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Julian Alaphilippe, champion du monde à Imola- photo Francetv. TV.
Chroniques

Starmania

Il est généralement établi qu’une décennie se termine à la fin d’une année en zéro. Concrètement, la deuxième décennie de notre siècle s’achèvera le 31 décembre 2020. Il est donc temps de répondre à la question qui brûle toutes les lèvres : Quelles stars l’Auvergne sportive a-t-elle révélées au fil de ces dix dernières années ?

Selon les agences spécialisées, trois critères au moins doivent être associés pour devenir une star : Charisme, performance sur la durée, médiatisation. On ajoutera qu’un peu de buzz de temps en temps ne peut pas nuire.

Fouchtra ! Elles sont où nos stars ?

La statue d’Aurélien Rougerie- photo Yves Meunier.

Que personne ne se vexe mais depuis Jackie Chazalon, tête d’affiche des filles du CUC dans les ‘’seventies’’, ne cherchez pas trop du côté des sports co.

A moins que, le rugby, peut-être, nous propose la candidature d’Aurélien Rougerie. Avec 418 matchs en jaune et bleu, 2 Brennus, 76 sélections internationales dont 3 coupes du monde plus une campagne de pub pour les slips Dim en 2011, le grand blond aux chaussures noires avait rassemblé quelques critères pour pénétrer le sérail. Surtout depuis qu’un soir de septembre 2014 la ministre des sports Roselyne Bachelot, invitée de Cyril Hanouna sur Europe1, évoquait, l’œil mouillé, le « souvenir complètement ébloui » d’un passage dans les vestiaires de l’ASM où l’élégant Roro lui apparut dans le plus simple appareil « comme la lumière… !» dit-elle. Aurélien confirmant au téléphone cette divine rencontre, l’animateur lui promit qu’il « serait bientôt le monument le plus visité de Clermont ! »

D’où, peut-être, la statue ‘’dont on ne dit pas le nom’’ devant le stade Michelin.

Papadakis-Cizeron- photo Francetv.

Si près, si loin… si haut

Gabriella de Clermont et Guillaume de Montbrison, voilà un couple princier sur lequel il serait bien injuste de ne pas coller une étiquette étincelante. Avec quatre titres mondiaux, cinq européens, de l’argent olympique, un record du monde aux points, le tout à 25 ans, nos danseurs d’élite Papadakis et Cizeron n’ont sans doute pas fini de faire briller la glace.

Les fans clermontois regretteront sans doute que Montréal soit le trop lointain camp de base de ce couple magique avec lequel il est difficile de partager des émotions. Dommage aussi que les deux stars du club Auvergne Danse sur glace n’aient pas la tchatche de Philippe Candeloro lorsqu’il s’agit de passer aux interviews.

Lavillenie à Donetsk- photo : station-actu.fr

La pratique du top niveau appelle forcément les athlètes aux quatre coins du monde et les exploits ne sont souvent perçus qu’à travers les écrans et les frissons du direct. C’est ainsi que la terre entière avait pu vivre, comme si elle y était, le titre olympique de Londres en 2012. Mais lorsque Renaud Lavillenie fit tomber le record planétaire de la perche un 15 février 2014 au cœur du sombre hiver ukrainien de Donetsk, les frissons s’en trouvèrent quelque peu différés. L’exploit des 6m16 n’en était pas moins gigantesque, mettant fin aux longues années de règne du tsar Bubka.

Multiple champion du Monde et d’Europe en salle, sept fois vainqueur de la Ligue de diamant, le Charentais de Clermont fut incontestablement notre première star de la deuxième décennie du siècle.

Les rois de la Petite Reine

Romain Bardet- photo Francetv.

Dans la foulée de la perche, un sacré bond en tête du peloton des forçats de la route a projeté Romain Bardet sous les projecteurs. Une première étape sur le Tour 2015 puis deux podiums en 2016 et 2017 sur les Champs Elysées, et voilà que le Brivadois, qui sera vice-champion de monde en 2018, fait chavirer les cœurs dans toute la France où le cyclisme, demeure, envers et contre quelques huluberlus, le spectacle sportif (gratuit) le plus populaire.

