Cette semaine, La Comédie de Clermont accueille la maison de haute joaillerie française Van Cleef & Arpels dans le cadre de la quatrième édition de l’initiative de Mains en mains. La transmission du savoir-faire français est au cœur de ce rendez-vous annuel. Ateliers d’initiation, conférences et cours de joaillerie sont proposés cinq jours durant avec l’objectif de faire découvrir l’ensemble des métiers de la joaillerie aux jeunes en recherche d’un avenir professionnel, aux adultes en reconversion et au grand public.
En 2021, de Mains en mains était initialement prévu pour les jeunes, mais l’événement organisé à Lyon, a tout de suite séduit un large public, ce qui a poussé l’entreprise de joaillerie créée en 1906, à reconduire cet événement à Lyon maintenant dans d’autres villes comme Clermont. Depuis, des liens ont également été tissés avec des collèges de la région afin que des cours soient dispensés par des artisans de la maison de luxe française.
Au delà de cette initiative, Van Cleef & Arpels soutient aussi la transmission du savoir faire à travers l’École des Arts Joaillers, situé à Paris. Depuis son ouverture en 2012 par la maison française du luxe, le maître mot de l’école est la découverte du métier d’artisan joaillier. Un autre objectif affiché par l’entreprise française, et son directeur des ressources humaines Hugues de Pins, est de remettre en lumière les métiers manuels, souvent dévalorisés à l’époque numérique.

Van Cleef & Arpels, la transmission avant tout
7 Jours à Clermont : Pour le monde de la joaillerie, est-ce important de sortir de Paris pour se montrer en province ?
Hugues de Pins : C’est important parce que la joaillerie est un des savoir-faire français par excellence. Paradoxalement, c’est un savoir- faire, qui est très mystérieux et qui est resté secret jusqu’à très récemment. Aujourd’hui, il est vrai que c’est un secteur qui est à la fois très porteur, lié à une demande forte sur nos créations. Ce qui nous permet d’ouvrir de nouveaux ateliers et d’étendre des ateliers existants, historiques comme ceux de Paris. Les ouvertures et les extensions des ateliers se sont réalisées principalement dans la région Auvergne-Rhône-Alpes. Cela nous amène à faire découvrir ces métiers à un public plus large, plus jeune que celui auquel nous avions l’habitude de nous adresser, c’est à dire des potentiels clients. Aujourd’hui, ça serait plutôt de nos futurs joailliers.
7JàC : On parle de jeunesse et de transmission. Sans transmission les métiers de joaillerie. pourraient-ils disparaître ?
H. de P : Exactement, le risque est que ces savoir-faire disparaissent d’une génération à une autre. Autour du métier de la joaillerie, il y a énormément de savoirs-faire qui auraient pu disparaître en France et qui, grâce à Van Cleef & Arpels et à d’autres maisons de joaillerie, continuent à perdurer, à se transmettre et même à innover. Ce sont des métiers qui exigent beaucoup de créativité et d’innovation donc on est aujourd’hui, des fers de lance, de ces traditions grâce à ces transmissions.
7JàC : En matière de concurrence, Van Cleef & Arpels est-elle une maison challengée ?
H. de P : Il y a des savoir-faire en Italie. Mais la France est le pays de la joaillerie par excellence et Van Cleff & Arpels est une maison qui produit 100% de ses créations joaillières en France.
7JàC : Quel est l’avenir du marché de la joaillerie ?
H. de P : C’est un avenir qui est optimiste avec des perspectives de croissance et des jeunes générations qui continuent à se faire plaisir ou à faire plaisir. La joaillerie, c’est un achat qui marque pour célébrer un moment important de sa vie et pour aussi signifier un sentiment parfois amoureux à une autre personne. Donc oui, la joaillerie, c’est une activité qui va continuer encore à se développer et on le voit à travers des générations croissantes, des pays croissants qui achètent nos créations, il y a encore de très beaux jours devant nous.

L’Auvergne, terre d’accueil de l’industrie du luxe
7JàC : Hermès, Louis Vuitton et Van Cleef & Arpels sont présents en Auvergne, est-ce une terre propice aux métiers du luxe ?
H. de P : Absolument, c’est une terre qui est un terreau fertile pour l’artisanat de luxe avec des traditions séculaires, sur le travail du métal, du polissage. J’ai en tête la coutellerie, notamment à Thiers, ville près de laquelle nous avons ouvert notre atelier, notre site pilote à Dorat. Donc oui, c’est une région très dynamique, avec une population jeune qui représente pour nous effectivement, un atout en termes de production et de capacité de production.
7JàC : Prévoyez-vous des embauches, notamment sur le site de Dorat ?
H. de P : Oui absolument, ce site pilote emploie un peu plus de 70 personnes. Une cinquantaine d’entre eux sont des joailliers et la vingtaine restante sont des fonctions supports dans l’atelier. À termes, une fois le site agrandi, nous prévoyons d’employer 250 personnes. Il y a donc des opportunités d’emploi pas seulement sur le site de Dorat mais aussi dans d’autres sites de la région Auvergne-Rhône-Alpes comme Lyon qui a été agrandi récemment ou Châteauneuf-sur-Isère dans la Drôme. Dans tous ces sites, nous avons prévu d’accroître nos capacités de production et nos offres d’emplois.
De Mains en mains – Van Cleef & Arpels, à La Comédie de Clermont, boulevard Mitterrand, du 12 au 16 février 2025.
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