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Professeur Yves-Jean Bignon / Photo 7 Jours à Clermont
Professeur Yves-Jean Bignon / Photo 7 Jours à Clermont
Santé

Yves-Jean Bignon, président de Thermauvergne : du curatif vers le préventif

Alors que toutes les stations thermales de France sont en attente de la décision gouvernementale d'une éventuelle réduction des remboursements des cures, Thermauvergne, qui réunit les 11 stations thermales d'Auvergne, du Limousin et de Bourgogne du Sud fête ses 40 ans et réfléchit au futur du thermalisme.

Thermauvergne fête cette année ses 40 ans. Elle est la première, et donc la plus ancienne, association de villes thermales à l’échelle régionale. Son origine remonte au besoin exprimé par toutes les stations, de défendre le thermalisme et travailler sur l’image du thermalisme auvergnat, en mettant en avant, la marque Auvergne Thermale. Depuis 1985, ses missions sont restées les mêmes, celles de défendre les intérêts des stations thermales, de les rendre visibles à tous les échelons, du local à l’Européen. Si un anniversaire est l’occasion de jeter un coup d’œil dans le rétro, c’est aussi le moment de s’interroger sur l’avenir. Le professeur Yves-Jean Bignon, président de Thermauvergne témoigne d’un travail permanent pour imaginer le futur de l’activité thermale qui doit ne plus être centrée exclusivement sur le curatif.

« Le thermalisme va dans dans la diversification »

« Dans le contexte actuel politique y compris les coups de boutoir observés contre la médecine thermale et contre le niveau de remboursement par l’assurance maladie, on voit bien qu’être ensemble, c’est toujours être plus forts et cela nous permet de partager nos informations et de parler d’une seule voie pour défendre notre activité » explique le professeur Bignon, qui précise « que le thermalisme va dans la diversification. Nous ne sommes pas arc boutés sur la médecine thermale et les cures conventionnées. On est dans le déploiement d’autres activités, dont une qui nous tient à cœur, la prévention santé. On a attendu des décennies d’avoir un ministre de la Santé qui soit aussi celui de la Prévention. C’est une bonne chose car la France a du retard par rapport à certains pays. Ce n’est pas à l’hôpital que l’on va développer la prévention santé, mais les stations thermales sont des endroits non hospitaliers, médicalisés et qui ont l’habitude d’une prise en charges pluridisciplinaire. Dans une station, on peut faire de l’activité physique, pratiquer des sports, suivre des régimes appropriés et dans le temps du séjour, cela permet d’individualiser les conseils et d’accompagner l’éducation de la personne pour qu’elle change son mode de vie. Cela ne peut bien se faire que dans les stations thermales, c’est que nous défendons à travers le concept de station thermale de pleine santé. »

La santé est aussi lié à l’environnement

« Avec l’Université Clermont Auvergne, on a couplé le concept de station thermale de pleine santé avec un programme que l’on a appelé Thermuss, uss comme une seule santé. C’est la traduction de One Heath, un grand programme international qui considère que si l’on veut s’occuper de santé humaine, il ne faut pas s’occuper que de l’homme » reprend le président de Thermauvergne qui rappelle qu’il convient aussi s’occuper de l’environnement de l’homme à travers différentes disciplines. « L’idée est d’avoir une approche la plus complète possible de ce que sont les eaux minérales naturelles et quel peut être leur impact sur la santé en terme de prévention ».

Vieillir en bonne santé est un objectif  fixé dans les établissements et les stations

Selon le président de Thermauvergne, pour maintenir l’activité de médecine thermale, il faut actuellement convaincre les curistes de venir en cure, malgré les annonces d’un déremboursement éventuel. Mais face à une baisse d’activité constatée ou prévisible, le thermalisme doit également changer, pour un accueil plus large du public. « Il ne faut pas que les thermes soient des endroits fermés parce qu’on à pas d’ordonnance médicale pour pouvoir y entrer. Prenons l’exemple des Japonnais. Il n’y a pas un japonnais qui ne pratique pas le Onsen une fois par an. Il faudrait que les français pratiquent le thermalisme au moins une fois par an, pas obligatoirement à travers des soins médicaux, mais simplement pour profiter des bienfaits des eaux minérales naturelles et de soins que l’on peut prodiguer sans ordonnance. On est dans ce que l’on appelle les cures libres ou de loisirs et bien-être ».
La diversification semble donc la clé de la stabilité, à l’image de la station de Royat qui s’appuie sur une activité partagée entre les cures médicales et le bien-être à Royatonic. « L’autre enjeu est de proposer, en fonction de nos spécificités, d’autres axes que simplement le curatif ou le loisir. La prévention est entre les deux. L’objet est de s’occuper de personnes plus jeunes que les curistes habituels, la cible est entre 40 et 60 ans. En France on a une espérance de vie qui est parmi les meilleures du monde mais par contre on ne vit pas longtemps en bonne santé. Cet objectif de vieillir en bonne santé est un objectif que nous nous sommes fixé dans les établissements et les stations parce qu’on pense que l’environnement protégé, organisé autour de la santé, peut être le bon endroit pour l’éducation à la longévité en bonne santé » estime Yves-Jean Bignon.

Thermes de Royat / Photo Marielsa Niels
Thermes de Royat / Photo Marielsa Niels
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À propos de l'auteur

Olivier Perrot

Pionnier de la Radio Libre en 1981, Olivier Perrot a été animateur et journaliste notamment sur le réseau Europe 2 avant de devenir responsable communication et événements à la Fnac. Président de Kanti sas, spécialisée dans la communication culturelle, il a décidé de se réinvestir dans l'univers des médias en participant à la création de 7jours à Clermont.

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