Accueil » Rencontre » Quand le vin se conjugue au féminin
Elinor Roux, Léa Desprat et Valérie Quesne.
Économie Rencontre

Quand le vin se conjugue au féminin

Si le vin est souvent une affaire d’homme, les femmes investissent de plus en plus tous les secteurs de la profession, où elles y assument des postes représentatifs. Œnologue, vigneronne, directrice commerciale, à la cave Desprat-Saint-Verny, elles sont en force.

Elles sont trois comme les trois drôles de dames et se démènent pour faire monter en gamme les vins d’Auvergne, au sein de la cave Desprat-Saint-Verny, à Veyre-Monton. Leur leitmotiv : faire de la qualité.

Elles sont une poignée en Auvergne à faire pousser de la vigne. Valérie Quesne est l’une d’entre elles, elle est arrivée tard dans le métier après un parcours de commerciale. C’est la rencontre avec son compagnon devenu depuis son mari qui lui a fait franchir le pas. Aujourd’hui, elle ferraille sur 5,6 hectares répartis sur les coteaux de Saint-Julien-de-Coppel. « Le travail des vignes réclame de la passion. Il faut aimer la nature, passer du temps dans les vignes. » précise Valérie. Entre la taille, l’épamprage, la surveillance des maladies, la vigne demande beaucoup d’efforts pour rentrer des raisins de qualité.

Vin de qualité   

Le vin d’Auvergne devient de plus en plus qualitatif.

« Nous avons besoin de raisins de qualité pour élaborer de bons vins » souligne Elinor Roux, œnologue. Après s’être fait la main au Domaine de Gazin et au château de Beychevelle dans le Bordelais et un passage dans des bars à vin près des Champs-Elysées et de la place Vendôme à Paris, Elinor a retrouvé ses racines auvergnates comme responsable de boutique de la cave Desprat-Saint-Verny à Veyre-Monton. Puis comme œnologue en 2018 (ils sont deux à la cave). « C’est une grosse pression, on n’a qu’une fois par an le droit de s’exprimer. Il ne faut pas se louper. Il faut à chaque fois mobiliser ses connaissances car le raisin est toujours différent » explique la jeune femme de 28 ans.

Elinor élabore les trois couleurs : rouge, blanc, rosé. Elle aime faire déguster ses créations comme ce Terre de lave blanc à base de chardonnay, avec des notes salines et de pamplemousse qui a décroché la médaille d’or au concours général agricole. En parallèle de ce vin bien élaboré et simple d’accès pour tous les amateurs, la cave Desprat-Saint-Verny a élaboré des cuvées plus complexes, en travaillant sur l’élevage. Un investissement de 400 000 euros a été réalisé pour mettre en place un nouveau chai comprenant 360 barriques de 225 litres. C’est ce lieu extraordinaire que souhaite mettre en avant Léa Desprat responsable du développement commercial de la cave, en développant l’œnotourisme.

Du pétrole au vin

Si le vin coule dans les veines de Léa Desprat depuis cinq générations, elle a pris des chemins de traverse avant de revenir à la cave Desprat-Saint-Verny. « Je travaillais à Paris pour les grands noms du pétrole, j’avais un joli poste et je ne pensais pas revenir en Auvergne jusqu’au jour où mon père m’a appelé pour une réunion de famille où il nous a fait part de son désir d’acheter une cave. Les négociations ont duré quatre ans avant que mon père rachète et crée la cave Desprat-Saint-Verny avec Limagrain» se souvient cette ancienne élève d’écoles de commerce et de la saint John University de New-York.

Léa a accepté de relever le challenge : remettre à plat la partie commerciale. La stratégie commerciale s’est alors très vite orientée sur l’origine volcanique des vins d’Auvergne. Depuis, la jeune femme se déplace à New-York, à Montréal pour faire connaître les vins d’Auvergne. Elle rencontre journalistes, sommeliers comme le canadien John Szabo, fondateur de l’association Volcanic Wines. Et elle attend beaucoup du salon Vinora, le premier salon des vins volcaniques qui se tiendra à Clermont le 30 janvier 2020. Une belle opportunité pour la cave qui commercialise  plus de la moitié des Côtes d’Auvergne et pour la région.

 

 

 

 

À propos de l'auteur

Véronique Feuerstein

Véronique Feuerstein

Diplômée en histoire de l’art, Véronique Feuerstein a deux passions : le patrimoine et l’économie. Après un début de carrière au quotidien l’Eveil de la Haute-Loire au Puy-en-Velay, elle a collaboré au magazine de territoire Massif central puis est devenue rédactrice en chef de Massif-central entreprendre pendant neuf ans. Elle a ensuite participé au lancement d’un nouveau média : la Montagne entreprendre, appartenant au groupe Centre France.

Commenter

Cliquez ici pour commenter

Sponsorisé

Les infos dans votre boite