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Rues de Tremonteix et Alfred Vauris Photos L. Falchero
Rues de Tremonteix et Alfred Vauris Photos L. Falchero
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Lisières : suivons Lucas Falchero aux limites de Clermont

"Lisières" ou la découverte de Clermont à travers l'œil de Lucas Falchero. Entre poésie et photographie, il nous invite à parcourir les 40 km de frontières de la cité auvergnate pour une aventure inédite, un voyage destiné à devenir collectif.

Lucas Falchero, photographe-poète, constitue au fil des années des archives très personnelles de la vie de et à Clermont, aimant révéler ce que généralement les Clermontois ne voient pas, soit parce qu’ils n’ouvrent pas assez les yeux, soit parce qu’ils n’ont pas accès à certains lieux. Il a, par exemple, photographié les entrailles de l’Opéra-Théâtre en travaux, ou celles de l’ancienne gare routière lors de sa métamorphose en salle de spectacle, mais il s’est aussi intéressé à des personnalités qu’il a “shootées” dans leur intimité.

L’artiste aime bien jouer avec les limites au-delà desquelles un autre monde apparaît. On pourrait également parler de territoires, ouverts, fermés, accessibles ou interdits. Il aime bien rappeler que cette envie d’aller voir plus loin lui vient de son enfance, lorsqu’il résidait dans le quartier clermontois de Vallières, dans une maison dont le jardin butait sur une frontière infranchissable : la voie ferrée de la ligne du Mont-Dore.

Un tour de Clermont de 40 km

Au printemps 2018, Lucas Falchero s’est lancé dans une aventure poético-photographique en étant le premier Clermontois à faire le tour de Clermont, en suivant une ligne, de peu ou prou 40 km, à la limite des autres communes, parfois à la lisière de zones campagnardes. Cette ligne, on la distingue très nettement sur les cartes, mais il est plus difficile de la matérialiser sur le terrain, ce qui explique qu’il lui a fallu sept années pour accomplir ce travail auquel il a mis fin aléatoirement en 2025, après avoir réalisé 261 photographies et rédigé 261 poèmes. Ce témoignage, à la fois visuel et écrit, reflète « l’évolution concrète — urbaine et naturelle — des limites administratives de la commune de Clermont sur le long terme. Ou comment, au fil des années, les limites de la ville évoluent ».

Ces 261 photographies et textes sont aujourd’hui accessibles à tous via le site https://lisieres-clermont-ferrand.fr/, (et dans un beau livre qui vient tout juste de paraître). Surfer sur ce site est une expérience unique. À chaque clic sur l’un des 261 repères de la carte interactive, un étonnement, une découverte, une révélation, une furieuse envie d’aller voir surgissent, espérant retrouver ce que l’œil du photographe a réussi à capter. Surfer sur ce site est aussi la confirmation que l’on a beau croire connaître sa ville comme sa poche, on ne la connaît pas vraiment.

Lisières une aventure devenue collective

Lucas Falchero n’est évidemment pas du genre à délimiter un pré carré autour de lui, bien au contraire. Il aspire aujourd’hui à ce que Lisières devienne une œuvre collective et invite les Clermontois à faire comme lui : suivre cette ligne de 40 km afin d’être, à leur tour, témoins de l’évolution de Clermont, à porter un autre regard sur la cité auvergnate, à la redécouvrir sous des angles inédits, dépourvue de ses traditionnels totems.

Pour participer, c’est simple : suivez la lisière, photographiez, partagez !

Rue Aristide Briand Photo Lucas Falchero
Rue Aristide Briand Photo Lucas Falchero

Le sentier cède sous les pas absents
les herbes plient dans un vent sans nom
deux véhicules figés s’alignent comme des signes sans adresse
le métal pèle
la peinture se détache en lames minces
comme des souvenirs
la terre remonte lentement dans les roues
et dans les serrures
la cabine s’ouvre à l’air comme un thorax vide
les vitres laissent passer le ciel en lignes brouillées
il n’y a plus de trajectoire
seulement un élan suspendu
au milieu d’une clairière incertaine
les arbres encadrent le cadre
les collines au loin sont les boucles mémorielles
de la lisière
une ville flottée s’accroche à la lumière
le sol devient lisière
le souffle manque dans les structures organiques
le plastique reprend forme comme une peau secondaire
l’ombre s’ajuste aux formes résiduelles
et ce qui tenait debout se dissout dans l’image
d’un seuil replié sur son propre axe

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À propos de l'auteur

Olivier Perrot

Pionnier de la Radio Libre en 1981, Olivier Perrot a été animateur et journaliste notamment sur le réseau Europe 2 avant de devenir responsable communication et événements à la Fnac. Président de Kanti sas, spécialisée dans la communication culturelle, il a décidé de se réinvestir dans l'univers des médias en participant à la création de 7jours à Clermont.

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