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Des cafés comme les Augustes acceptent le paiement en doume.
Économie Initiative Lundi

Dans le Puy-de-Dôme, la doume fait son chemin

Après 3 ans d’existence, le collectif ADML63 revendique avoir mis en circulation plus de 130 000 doumes. Un chiffre qui permet de situer cette monnaie locale parmi les plus utilisées en France.

Avril 2018. Élu clermontois auprès de la métropole, Grégory Bernard  demande à être payé en doumes plutôt qu’en euros. Dans une lettre au directeur général des services, il souhaite que son indemnité de conseiller communautaire (200 euros environ) lui soit versée en monnaie locale. Un coup d’éclat qui permet à la doume de faire la une de l’actualité clermontoise.

1000 adhérents qui utilisent la doume

La doume permet de payer des achats ou des services chez des commerçants du Puy-de-Dôme, signataires d’une charte de valeurs écologiques, éthiques et sociales. L’utilisation de cette monnaie vise à encourager le développement local : avec la doume, impossible de spéculer sur les marchés financiers. La doume, qui vaut un euro, ne se substitue pas à la monnaie officielle : elle est complémentaire. Danielle Nadal, chargée de communication du collectif ADML63, explique la génèse du projet : “En 2012,  nous étions un collectif de plusieurs associations, comme Attac 63 et des mouvements écologistes, et nous cherchions des alternatives pour sauver d’abord le climat et l’environnement, et pour s’occuper du social. Nous tournions un peu en rond et nous nous sommes dits que nous allions créer une solution qui serait fédératrice, la monnaie locale. Cela a très vite pris: en 2013 l’association a été créée et en janvier 2015 la monnaie a été lancée”. Rapidement, l’initiative fonctionne et rassemble une centaine de prestataires dès les premiers mois. Aujourd’hui, quelques 230 commerçants acceptent la doume et un peu plus de 1000 adhérents  l’utilisent. Des coupures de 1 à 50 doumes sont en circulation.

Une monnaie qui finance des projets

Le fonctionnement de cette monnaie locale est très encadré, comme le souligne Danielle Nadal : “Nous sommes un peu considérés comme des tickets-restaurants car nous achetons des doumes en donnant des euros à l’association. Cette dernière place ces euros-là dans un fond de garantie qui sert aux reconversions éventuelles. Ce fond de garantie se trouve à La Nef, une banque éthique, et nous nous permettons de prendre quelques milliers d’euros pour des projets locaux qui nous tiennent à cœur. Par exemple, nous avons pris des parts sociales à Terre de Liens pour attribuer du foncier à de jeunes agriculteurs qui font du bio, mais aussi à Combrailles Durable, qui fabrique de l’électricité renouvelable”. L’association accorde également des prêts à taux zéro à des projets écologiques et solidaires. Les membres de l’ADML63 espèrent désormais développer un système de monnaie numérique : les utilisateurs pourraient ainsi régler leurs achats en doume avec leurs smartphones. Autre projet en cours : l’association vient de lancer une campagne de financement participatif pour embaucher une salariée à mi-temps pendant 6 mois. Cette campagne se terminera mi-juillet.

À propos de l'auteur

Catherine Lopes

Catherine Lopes

Journaliste diplômée de l’Ecole de Journalisme et de Communication de Marseille, Catherine arrive en Auvergne en 2006 et fait ses armes sur Clermont Première. Après plusieurs années de collaboration,  elle découvre ensuite le monde de la pige et travaille pour plusieurs sociétés de production. Elle écrit aussi pour le web et fait de la radio. Véritable touche à tout, Catherine aime avant tout raconter des histoires.

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