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Polémique autour du lancement de la 5G dans la métropole clermontoise

Ce jeudi 3 décembre, Orange lance son réseau 5G à Clermont, Chamalières, Aubière et Beaumont faisant fi du moratoire demandé par les élus de la métropole.

Le développement de la technologie et du numérique est une course sans fin et sans fond. Le théâtre, aussi, d’une gigantesque bataille économique. Le 18 novembre dernier, le gouvernement annonçait le lancement de la 5G sur le territoire français. Ce jour-là, les fréquences, celles qui vont émettre la nouvelle génération de réseau mobile, étaient activées. Les opérateurs se sont rués pour disposer des précieux “blocs”, déboursant au total 2, 78 milliards d’euros. Orange a investi 854 millions d’euros pour disposer de 90 MHz de fréquences sur la bande des 3,5 GHz, obtenant ainsi la meilleure part, tandis que SFR (728 millions), Bouygues Télécom et Free (chacun 602 millions) se sont aussi positionnés.

Souplesse, rapidité, confort d’utilisation : en principe, la 5 G est parée de toutes les vertus. Les spécialistes estiment tout de même que ses utilisateurs devront patienter pour en mesurer les différences avec la 4G.

Coup d’envoi

A l’image de ses concurrents, Orange entend désormais ne pas perdre de temps. C’est ainsi que l’opérateur a d’ores et déjà annoncé le lancement de son réseau 5G dans une quinzaine de villes françaises dès ce jeudi 3 décembre. Parmi celles-ci, Nice, Marseille, Le Mans, Angers et Clermont-Ferrand. Dans la métropole, le réseau d’Orange sera également disponible à Chamalières, à Aubière et à Beaumont. “Le déploiement se fera de manière progressive et dans un dialogue constructif avec les collectivités locales, en parallèle de nos efforts pour élargir la couverture du territoire français en 4G » a affirmé Stéphane Richard, le PDG du groupe Orange.

Manque de données scientifiques

Tandis que les différents opérateurs fourbissent leurs armes, l’Anses (agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail) n’a toujours pas rendu public les résultats de son expertise sur l’exposition de la population aux champs magnétiques de la 5G et sur ses conséquences biologiques et sanitaires. Le nouveau débit est-il inoffensif ? A l’heure actuelle, personne ne le sait. Lors d’un rapport préliminaire, publié il y a bientôt un an,  l’Anses avait mis en relief le manque de données scientifiques actuelles autour de cette question cruciale. Les élus de la métropole et de la ville de Clermont partagent sans doute ces inquiétudes qui ont voté un moratoire, dans l’attente des conclusions de l’agence.

Le feu vert de l’Etat

Olivier Bianchi- photo Romain Harel- Ville de Clermont.

S’il n’est pas opposé a priori à la 5 G, Olivier Bianchi, le maire de Clermont et président de Clermont Métropole, s’étonne de la position de l’Etat qui a donné son feu vert, sans consulter les collectivités territoriales “J’ai appris qu’Orange lançait ses offres sur la métropole alors que nous avons demandé un moratoire. Je ne comprends pas le fonctionnement de l’Etat qui donne son accord en dépit de notre position. Dans ce cas, à quoi servent les institutions locales ?” Dans l’attente des résultats de l’expertise de l’Anses, Olivier Bianchi a, dès lors, demandé aux directeurs généraux de la ville et de la métropole de faire cesser les éventuels travaux d’installations de pylônes. “À ce jour, les services mutualisés  de la ville et la métropole ont reçu, de la part d’Orange, une information concernant d’importantes opérations de travaux à effectuer sur des sites privés clermontois pour les adapter à la 5G. Dans le cadre du moratoire voté par les élus municipaux et métropolitains, aucune autorisation de travaux n’est délivrée par la Ville de Clermont. Il en est de même pour des travaux qui concerneraient des bâtiments ou espaces publics relevant de la Ville ou de la Métropole” rappelle le maire et président de Clermont Auvergne Métropole.

D’autres priorités

Au-delà de la problématique sanitaire, qui se révèle fondamentale, se pose aussi une question d’équité. Est-il acceptable de lancer la 5G quand une partie du territoire ne dispose toujours pas du très haut débit et que subsistent des zones grises ou blanches, y compris sur certains espaces de la métropole clermontoise ?” La couverture 5G telle qu’envisagée par Orange et par les autres opérateurs dans quelques communes seulement de la métropole vient encore renforcer les inégalités de traitement et les fractures entre les 21 communes au bénéfice des cœurs urbains. Ce n’est clairement ni notre priorité ni notre volonté tant que toutes les études d’impact n’auront pas été rendues publiques” confirme Olivier Bianchi. Et de poursuivre : “Je proposerai aux élus métropolitains et clermontois des instances visant à renforcer le dialogue avec les opérateurs et la transparence sur ce sujet de société majeur.

Lors d’un grand jury RTL- Le Figaro-LCI, en juillet dernier, Eric Piolle, le maire de Grenoble, avait, pour sa part, ironisé : “La 5G, c’est pour regarder du porno sur votre téléphone même quand vous êtes dans votre ascenseur. Est-ce que le progrès, c’est de voir des films pornos en HD?”  Une façon parmi d’autres de concevoir les choses…

 

 

 

À propos de l'auteur

Marc François

Marc François

A débuté le métier de journaliste parallèlement sur une radio libre et en presse écrite dans les années 80. Correspondant de plusieurs médias nationaux, rédacteur en chef de l’hebdomadaire Info Magazine (Clermont, Limoges, Allier) pendant 9 ans, il a présidé le Club de la Presse Clermont-Auvergne entre 2009 et 2013. Il est l’initiateur de 7 Jours à Clermont.

1 Commentaire

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  • Contrairement à la liaison Paris – Clermont-Fd la capitale auvergnate n’a pas été oubliée dans ce dossier. Du coup, je pense que les élus et le Président de la métropole en particulier devraient s’en réjouir.
    Effectivement, la technologie de la 5G n’a pas été seulement créée pour les seuls motifs de satisfaire quelques instants primaires. D’ailleurs, je trouve Monsieur Eric Piolle bien (trop) renseigné sur la question.
    On nous avait aussi dit que les ondes émisent par les mini-fours étaient nocives à la santé et auraient un effet néfaste sur le nombre de spermatozoides et leur motilité… Il faut croire que Monsieur Piolle est contre ce type d’équipement également et tout le reste de l’innovation !

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