JàC : Quel avenir pour le cavalier au sein du musée ? Va-t-il rejoindre le nouveau centre de conservation ?
M. B-W : Le musée Bargoin est actuellement en phase de transition puisqu’il est partiellement fermé. Nous n’avons que la salle du sanctuaire de la source des roches qui est ouverte et le hall. Voilà pourquoi, la présentation de ce cavalier est réalisée dans le hall. À terme, il sera présenté dans le nouveau parcours permanent du musée. Enfin, au moment de la fermeture du musée pour travaux, le cavalier à l’anguipède va rejoindre le centre de conservation des musées métropolitains, en construction à Clermont.
Statue du cavalier anguipède, hall du Musée Bargoin – 45 rue Ballainvilliers – Gratuit et accès libre.













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