Plusieurs Intercités de la ligne Clermont et Paris ont été supprimés ces derniers jours et les annulations pourraient bien être encore de mise en ce début de semaine du 15 août. Situation identique sur les lignes Paris-Orléans-Limoges-Toulouse ou encore d’autres lignes transversales dites TET, trains d’équilibre du territoire. Point commun entre toute ces lignes, le matériel utilisé : les voitures Corail datant des années 70.
Craignant des pannes des systèmes de climatisation durant les épisodes de canicule, la SNCF préfère annuler les trains, plutôt que de laisser “rôtir” les passagers en cas d’avaries.
Les syndicats dénoncent la situation rappelant, une fois de plus, que les usagers paient le sous-investissement et la politique TGV qui a conduit à un véritable abandon des lignes non concernées par la grande vitesse. De sont côté la SNCF affirme que les systèmes de climatisation des voitures sont correctement entretenus mais qu’ils n’ont pas été conçus pour répondre aux épisodes de températures extrêmes désormais constatés.
Si la situation est perturbante et agaçante car la chaleur s’ajoute à de nombreux autres problèmes de vétusté du matériel, on peut, pour une fois, accorder des circonstances atténuantes à la SNCF qui n’est pas l’entreprise qui contribue le plus au réchauffement climatique. Depuis la fin de la vapeur et la réduction du diesel, son bilan carbone est même plutôt meilleur que les autres acteurs carbonés du secteur des transports.
Dilatation des métaux
Les syndicats peuvent reprocher, à juste titre, le sous-investissement et le manque d’anticipation de la SNCF, mais le problème ne se limite pas au matériel roulant. En fait c’est le réseau tout entier qui est “victime” de la canicule, car la chaleur élevée crée un phénomène de dilatation des métaux.
Les rails risquent donc se déformer générant des déraillements. Les câbles d’alimentation peuvent aussi se détendre avec formation de vagues au passage des motrices et possibilité d’arcs électriques, sans parler des moteurs des machines sujets à élévation de leur température maximale d’utilisation. Rappelons qu’en dehors des lignes grande vitesse, la conception des infrastructures est très ancienne et que la fameuse régénération des lignes ne sera pas terminée de si tôt.
Il ne reste plus qu’à espérer des épisodes de canicule moins fréquents et moins extrêmes, mais les prévisionnistes météo ne sont pas très rassurants. Vivement l’automne, les températures seront de nouveau tolérables mais surviendra alors le terrible problème des feuille mortes sur les voies…












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