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Pôle de valorisation Vernéa / Photo VALTOM
Pôle de valorisation Vernéa / Photo VALTOM
Innovation

Première en Europe : le VALTOM injecte du biogaz produit par des déchets, dans le réseau GrDF

Depuis le mois de décembre avec Waga énergies, le VALTOM injecte du biogaz dans le réseau GrDF, produit à partir de déchets traités sur le pôle de valorisation Vernéa, dans le quartier Beaulieu. Cette première en Europe est le résultat de 4 ans de concertation.

La guerre en Ukraine a montré combien il était important pour un pays de ne pas dépendre des importations de gaz et de trouver des solutions alternatives pour garantir une souveraineté énergétique. Le VALTOM, (collectivité publique en charge de la valorisation et du traitement des déchets ménagers du Puy-de-Dôme et du Nord de la Haute-Loire) et son partenaire, Waga Energy, viennent d’ouvrir une voie nouvelle vers cette souveraineté avec l’injection dans le réseau GrDF, de biogaz produit sur le territoire. L’injection qui a débuté le 18 décembre dernier, est tout simplement une première en Europe. Elle permet l’alimentation de foyers et d’entreprises du territoire, mais aussi la station d’avitaillement en carburants alternatifs de « Gandaillat ».

Une production de biogaz à partir de déchets

Le tri des déchets de plus en plus sélectif, permet aujourd’hui de mettre en oeuvre la fameuse maxime Nos déchets sont une ressource. En effet, c’est à partir des biodéchets collectés (épluchures, restes de repas, déchets verts) que le pôle Vernéa produit du gaz, grâce à son usine de méthanisation. Il en produit également en récupérant le méthane émis par les tonnes de déchets qui ont été enfouis depuis de nombreuses années sur le site de stockage de Puy-Long à l’EST de Clermont.
Ce biogaz du site était auparavant valorisé sous forme d’électricité et celui de l’usine de méthanisation alimentait l’incinérateur*.
L’unité mise en fonction, peut fournir annuellement jusqu’à 15 GWh de biométhane, l’équivalent de la consommation d’environ 2 000 foyers ou d’une soixantaine de bus roulant au BioGNV. En substituant du biométhane au gaz naturel fossile et en réduisant les émissions de gaz à effet de serre, elle évite également  l’émission d’environ 2 500 tonnes d’équivalent CO2 par an.

4 années de démarches

Le fait d’avoir deux sources différentes conduit à la création d’un gaz hybride dont l’exploitation n’était pas prévu réglementairement. « La mise en service de ce dispositif innovant, unique en Europe, est l’aboutissement de quatre années de concertation avec les services de l’État » rappelle Laurent Battut, le président du VALTOM qui a du montrer beaucoup de détermination et se faire épauler par la Préfecture du Puy-de-Dôme pour pouvoir déployer un système qui bénéficie au final à de nombreux habitants. Cet épisode montre les difficultés administratives parfois rencontrées dès que l’on sort d’un cadre alors qu’au contraire il serait judicieux de simplifier, quand il s’agit de travailler pour une transition plus qu’urgente.
D’un point de vue technique, le VALTOM est accompagné par Waga énergies une entreprise rhônalpine basée dans la banlieue de Grenoble spécialisée dans la transformation du gaz issu des déchets en biométhane via la WAGABOX®, une technologie, issue de 15 ans de recherches, qui apporte une solution compétitive pour remplacer le gaz fossile.

Un projet à 3,5 millions d’euros

Le projet d’injection du biogaz a nécessité un investissement de 3,5 millions d’euros, que le VALTOM a financé conjointement avec Waga Energy, via une société commune baptisée « VALTOM Énergie Biométhane » qui perçoit désormais les revenus générés par la vente du biométhane. L’Ademe a subventionné le projet à hauteur de 339 000 € et la Caisse des Dépôts a contribué à hauteur de 60 000 € issus du programme de développement urbain ÉcoCité. Pour sensibiliser les habitants et les encourager à participer activement à la transition écologique, un financement participatif avait également été lancé au printemps 2024 permettant de rassembler 180 000 €.

*L’incinérateur qui avait déclenché tant de polémiques dans les années 90, sert aujourd’hui à faire disparaître les déchets impossible à valoriser tout en produisant de la chaleur qui chemine via les réseaux, vers les radiateurs de logements sociaux et de bâtiments publics de la métropole clermontoise.

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À propos de l'auteur

Olivier Perrot

Pionnier de la Radio Libre en 1981, Olivier Perrot a été animateur et journaliste notamment sur le réseau Europe 2 avant de devenir responsable communication et événements à la Fnac. Président de Kanti sas, spécialisée dans la communication culturelle, il a décidé de se réinvestir dans l'univers des médias en participant à la création de 7jours à Clermont.

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