L’un des rares privilèges de la retraite est de pouvoir moduler ses « vacances », choisir ses départs, pour peu que les finances le permettent. Ne pas suivre le troupeau, ne pas se fondre dans la masse, ne pas se jeter dans les bouchons, éviter la cohue, fuir la foule d’août. Préférer la douceur de mai ou les nuances de septembre à la fournaise du cœur de l’été pour lever les voiles et mettre le cap vers ailleurs. Là où la silhouette du puy de Dôme ne se découpe pas à l’horizon.
Cette latitude conduit inévitablement à vivre les chaudes journées d’août entre les murs de la ville. Une cité différente, toutefois, apaisée, clairsemée, moins pressée, débarrassée des soubresauts de la circulation massive, privée de quelques visages familiers et de certaines habitudes.
Flâneries
Clermont au mois d’août n’a certes pas inspiré un long métrage à Pierre Granier-Deferre et suscité une chanson interprétée par Charles Aznavour. « Balayé par septembre/ Notre amour d’un été/ Tristement se démembre/ Et se meurt au passé… »
Reste que cette séquence estivale constitue le moment idéal pour flâner dans ses rues, en redécouvrir les ruelles ombragées du plateau central, parcourir l’attachant quartier de Saint-Alyre, se détendre sur les placettes, comme celles du Mazet ou du Changil, admirer certains édifices voire errer entre les villas cossues de Chamalières jusqu’à Royat et son architecture « Belle Epoque », témoin d’un thermalisme triomphant.
Portes closes
Au mois d’août, il est éloquent de constater combien il y a de boutiques fermées dès lors que l’on s’éloigne un peu du plein centre-ville. Je cherchais ainsi récemment un journal pour accompagner un café matinal et il m’a fallu faire preuve de persévérance pour trouver enfin un buraliste ouvert. Rare et donc précieux … Preuve définitive que Clermont n’est pas une ville touristique malgré les atouts naturels qui l’entourent et certains discours institutionnels très convenus.
Quand septembre sera venu, nous n’y penserons plus.
Marc François











Commenter