Crée il y a 51 ans, La Librairie Les Volcans est aujourd’hui une véritable institution culturelle clermontoise. Mais durant ce demi-siècle d’existence, son histoire s’est montrée quelque peu chaotique, dès lors que les grands groupes financiers se sont emparés de ce florissant commerce indépendant tenu à bout de bras durant 15 ans par ses créateurs.
On la pensait définitivement condamnée fin 2013, alors que sa liquidation judiciaire venait d’être prononcée et que les repreneurs potentiels ne se bousculaient pas au portillon. Et puis l’idée de la SCOP est arrivée, un pari engagé et risqué de la part d’une partie de l’équipe de libraires qui ne s’était jamais fait à l’idée de baisser le rideau de manière définitive.
La bonne idée au bon moment
L’idée de la société coopérative, certains la trouvaient gonflée, tout en montrant une forme de scepticisme quant à sa pérennité. Il est vrai qu’à l’époque les courbes des chiffres de vente de livres baissaient lentement mais inexorablement. De plus, le monde de l’édition pensait que le livre numérique allait révolutionner la lecture comme le streaming l’avait fait pour la pour la musique. Les « libraires scopeurs » eux, pensaient l’inverse et croyaient dur comme fer, que le papier avait de beaux jours devant lui. Après quelques mois de fermeture, la librairie Les Volcans était de nouveau ouverte grâce aux soutiens en tous genres d’amoureux des livres. Les nouveaux propriétaires de la librairie avaient raison de persévérer, 10 ans plus tard leur entreprise allait afficher 8 millions d’euros de chiffre d’affaires et une très belle place au classement des plus grosses librairies indépendantes de France. Au delà du business, ils avaient aussi compris que Les Volcans pouvaient devenir un lieu de vie. La création du « patio » était la bonne idée au moment même où la FNAC fermait son forum privant les clermontois de nombreux showcases et rencontres. Cette nouvelle vision se révèle aujourd’hui payante, même les travaux de la Comédie, le Covid, les gilets jaunes et encore les travaux d’InspiRe n’ont finalement pas impacté le bon fonctionnement de la librairie.
Du mobilier signé Richard Peduzzi
Une fois l’activité consolidée, il ne restait plus qu’à imaginer et à réaliser la « librairie de demain » toujours avec cette idée qu’une librairie est un lieu de convivialité et d’enrichissement pour tous ceux qui y rentrent avec, ou non, le besoin de réaliser un achat. Un sérieux lifting a été réalisé avec redistribution de certains espaces et création d’un café jouxtant l’espace de rencontre.
Richard Peduzzi, qui fut notamment scénographe des musées du Louvre et d’Orsay et directeur de l’école nationale supérieure des arts déco, a accepté de dessiner le mobilier du café, offrant ainsi au projet une véritable plus-value.
Les clermontois se sont déjà appropriés les lieux ouvert au public durant l’été, dégustant café, chocolat boisons fraîches et autres produits solides régionaux. Il ne restait plus qu’à donner un top départ officiel, ce qui sera fait ce samedi 6 septembre après-midi.
Richard Peduzzi sera naturellement présent à cette inauguration, dès vendredi à 17h pour une rencontre autour son livre-échange coécrit avec Arnaud Laporte.
Ce weekend est donc pour la Librairie Les Volcans l’ouverture d’une nouvelle séquence, celle du renouveau. Les plus observateurs auront d’ailleurs remarqué que son logo a changé. Nouvelle séquence mais aussi nouvelle saison d’événements qui s’annonce riche puisqu’en une décennie la SCOP Les Volcans a su devenir un lieu de passage incontournable pour le monde littéraire.











Commenter