Être connu et reconnu au-delà des fans de son sport, c’est d’ailleurs ce qui vous consacre ‘’star’’. Mais à paraitre parfois trop prisonnier de la guerre de positions que se livrent les postulants au podium du Tour et un brin ‘’en dedans’’ devant les micros, Romain semble quelque peu embarrassé pour revêtir le clinquant habit de lumière qu’il mérite.

Un qui n’est pas timide c’est Julian Alaphilippe. Son éloquent palmarès dans les grandes classiques l’avait déjà porté sur le devant de la scène internationale. Ses victoires d’étapes et les deux semaines en jaune sur le Tour 2019 finiront de le consacrer avant même qu’il n’endosse avec panache le maillot arc-en-ciel dont il avait fait l’objectif de la saison 2020.

Sacré “Loulou” !

Le maillot arc en ciel- photo France tv.

Le côté puncheur du Montluçonnais, extraverti à l’opposé de Bardet, en a fait la coqueluche du public avec qui il sait partager son enthousiasme et ses émotions. Ainsi lorsqu’il offre à son père disparu les larmes de sa victoire à Nice sur le Tour 2020…puis celles de son titre mondial à Imola. Sacré Vélo d’or 2019 (premier français depuis Jalabert en 1995), premier salaire annuel du peloton tricolore avec 2,3M€ hors sponsoring personnel, bonus et primes de courses, le Zébulon de l’équipe Deceuninck-Quick Step n’est pas en reste côté marketing ou actu people.

Il vient de lancer sa ligne de vêtements (« pour que mes fans puissent m’encourager toute l’année… ») après avoir profité du confinement printanier pour officialiser sa relation avec Marion Rousse, ex-championne de France et consultante de charme sur France TV. Pas de doute, à 28 ans Alafpolak (son pseudo des réseaux sociaux) a su réunir tous les critères pour être LA STAR auvergnate de cette fin de décennie. Un champion qui n’avance pas masqué, n’a pas peur d’afficher ses ambitions et sait tenir ses promesses.

Avec Marion Rousse- Instagram Marion Rousse.

Et comme les gaffes font partie de la panoplie des stars, la grosse boulette de Julian sur la ligne d’arrivée de la course Liège-Bastogne-Liège n’aura fait qu’ajouter une touche à la polychromie de son portrait. (1) Trois jours plus tard, il remporte la Flèche Brabançonne en frôlant la même boulette. Quel phénomène ! « Je ne compte pas m’arrêter là !» déclarait-il au lendemain de sa conquête arc-en ciel-que nos confrères de l’Equipe qualifiaient de « plus grand exploit du cyclisme tricolore des vingt dernières années ». (2)

Le cousin Franck, son entraineur en disponibilité de la mairie de Montluçon, aura sans doute de belles occasions de lui glisser, comme à l’habitude, en lui tapant dans la main avant qu’il ne se mette en selle « Allez mon Loulou ! »

(1) Il avait levé les bras trop tôt et s’était fait battre sur le fil (avant d’être déclassé pour écart de trajectoire).

(2) L’Equipe du 20 septembre 2020.

La une de L’Equipe.

À propos de l'auteur

Yves Meunier

Yves Meunier

Bourbonnais originaire de Gannat où il s’est essayé au rugby sous le maillot de l’ASG pendant une douzaine d’années. Diplômé d’Etudes Supérieures en Sciences Economiques à l’Université de Clermont. Journaliste à France3 Région de 1972 à 2007. Aujourd’hui impliqué avec des amis dans une aventure viticole du côté de Saint-Emilion et toujours en prise avec le sport auvergnat au sein de l’Union des Journalistes de Sports en France.

1 Commentaire

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  • Même s’ils n’ont pas porter les couleurs françaises au niveau international, on aurait aussi pu ajouter d’autres figures comme Olivier Enjolras pour le Clermont-Foot, Christelle Tchoudjang-Nana du Volley-Ball de Chamalières, et bien d’autres.

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