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Entrée Le Café - librairie les Volcans / Photo E. Gauthey
Photo E. Gauthey
Économie

Librairie Les Volcans : elle a tout d’une grande, ce n’est plus un scoop !

L’inauguration officielle de son café et la venue de Richard Peduzzi, peintre, scénographe et designer de mobilier de renom, ne doivent pas occulter le chemin parcouru par la Scop, créée en 2014 pour reprendre la librairie que les « experts » d’avant considéraient sans avenir. 7 Jours a rencontré les acteurs de sa renaissance.

Les rayons de la librairie sont aujourd’hui comme des façades urbaines, ici rénovées, augmentées, ravalées. Et pour filer la métaphore, si l’on y trouve toujours des dents creuses, elles sont là pour mettre en valeur un auteur, une collection, pour ouvrir aussi.
Philippe Bogacz l’évoque avec satisfaction : « Ces fenêtres intérieures ouvrent sur les espaces. Elles sont le contrepoint nécessaire et utile de la densification des rayons ». C’est que l’architecte travaille pour la Scop depuis de nombreuses années.
Il accompagne l’équipe, aujourd’hui menée par Boris Surjon et Philippe Pelade, dans sa croissance et ses projets. Les Volcans sont aujourd’hui l’une des plus grandes librairies de France, à l’instar des emblématiques Ombres Blanches à Toulouse ou Furet du Nord à Lille. Elle est solidement ancrée dans les milieux de l’édition et chez les auteurs.
Espace de culture et de rencontres, elle redonne au livre et à la lecture toute leur place pour faire pièce à l’information facile et trop rapide des réseaux sociaux et autres IA en devenir. Mieux que l’intelligence artificielle. Redressée, La librairie Les Volcans est redevenue un pôle culturel majeur de la métropole, au-delà de sa seule nature commerçante.

Redonner au livre toute sa place

Lorsque Philippe Bogacz nous accompagne in situ, se dévoile un travail d’architecte contraint, par tranches successives, faites d’extension (l’actuel espace Bande Dessinée), de réagencement. « Nous restons dans un commerce, il ne faut pas perdre un centimètre de linéaire de livres et les murs ne peuvent être poussés » nous dit Philippe Bogacz.
Un travail d’architecte pour retrouver dans ces espaces une logique culturelle entre philo et polars, disques et stylos, des circulations aussi pour le confort des clients et la lisibilité des cheminements.
Un travail ingrat car phasé et qui se dévoile lentement. Un palimpseste. Le rayon jeunesse est achevé, l’entrée ouvre dorénavant sur « la voie royale » de la littérature, pour croiser en sa « Pléïade » l’axe central de la librairie, de l’espace jeunesse à l’escalier qui accède à la papeterie et rappeler que lire et écrire sont étroitement liés. Des codes couleurs se mettent  en place, un agencement par blocs thématiques s’installe, progressivement.
Olivier Cuelhe l’évoquait souvent. Responsable de l’animation et des événements, il était à l’étroit dans le patio, espace fermé, pour recevoir les auteurs, exposer des œuvres, organiser des rencontres. Et puis disons-le, résumer la sortie de la librairie aux seules caisses ramenait
ce lieu d’érudition, de loisir et de rencontre à une seule réalité mercantile.

Patio et café, un espace de rencontres

Le projet d’un café, d’un espace d’échange, ouvert, était dans les cartons de la Scop Les Volcans depuis longtemps. Il est naturellement passé sur la table de l’architecte pour lui donner vie.
Remanié, le rayon poche a migré. Pour permettre à la fois l’extension du patio (Philippe Bogacz nous le rappelle : « c’était à l’origine du bâtiment un véritable patio, ouvert, et l’appellation reste ») et l’installation du café.
L’ouverture n’est plus zénithale (à l’origine) mais en façade, sur le boulevard François-Mitterrand, sur la Comédie, une terrasse en prime.
Philippe Bogacz raconte avec gourmandise le travail réalisé, les choix effectués, le dessin des banquettes ou des luminaires, l’agencement des espaces : « Nous ne l’avons pas conçu comme un nouveau rayon mais comme un espace à part entière ».
Patio et café, une signature de marque Cerise sur le gâteau, Philippe et l’équipe de la Scop Les Volcans avaient rencontré Richard Peduzzi, au gré d’une rencontre-dédicace.
Ce n’est pas n’importe qui Richard Peduzzi (1) . Un grand nom de la scénographie de théâtre, peintre qui n’est pas sans évoquer Mondrian, Malevitch ou Suetine, designer de meubles. Richard Peduzzi résume ainsi son travail : « Ma discipline principale, c’est l’espace, la sensibilité, l’émotion ».

R. Peduzzi et P. Bogacz / Photo E. Gauthey
R. Peduzzi et P. Bogacz
Photo E. Gauthey

Maître d’ouvrage et maître d’œuvre le sollicitent, pour impliquer ce grand nom dans le projet.
On lui doit les choix de couleur, murs et plafond, du patio et du café, ses tables (basses et hautes) et ses chaises, créations pour ce projet. Des à plats et des volumes donc, en écho à son crédo « allier décor et peinture ». Le bleu et le rouge du nouvel espace sont sa marque de fabrique. Le nouveau logo de la librairie y fait écho et signe cette nouvelle étape de la métamorphose du lieu.

(1) Né à Argentan en 1943. Scénographe attitré de Patrice Chéreau, concepteur de meubles pour le Mobilier National, il a également dirigé les Arts Décoratifs et la Villa Médicis.

Accès patio Les Volcans / Photo E. Gauthey
Photo E. Gauthey

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À propos de l'auteur

Eric Gauthey

Né avec la crise des missiles de Cuba, son enfance, ses études et ses premières années de la vie d’adulte furent nomades.
Au début des années 90, il émigre à Clermont-Ferrand pour se sédentariser. Son métier, non moins sédentaire, l’engage dans le service au public (transports publics de l’agglomération clermontoise).
Le voyage reste sa passion, pour ses vacances mais pas seulement. Cofondateur d’Il Faut Aller Voir et du RV du Carnet de Voyage, il pousse jusqu’à publier deux ouvrages : « Cher Bouthan » – 2011 et « Buna Tatu » - 2017 (sur l’Ethiopie).

1 Commentaire

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  • Bonjour,
    ravie de constater cette renaissance, cette librairie compte énormément pour tous les clermontois, le fait d’exposer des artistes, locaux ou non, est également essentiel , l’art contribuant largement au partage des idées.
    Ceci étant dit, le fait de ne pas citer l’artiste à l’origine des tableaux exposés derrière ces deux personnes est parfaitement inélégant…

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