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Un coach et sa Présidente qui regarde dans le même sens.
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Atman Toubani : l’envie de nouveaux projets

Alors que le VBC Chamalières est proche d’assurer son maintien dans l’élite du volley-ball féminin, Atman Toubani se livre en exclusivité, pour 7 jours à Clermont, sur l’actualité de son club de cœur. Au moment d’accueillir Mulhouse, ce mardi soir au gymnase Chatrousse (20h), le coach monte une fois encore au filet, avec toujours autant d’ambition(s) …

7 Jours à Clermont : Cet été, le club a connu des incertitudes et vous avez même hésité à le quitter. Pas de regret d’être finalement resté ?

Atman Toubani : Je regrette surtout la manière dont les choses se sont finalement terminées avec le club de Paris-Saint-Cloud, car je n’aime pas revenir sur un accord, qui était quasiment scellé. Le projet était intéressant, avec les Jeux Olympiques de Paris 2024 en ligne de mire mais, avec le recul et avec honnêteté, je pense que nous avons pris avec Mylène (son épouse et présidente du club) la meilleure décision possible, tant pour notre famille que pour notre travail avec le VBCC, engagé depuis déjà 18 ans. J’avais la volonté de finir d’écrire cette histoire à Chamalières et l’arrivée d’une nouvelle équipe dirigeante m’a donné envie de me remettre en question et de continuer à apporter ma pierre à l’édifice, pour faire grandir mon club de cœur. Depuis quelques temps, j’avais l’impression de stagner et peut être même de régresser un peu dans mon approche de la gestion de l’équipe. Cette nouvelle mandature m’a aussi permis de me remotiver ! 

Claude Michy- photo B.Cherasse.

7JC : Est-ce l’arrivée de Claude Michy qui a été décisive dans votre choix de continuer avec le VBCC ?

A.T. :  On ne m‘a pas donné forcément l’impression de me retenir vraiment, alors que Mylène avait déjà fait le choix de se retirer de la présidence. Je ne voulais pas être un frein pour l’évolution du club, qui semblait se diriger vers un nouveau projet peut-être plus stable mais moins ambitieux. L’arrivée de Claude Michy dans la nouvelle équipe dirigeante nous a donné à tous de nouveaux objectifs. C’est une forme de pression nouvelle qui existe sur l’ensemble du club qui doit nous permettre d’emmener le VBCC plus haut dans le futur. 

7JC : Qu’a-t’il concrètement apporté au club pour finalement vous donner envie de repartir ?

A.T. :  Quand on est revenu sur notre décision de partir et que Claude Michy a pris la décision de nous rejoindre, pour nous sauver d’une certaine façon, on s’est retrouvé dans la pire situation possible ! Nous n’avions plus de joueuses sous contrat et il était urgent de construire une équipe pour la nouvelle saison. Concrètement, Claude a apporté son expérience du haut niveau et son professionnalisme pour aborder cette période d’incertitude avec une certaine sérénité. À tous les étages du club son apport s’est immédiatement ressenti, en particulier sur le côté humain de la gestion d’un club sportif. 

7JC : Il a alors fallu préparer une nouvelle saison en un temps record, comment avez-vous fait pour être prêt ?

A.T. :  J’avais déjà engagé une campagne de recrutement pour mon éventuel nouveau club et il était hors de question de profiter de ce travail pour le compte de Chamalières. Dès lors, on a repris le travail. Notre joueuse emblématique, Christelle Tchoudjang-Nana, a finalement eu envie également de poursuivre l’aventure à Chamalières et on a activé les réseaux pour rapidement mettre en place une équipe compétitive autour d’elle.

« Claude Michy a apporté un coté professionnel et très humain à la gestion du club. »

7JC : Vous avez pu construire un effectif un peu plus large que les saisons précédentes, parlez-nous en ?

A.T. : Notre point fort c’est le recrutement ! Avec les moyens qui sont les nôtres, en commençant au moins de juin qui plus est, on a toujours réussi à trouver des joueuses de talent et adaptées au plus haut niveau, à l’image de l’américaine Léah Hardemann, une très belle révélation. On a prouvé  maintes fois qu’on pouvait mettre en place une équipe cohérente, avec des joueuses pas toujours très connues au niveau de la Ligue A féminine. Nous avons ainsi mis à disposition du club un effectif de 12 joueuses (dont 11 joueuses professionnelles). J’avais perdu l’habitude d’avoir autant de joueuses à l’entrainement comme en match, c’était un peu déconcertant au début et je me suis un peu cherché pour trouver les bonnes solutions. 

7JC : Un effectif armé pour rivaliser dans le championnat de Ligue A, avec des résultats conformes à vos attentes sur cette première moitié de saison ?

A.T. : « Un coach n’est jamais content et en veut toujours plus ! On ne peut pas être satisfait à 100%, nous avons ainsi perdu des points précieux sur certains matchs en début de saison. Mais quand on regarde le classement, on est là où on veut être (11e place synonyme de maintien). Néanmoins, je ressens tout de même une certaine frustration dans l’équipe sur certains de nos résultats. Nous sommes enfin parvenus à remporter des matchs à domicile mais, jamais, nous n’avons réussi à enchaîner trois victoires de suite en Ligue A. On sait qu’on a un profil différent à domicile où à l’extérieur, et moi-même je dois aussi me remettre en question pour aborder ces rencontres à la maison de manière plus positive à l’avenir. Cette remise en question doit être permanente et si j’ai réussi depuis 18 ans ici, je le dois à cet principe et à la notion de plaisir. »

7JC : Une première victoire tant espérée à domicile mais aussi des succès probants sur des équipes réputées, Chamalières est-il en train de s’installer définitivement dans l’élite ?

