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Rémy Bourdier: "dans l'entreprise, il faut savoir perdre pour gagner..."
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Rémy Bourdier, nouveau président de Réseau Entreprendre Auvergne

Le PDG d’Oviance a été récemment élu à la présidence du réseau régional composé de 135 chefs d’entreprises bénévoles et dont la vocation est d’aider les créateurs et repreneurs.

C’est le dirigeant d’un des deux leaders français de l’installation de compteurs Linky qui a été élu à la tête du Réseau Entreprendre Auvergne. Pour trois ans, Rémy Bourdier prend les commandes d’une association de 135 dirigeants d’entreprise aguerris. Depuis sa création en 2004, Réseau entreprendre a accompagné 158 créateurs et repreneurs d’entreprise et distribué 6 millions d’euros de prêts d’honneur. Un bon coup de pouce souvent utile pour convaincre les banques de suivre le futur chef d’entreprise, en leur prêtant beaucoup plus. Grâce à réseau, ces entreprises se développent. Le taux d’échec à cinq ans est seulement de 15 %.

Très impliqué depuis de nombreuses années dans l’animation de l’association, Rémy Bourdier souhaite participer au développement de sa région. Des idées plein la tête, le patron va sans nul doute apporter un bel élan à Réseau entreprendre. D’abord en développant l’association sur toute la région, notamment en renforçant sa présence sur Montluçon et Moulins et surtout dans le Cantal. Le chef d’entreprise plein de fougue va aussi imprimer sa marque en lançant une biennale en Auvergne qui réunira les forces vives de l’association pour un moment d’échanges. Il souhaite aussi augmenter le taux de prêt de 50 000 euros à 75 000 euros et aussi créer un fonds d’aides d’urgences pour les entreprises en difficulté. Mais surtout Rémy Bourdier va transmettre son enthousiasme, son optimisme à réseau.

 Mais qui est Rémy Bourdier ?

A la tête d’un petit empire bâti de ses mains, cet autodidacte dirige Oviance, un groupe industriel de 1 200 personnes qui affiche 45 millions de chiffre d’affaires.

Quand, il lance en 2001 Cima Process dans le garage de sa maison de Lempdes, il ne sait pas que sa société va connaître une success story digne de la Silicon Valley. Commercial depuis dix ans dans le secteur de l’instrumentation, de la mesure et de la régulation, Rémy Bourdier a une forte envie de voler de ses propres ailes.

750 000 euros à réunir

Avec sa faconde, le chef d’entreprise a l’art de convaincre même les banques un peu récalcitrantes. Du moins c’est ce qu’il croit quand il a le projet de racheter OTI, une société spécialisée dans l’équipement des chaufferies industrielles. « L’entreprise perdait de l’argent mais avait une notoriété régionale. Sa gérante âgée de 73 ans souhaitait vendre. Je suis arrivé à constituer un pool bancaire mais quelques jours avant de signer, l’un des financeurs a jeté l’éponge » se souvient Rémy Bourdier. L’entrepreneur doit réunir 750 000 euros mais il lui manque désormais une somme importante. Mais l’homme n’a pas froid aux yeux, il tente son dernier va-tout. « J’ai rencontré la veille Isidore Fartaria, dirigeant de Titel. Je lui avais installé des appareils de mesure. Je lui ai demandé s’il pouvait me régler la facture et me faire une avance pour d’autres équipements que je devais lui fournir. Il m’a fait le chèque tout de suite » souligne encore reconnaissant Rémy Bourdier.

50 Fiat Panda à dénicher en 30 jours    

Et la chance va encore sourire à cet homme qui ne se laisse pas déstabiliser facilement. En 2005, il est contacté par un cadre d’EDF-GDF qui cherche un partenaire pour développer l’activité de relevés de compteurs. Il sait que la compagnie de gaz et d’électricité va bientôt externaliser cette activité. Rémy Bourdier sent l’effet d’aubaine. Il saute sur l’opportunité. « Au départ, on n’a décroché qu’un seul secteur, celui du sud du Puy-de-Dôme, Issoire, Besse, Super-Besse. La prestation était payée 1 euro le compteur. On a très vite explosé les compteurs » dit-il le sourire aux lèvres. Avec son flair des affaires, le chef d’entreprise comprend qu’il faut décrocher d’autres appels d’offre, en France, pour avoir une taille critique et faire du volume. Alors il répond à tous les marchés et en remporte un certain nombre. Du coup en un mois, il doit former et recruter 50 collaborateurs. Il lui faut désormais trouver 50 voitures, avec un impératif de livraison à 30 jours. Tous les concessionnaires de la place le prennent pour un hurluberlu. Tous… sauf un. Cet homme, c’est Philippe Collet qui va se démener comme un beau diable pour lui trouver 50 Fiat Panda. « Le 30 juin 2006, on alignait toutes les voitures sur le circuit de Charade et on en profitait pour faire un lancement ».

Rémy Bourdier voit grand, fonceur, il en oublie quelques précautions élémentaires. Il n’a pas prévu de fonds de roulement ou n’a pas mis en place tous les tableaux de bord nécessaires à la surveillance de l’entreprise. Les pertes s’accumulent. Mais Rémy Bourdier a le cœur solide. « Dans l’entreprise, il faut savoir perdre pour gagner ». Il redresse l’entreprise, trois ans plus tard.

2,8 millions de compteurs Linky à poser

Avec l’arrivée des compteurs Linky, Rémy Bourdier décroche le Graal. Les carnets de commande sont plein pour plusieurs années. La société va tirer profit du déploiement des compteurs vert fluo et poursuivre son développement. Elle pose 2,8 millions de compteurs en France, se classant deuxième opérateur français. Elle fait de la croissance externe en se diversifiant dans l’énergie. Elle rachète LRP (liaison raccordement de puissance) et CTE (Clermont technique électricité) en 2013 et le tableautier intégrateur SOTALEC un an plus tard.

L’ancien patron incognito (il a participé à l’émission de M6 en 2014) voit la vie en rose. Car s’il ne va pas pouvoir profiter éternellement de la belle opportunité du déploiement des compteurs Linky, il attend la mise en place de compteurs intelligents pour le gaz et l’eau.

À propos de l'auteur

Véronique Feuerstein

Véronique Feuerstein

Diplômée en histoire de l’art, Véronique Feuerstein a deux passions : le patrimoine et l’économie. Après un début de carrière au quotidien l’Eveil de la Haute-Loire au Puy-en-Velay, elle a collaboré au magazine de territoire Massif central puis est devenue rédactrice en chef de Massif-central entreprendre pendant neuf ans. Elle a ensuite participé au lancement d’un nouveau média : la Montagne entreprendre, appartenant au groupe Centre France.

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