Durant l’été 2023, la Galerie Louis Gendre avait présenté, l’exposition Habitable Futures de Suzanne Treister, peintre britannique qui étudie la relation entre les nouvelles technologies, la société, les systèmes de croyances alternatives et les futurs potentiels de l’humanité.
Alors qu’ils préparait cette exposition, Louis Gendre et son associée Mariko Kuroda, avaient découvert chez Suzanne Treister des œuvres de sa mère, elle aussi artiste.
Née en 1927 à Ipswich, June Treister, fille de commerçants n’avait pas pu laisser sa fibre artistique s’exprimer pleinement, contrainte de débuter une vie professionnelle de secrétaire dans le service publique qui se termina à la tête de l’entreprise d’électronique de son époux. Elle profita néanmoins du temps libre de sa retraite pour repartir sur les chemins de la création il y a une grosse dizaine, recommençant à créer à 86 ans, après une interruption de… 70 ans.
Travail spontané mais réfléchi pour June
“Mon travail est spontané mais j’y réfléchis beaucoup” explique June Treister qui pense ses sujets lorsqu’elle est chez-elle à Londres ou dans sa résidence secondaire, perdue au milieu des montagnes, dans les Pyrénées françaises. Si les petits moments de la vie quotidienne lui apportent matière à réflexion et à création, il arrive parfois qu’une simple photo déclenche un processus plus profond. L’artiste passe ainsi de la représentation d’une petite assiette en céramique contenant des figues à une série de tableaux consacrés aux trous noirs, illustrant finalement que l’espèce humaine cherche toujours et encore la voie du milieu, située quelque part entre la trivialité et la réflexion philosophique.

Imaginer un futur alternatif pour Suzanne
Suzanne Treister de son côté poursuit son travail consacré à la pertinence des nouvelles technologies censées accompagner le monde dans la terrible période de l’anthropocène. Les dernières réalisations de la série HEXEN 5.0 et Museum Paintings sont actuellement présentées à la galerie Annely Juda de Londres (galerie qui accompagne aussi David Hockney) et à la Galerie Louis Gendre, questionnent sur la nécessité de garder une part de mystère et d’inconnu à l’heure de l’intelligence artificielle, glaciale béquille d’une population un peu déboussolée et quasi incapable de respecter son propre environnement. À l’image de sa mère, Suzanne Treister indique une voie médiane pour imaginer un futur alternatif. Son jeu de cartes de tarot représente une porte d’entrée pour une forme de spiritualité, véritable outil de dialogue vers un futur différent. L’artiste britannique, ne perd pas pour autant son sens de l’observation du réel pour mieux le mettre en valeur. Ainsi sur le trajet retour de sa dernière exposition chamaliéroise en 2023, elle avait a réalisé une série de photos des montagnes et de forêts d’Auvergne à l’origine de TECHNOSHAMANIC SYSTEMS/Forest Spaceships, un travail kaléidoscopique aussi présenté à la galerie Gendre.
Suzanne Treister prépare actuellement une autre grande exposition personnelle au Modern Art Oxford, pour l’automne 2025.
Daughter and Mother Show – June Treister / Suzanne Treister, jusqu’au 17 mai 2025, Galerie Louis Gendre & Ko, 7 rue Charles Fournier à Chamalières. Du mercredi au vendredi, de 14h à 20h. Le samedi, de 10h à 18h.














Commenter