Accueil » Vie publique » Un clermontois a créé Quietly, une plateforme web pour vérifier le niveau de bruit d’une adresse
Clermont vue de l'ouest / photo 7 Jours à Clermont
Photo 7 Jours à Clermont
Vie publique

Un clermontois a créé Quietly, une plateforme web pour vérifier le niveau de bruit d’une adresse

C'est en découvrant, après avoir signé son bail, que son appartement était exposé aux bruits, que le clermontois Guillaume Bergé a décidé de créer Quietly un site web ou chacun peut savoir si une adresse est exposée ou non aux nuisances sonores.

Alors qu’il pensait avoir trouvé l’appartement qui lui convenait parfaitement, Guillaume Bergé s’est assez vite rendu compte qu’il avait fait une erreur en signant son bail. De prime abord, tout était parfait dans ce nouveau logement sauf un élément qu’il n’avait pas mesuré lors de la visite : le bruit.
Sur le site bruit.fr du Centre d’information sur le bruit, sont publiés des chiffres assez éloquents : 50 % des Français sont exposés au bruit des transports, 40 % des futurs propriétaires placent l’absence de nuisances sonores comme priorité pour l’achat d’un logement, 40 % des habitants de logements sociaux sont gênés par le bruit. Les chercheurs, quant à eux, tirent régulièrement le signal d’alarme sur les répercussions des décibels sur la santé.

Quand la mésaventure devient le moteur d’un projet

La vie dans un logement, aussi beau soit-il, peut être empoisonnée par les nuisances sonores. Guillaume Bergé, presque trentenaire et diplômé d’un master en création de start-up obtenu au sein de l’ESC Clermont, l’a hélas compris à ses dépens.
Mais cette mauvaise expérience a été le moteur d’un projet qui s’est concrétisé par la création de Quietly, la première plateforme web qui permet de vérifier gratuitement le niveau de bruit d’une adresse.
Comme l’explique le créateur : “le bruit est le seul défaut d’un logement qu’on ne peut pas voir pendant une visite. Et pourtant, c’est celui qui impacte le plus notre qualité de vie au quotidien”. Son outil se révèle indispensable pour “rendre visible ce qui est invisible” et permettre à toute personne de connaître le niveau sonore d’une rue avant d’y habiter et donc de signer un bail ou un compromis en toute connaissance de cause.
La plateforme Quietly analyse plus de 600 villes en France et attribue à chaque rue un “QuietScore” (ou niveau de calme) calculé à partir de données ouvertes et enrichi par les avis des habitants.
C’est le besoin de partager une mauvaise expérience qui a poussé Guillaume Bergé à ouvrir en toute indépendance ce site web qu’il administre seul sur son temps libre, dans le seul but de protéger les futurs habitants de mauvaises surprises. Il précise d’ailleurs que le site Quietly n’a aucun lien avec le monde de l’immobilier et qu’il ne reçoit aucune rémunération pour vanter les mérites de certains quartiers ou cacher des problèmes. Le travail s’appuie sur des données objectives. Les sources sont publiques et les avis sont fournis par les habitants eux-mêmes.

Que dit Quietly à propos de l’agglomération clermontoise ?

Sans trop de surprise, la place de Jaude et ses alentours sont en tête du Top 3 des quartiers les plus bruyants avec une évaluation “Rouge-très bruyant” due à 35 établissements nocturnes, des fermetures à 3 heures du matin et des week-ends à plus de 5 000 personnes.
Pour la vie de tous les jours, cela signifie :
Des terrasses jusqu’à 2h du matin — Conversations, rires, musique d’ambiance,
Des sorties de bars entre 1h et 3h — Groupes bruyants, discussions animées sur les trottoirs, parfois des altercations,
Des livraisons matinales dès 6h — Camions de livraison pour les restaurants, bruit de manutention,
Le nettoyage des rues vers 5h-6h — Balayeuses municipales, jets d’eau haute pression.

Le quartier Saint-Pierre arrive en 2e position avec une évaluation “Orange-Bruyant” liée à la population étudiante qui occupe 70 % des logements entre septembre et juin. Mais deux points positifs apparaissent avec le calme durant les vacances universitaires et un compromis qualité/prix qui reste bon.
Pour la vie de tous les jours, cela signifie :
Des soirées étudiantes le mardi et jeudi — Tradition clermontoise, les soirées étudiantes se concentrent sur ces jours,
Des fêtes en appartement — Les colocations étudiantes organisent régulièrement des soirées, avec musique et conversations jusqu’à tard,
Des retours de soirée bruyants — Entre minuit et 3h, les retours depuis le centre-ville sont souvent animés.

Le quartier Trudaine-Gare arrive en 3e position avec une évaluation “Orange – Modéré à bruyant” due à la circulation de 15 000 véhicules par jour avec des pics de 7h/9h et 17h/19h.
Au quotidien, une double problématique est pointée :
Trafic routier constant — Axe de transit important, avec bus, voitures et deux-roues du matin au soir,
Klaxons et accélérations — Aux feux rouges, les redémarrages peuvent être bruyants, surtout avec les motos,
Flux gare SNCF — Passages de voyageurs, taxis et animation autour de la gare jusqu’aux derniers trains (23h30).

Mais sur Quietly, sont aussi indiquées les zones calmes et les raisons pour lesquelles elles le sont. Ainsi Chamalières, Montferrand, les Cézeaux et Royat possèdent les atouts qui peuvent guider les choix d’installation sur le seul thème du bruit. Le site n’informe que sur le bruit et ne prend pas en compte les autres facteurs qu’il faut intégrer au moment de louer ou d’acheter.

Partager :

À propos de l'auteur

Olivier Perrot

Pionnier de la Radio Libre en 1981, Olivier Perrot a été animateur et journaliste notamment sur le réseau Europe 2 avant de devenir responsable communication et événements à la Fnac. Président de Kanti sas, spécialisée dans la communication culturelle, il a décidé de se réinvestir dans l'univers des médias en participant à la création de 7jours à Clermont.

Commenter

Cliquez ici pour commenter

Sponsorisé

Les infos dans votre boite

Sponsorisé