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Thomas Lacoste Photo 7 Jours à Clermont
Thomas Lacoste / Photo 7 Jours à Clermont
Culture Entretiens

Thomas Lacoste, observateur de la désobéissance

Avant de filer vers le cinéma CGR Les Ambiances pour la dernière avant-première de son film "Soulèvements", Thomas Lacoste a fait un passage dans les studios clermontois de la radio d'insertion Le Chantier qui propose désormais des rencontres publiques diffusées en live et en podcast.

Thomas Lacoste avait décidé que Clermont serait l’ultime étape de sa tournée marathon d’avant-premières, pour son dernier film Soulèvements, sorti en salle ce mercredi 11 février. Avec 70 projections-débats et 20 000 spectateurs au jour de la sortie officielle, le réalisateur et essayiste, avait donc déjà une idée de la manière dont le public allait réagir face ce documentaire engagé, qui aura droit à une seconde vie après l’exploitation en salle, puisque France Télévision l’a acheté, garantissant encore plus d’audience.

Casser les idées préconçues sur l’écoterrorisme

Thomas Lacoste s’intéresse depuis longtemps aux relations, souvent distendues, parfois rompues, entre les populations et les autorités, avec une question sous-jacente : qu’est ce qui pousse à être désobéissant ? Après trois années passées à travailler sur 80 ans de lutte au Pays Basque et sur la manière dont les Basques ont pu sortir dignement du conflit, il s’est focalisé sur les mouvements Soulèvement de la terre mis en exergue par les ZAD de Notre-Dame-des-Landes et de Sainte-Soline. Dans un premier temps, il a proposé d’accompagner les mouvements, mais il s’est assez vite rendu compte que son action serait plus utile, si elle prenait la forme du témoignage. Un documentaire s’est révélé l’outil indispensable pour casser les idées préconçues sur l’écoterrorisme, terme utilisé par certains médias et personnalités politiques pour discréditer des mouvements sociaux, menées par des groupes écologistes.
La répression policière, les vagues d’arrestations menées par la police antiterroriste et la volonté de Gérald Darmanin, alors ministre de l’Intérieur, de dissoudre le mouvement ont poussé Thomas Lacoste à tourner son film en 18 mois, dans une certaine urgence.

Un visage des militants bien différents des habituel clichés

Le réalisateur a pris le parti de montrer les visages de ceux qui sont considérés comme des terroristes, en sélectionnant 16 militants engagés dans différentes causes. Ce casting a mis en évidence une sorte de triptyque: les mouvements sont partout sur les territoires, ils sont intergénérationnels et les femmes y jouent un très grand rôle. Mais mettre 16 personne face caméra, sans voix off, ni information écrite complémentaire, ne permettait de témoigner pleinement de l’engagement et de ce qui se passe réellement sur le terrain. Mais, Thomas Lacoste a pu accéder aux archives filmées du mouvement, récupérant ainsi toute une matière complémentaire qu’il considère comme une véritable “offrande”.
Soulèvements montre un visage des militants bien différents des habituel clichés. Sur fond de dérive totalitaire, il témoigne de la manière dont ils sont profondément attachés à la terre, comment ils font réellement corps avec. Au final, ces soi-disant dangereux écolos, posent les vraies questions du développement durable. Comment assurer la subsistance ? comment utiliser au mieux le principe de l’auto construction ? comment générer une société de la mutualisation ?
Durant sa tournée d’avant-premières Thomas Lacoste a rencontré un jeune de 12 ans, qui lui a demandé s’il était possible de diffuser Soulèvements dans son collège, car il était convaincu que cela ferait du bien à ses camarades et que cela prouverait qu’il était possible de lutter et des faire changer les choses.

Soulèvements de Thomas Lacoste
Production  : Sister Productions et La Bande Passante. Actuellement au CGR Les Ambiances, Clermont.

 

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À propos de l'auteur

Olivier Perrot

Pionnier de la Radio Libre en 1981, Olivier Perrot a été animateur et journaliste notamment sur le réseau Europe 2 avant de devenir responsable communication et événements à la Fnac. Président de Kanti sas, spécialisée dans la communication culturelle, il a décidé de se réinvestir dans l'univers des médias en participant à la création de 7jours à Clermont.

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