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Béatrice Masselot dans son atelier-boutique rue Abbé Girard.
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Béatrice Masselot : de l’upcycling poétique

Béatrice Masselot explore le champ des possibles de la création. Ses réalisations, cadres, impressions, lampes, sculptures sont le fruit d’expérimentations plastiques en termes de procédés de fabrication.

C’est dans une boutique éphémère de Riom que nous avons découvert les installations de Béatrice Masselot. En plein cœur de Clermont, nous la retrouvons dans son atelier-boutique 22 rue Abbé Girard qu’elle partage avec le sculpteur Pierre Berger. « La nature est pour moi une source d’inspiration. J’aime marcher dans les forêts, au bord des lacs. J’en rapporte du bois flotté, de la mousse, des fleurs qui vont m’inspirer des formes » souligne la créatrice. Petite Béa, comme ses amis l’appellent affectueusement, est particulièrement touchée par le monde sylvestre qui représente pour elle le refuge du vivant, ce qui échappe à l’empreinte humaine et lui survivra.

Un travail minutieux

Cadres, sculptures en bois, quelques exemples du travail de la créatrice.

Béatrice Masselot expérimente divers procédés, pariant sur l’aléatoire. Elle réalise dans d’anciens cadres chinés des compositions avec des fleurs réalisées à base de coquillages. Le tout nécessite un travail minutieux car le moindre faux pas peut casser le coquillage. Ses fleurs semblent fragiles suspendues sur leurs longues tiges mais il n’en est rien car les matériaux retenus sont très solides. Béatrice ne choisit que ce qu’il y a de mieux, les peintures de ces cadres sont signées du fabricant anglais Farraw and Ball, une référence dans la décoration.

Dans sa première vie, Béatrice Masselot aménageait des bureaux, des locaux professionnels. Elle n’imaginait pas un jour tout lâcher pour se consacrer à la création. Mais, elle était déjà sensible aux matières. « J’avais suivi un cours de sculpture monumentale avec Yves Guérin à Riom. J’aimais entrer dans la matière, la terre, le métal » se souvient-elle. Les premiers jalons étaient posés. Béatrice créait des pièces décoratives le soir après son travail. En décembre 2015, elle exposait pour la première fois à La Puce à l’oreille à Riom et faisait deux rencontres déterminantes : les sculpteurs Pierre Berger et Valérie Jouandon.

C’est la nature qui lui inspire toutes sortes de formes.

Pratique émergente

Partageant la même vision de l’art, le trio défend l’upcycling, une pratique émergente qui consiste à récupérer des objets dont on ne se sert plus en vue de les revaloriser pour avoir une plus-value esthétique, où comment faire du neuf avec du vieux. Il expose à Clermont en octobre 2016 et reçoit un accueil extraordinaire. La passion prend alors le pas. Avec Pierre Berger, Béatrice cherche un lieu permanent, un atelier ouvert au public. Ensemble, ils jettent leur dévolu sur une ancienne pizzeria. Après plusieurs semaines de travaux, ils redonnent une âme à ce lieu grâce à leur esprit créatif.

C’est dans cet atelier que Béatrice travaille ses nouvelles sculptures à base de bois flotté. Elle utilise une technique japonaise qui consiste à brûler le bois au chalumeau pour renforcer son aspect brut. Elle gratte ensuite la surface pour mettre en avant les sillons du bois, avant de le vernir. Elle dépose ensuite des fleurs en laiton, comme annonciatrice d’une vie qui reprend, d’une renaissance. Elle trouve le juste équilibre qui confère à chaque pièce beaucoup de poésie. Ses pièces plaisent beaucoup, à tel point qu’elle souhaite faire des sculptures de taille plus imposante.

« On me demande de plus en plus de pièces uniques, à la commande » se réjouit-elle. Bientôt, Béatrice Masselot partira pour une nouvelle fête des plantes où elle présentera son travail qui est aussi à découvrir sur son compte Instagram : littlebea_creation.

À propos de l'auteur

Véronique Feuerstein

Véronique Feuerstein

Diplômée en histoire de l’art, Véronique Feuerstein a deux passions : le patrimoine et l’économie. Après un début de carrière au quotidien l’Eveil de la Haute-Loire au Puy-en-Velay, elle a collaboré au magazine de territoire Massif central puis est devenue rédactrice en chef de Massif-central entreprendre pendant neuf ans. Elle a ensuite participé au lancement d’un nouveau média : la Montagne entreprendre, appartenant au groupe Centre France.

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