A.T. : « Je suis personnellement plus libéré sur mon avenir, puisque pour la première fois j’ai signé un nouveau contrat avec l’objectif de m’inscrire dans la durée. Avec cette remise en question et en prenant à nouveau beaucoup de plaisir, il est, à priori, plus facile d’atteindre les objectifs. Je ne donnais peut-être plus assez d’ondes positives non plus pour tirer le club vers le haut. Ce nouvel élan nous est bénéfique à tous, à moi le premier, et on a cette envie de s’installer durablement dans l’élite, on l’espère plus tôt que les saisons précédentes, pour déjà appréhender la future saison. 

“Le maintien, le plus tôt possible”

Atman Toubani.
Photo: Bruno Courteix

7JC: Pour cette seconde moitié de saison, quelles sont donc vos ambitions ?

A.T. :  Clairement, assurer ce maintien et le plus rapidement possible ! Comme je le disais auparavant, un maintien assuré nous permettrait, pour la première fois, de réfléchir à la saison prochaine, dès le mois de février. On est pour le moment dans la position de l’équipe de Quimper l’an passé, qui avait fini par descendre… Tout le monde est encore en course pour se maintenir et on ne doit pas se sentir intouchable malgré nos 10 points d’avance sur le premier relégable. On a encore trois matchs à aller chercher pour un objectif minimum et pourquoi pas rêver d’un peu mieux ensuite, avec la 8e place qualificative pour les play-offs… Mais on reste aussi lucide sur nos possibilités ! 

7JC : Le maintien en bonne voie, évoquons aussi l’avenir ! L’arrivée de Claude Michy va-t-elle donner une nouvelle dimension au club, comme à son entraîneur ?

A.T. :  Avec ce nouvel élan, on a vraiment envie de continuer à faire grandir le club. Toucher aux phases-finales, en lorgnant la 8e place d’abord, puis pourquoi pas se qualifier pour une coupe d’Europe ensuite, en terminant dans le Top 5. On est sur un nouveau mode de fonctionnement où le staff sportif et les dirigeants se partagent la pression. On espère dans le futur pouvoir étoffer le staff technique. Mon contrat s’arrête fin juin, mais j’ai des signes forts qui me laissent penser qu’on peut déjà travailler et, peu à peu, préparer la saison prochaine. Depuis déjà 4 ou 5 ans, je ne suis plus le « Guy Roux » qui gère le club de manière omnipotente et avec de meilleurs résultats, c’est souvent plus simple de savoir se remettre en question. Auparavant on me qualifiait de « Caliméro », aujourd’hui, on ne me dit pas toujours oui, mais au moins j’ai des réponses claires et précises. 

7J : Avec toujours un couple solide pour gérer les destinées du club ou bien l’envie de découvrir autre chose ?

A.T. : S’il devait arriver une proposition pour un projet d’envergure dans le futur, j’écouterais bien sûr, mais il y a très peu de chance que je l’accepte, car Mylène comme moi, nous avons les deux pieds bien ancrés dans le nouveau projet local. En revanche et pour tout vous dire, j’ai l’ambition de prendre en main prochainement une sélection nationale en parallèle de mon travail au VBCC. C’est un double projet que je souhaite mener dans l’avenir, qui pourrait également être profitable à notre club. En tous cas, et sans révéler totalement les choses dès aujourd’hui, on a déjà pas mal évolué sur la mise en œuvre de ce double projet …

VBC-Chamalières – Mulhouse, match en retard de la 15e journée de Ligue A féminine, mardi 4 février à partir de 20h au gymnase Chatrousse de Chamalières. Pour plus d’informations et pour la billetterie: www.volley-ball-chamalieres.fr

 

 

À propos de l'auteur

Julien 0ury

Julien 0ury

Journaliste-commentateur sportif dans des médias nationaux comme Eurosport, Sud Radio ou encore Rugbyrama.fr, c'est un ancien sportif qui a choisi de vivre sa passion jusqu'au bout. Amoureux de sa région, il a la volonté de présenter le sport à travers ses émotions. Diplômé de l'école de journalisme de proximité de Vichy, il souhaite mettre en avant la qualité du travail des clubs sportifs locaux afin de faire connaitre les hommes et femmes qui se battent pour faire perdurer l'activité sportive pour tous.

1 Commentaire

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  • Nous ne sommes jamais totalement à l’abri de surprises que peut nous réserver notre entraineur favori, En plus d’être un passionné discret – bon évidemment, il y a bien eu cette chaise cassée en plein match la saison dernière – il est plein de ressources.
    Un garçon attachant et surtout un grand compétiteur. Nul doute qu’il sera mettre toute son énergie au service de ce groupe d’internationaux/ales.
    Enfin, on espère quand même que sa mission première sera de faire grandir les Panthères actuelles pour encore quelques saisons.

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