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Marc François.
Photo Fanny Reynaud.
Edito

Un danger peut en cacher un autre

A quoi joue la Corée du Nord en lançant régulièrement des missiles ? Et si le plus grand péril planétaire venait d’Asie plus encore que de la Russie de Poutine ?

La Corée du Nord est ce pays étrange qui fait frémir et suscite des fantasmes. Un pays en vase-clos qui- en fin de compte- refuse de marcher dans les pas rythmés de la mondialisation et de prendre son ticket dans le grand marché planétaire où rares sont les têtes qui dépassent. Pour cette insolence, on pourrait  lui accorder quelque satisfecit et lui reconnaître une certaine audace. Mais cet isolement, ce non-alignement s’effectue au détriment d’une population bridée, brimée, privée de toutes formes de libertés élémentaires, vouée au culte unique et absolu d’un chef suprême, le sémillant et inquiétant Kim Jong-Un , lui-même descendant d’une lignée de dictateurs hors pair, d’une famille de tyrans narcissiques et paranoïaques.

Fossile et marteau

Car l’énigmatique Corée du Nord est l’unique rescapé d’un temps où deux blocs s’affrontaient, où des rideaux de fer séparaient les uns et les autres : la deuxième moitié du XXe siècle. Il n’en restait qu’un et c’était celui-là, cet état asiatique qui réussit l’exploit d’être à la fois une dictature communiste et une monarchie héréditaire, une figure de style que l’on pourrait aussi qualifier de grand écart.

Jouer avec le feu

La Corée du Nord joue donc avec le feu en dépit des recommandations timides de son seul allié, la Chine qui, elle, joue un drôle de jeu. Pyongyang montre ses muscles, provoque, suscite la peur nucléaire et embarrasse les puissances mondiales, interloquées par une telle insolence et d’autant plus impuissante que l’ONU ne cesse de s’affaiblir . Que faire face à une telle menace incontrôlable , capable d’engendrer le chaos au-delà de sa sphère géographique ? La laisser s’armer, dans une surenchère permanente, c’est se voiler la face en toute conscience et reculer les échéances. Intervenir, c’est risquer d’enflammer la planète. Tenter de négocier, c’est gagner du temps en espérant que le dictateur s’adoucisse ou que l’isolement économique le conduira à sa perte. Ce qui reste peu probable. Un beau dilemme, en réalité, sachant que le scénario du pire n’est pas à exclure.

 

À propos de l'auteur

Marc François

A débuté le métier de journaliste parallèlement sur une radio libre et en presse écrite dans les années 80. Correspondant de plusieurs médias nationaux, rédacteur en chef de l’hebdomadaire Info Magazine (Clermont, Limoges, Allier) pendant 9 ans, il a présidé le Club de la Presse Clermont-Auvergne entre 2009 et 2013. Il est l’initiateur de 7 Jours à Clermont.

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