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FRAC 2025, détail / Photo 7 Jours à Clermont
Photo 7 Jours à Clermont
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Nouveau FRAC Auvergne : le président Pannekoucke annonce l’ouverture dans un an

Cela ne se voit pas beaucoup, mais la seconde tranche d'aménagement du nouveau FRAC Auvergne dans la Halle aux blés avance. Le président de la Région annonce l'ouverture dans un an.

La fin de l’année 2025 sera-t-elle enfin marquée par la fin du feuilleton à rebondissements qui, tel un serpent de mer, accompagne la longue histoire de la Halle aux blés de Clermont ? Oui, si l’on en croit Fabrice Pannekoucke, président de la région Auvergne-Rhône-Alpes qui vient de faire un passage rapide dans l’emblématique bâtiment. Il se montre rassurant et, sauf coup de Trafalgar, le nouveau FRAC Auvergne ouvrira ses portes au moment où les premiers bus électriques du projet InspiRe passeront dans le quartier Ballainvilliers.

La patate chaude

Construite entre 1762 et 1771 par l’architecte François-Charles Dijon, (qui 5 ans plus tard attaquait le premier bâtiment de l’Hôtel-Dieu, futur bibliothèque métropolitaine) pour abriter le marché aux céréales, la halle a été surélevée en 1822 par Louis-Charles Ledru. Détournée de son utilisation première, assez proche d’un marché, elle devint durant de nombreuses décennies, le bâtiment abritant l’École des beaux-arts, une période qui cessa en 2006. La halle devint alors une sorte de patate chaude, propriété successive de toutes les institutions qui ne savaient pas trop quoi en faire. Finalement la Région Auvergne-Rhône-Alpes qui l’avait racheté au Conseil général, décida en 2019 de la réhabiliter et d’y abriter le FRAC Auvergne trop à l’étroit rue du Terrail. Les travaux prirent rapidement du retard à cause du Covid et de surprises structurelles. Mais alors que l’ouverture et la première exposition étaient prévus en 2023, annonce fut faite par la Région d’un délais supplémentaire de deux ans pour revoir l’aménagement intérieur initialement prévu et pour mieux coller au calendrier InspiRe.

Limiter le carnage dans ce qui avait été fait durant la première tranche

“Le projet initial était 100% FRAC avec le FRAC sur site et ses réserves aussi sur site” explique Éric Boudet architecte-gérant du cabinet In6Tu de Chamalières. “Le projet, tel qu’il est aujourd’hui, est de dire que le FRAC s’adosse à une partie expos Région, qui sera là pour vulgariser l’accès à l’art contemporain ajouté à une autre composante, la visite du belvédère avec le panoramique de 360 degrés sur les toits de Clermont. L’idée est de l’inscrire sur un parcours touristique et en même temps s’en servir pour faire découvrir l’art contemporain aux touristes”.  À l’annonce de cette seconde phase*, la question du surcoût et d’une éventuelle gabegie s’est évidemment posée.  “Notre travail a été de s’inscrire avec le plus de discrétion et de douceur possible, sans faire trop de carnage dans ce qui avait été fait durant la première tranche. Donc on a repris les espaces existants, on a essayé de rendre les interventions les plus ponctuelles possibles” précise Éric Boudet poursuivant “L’idée n’était pas figer les choses, mais de dire il y a 450 m² initialement prévu pour le FRAC Auvergne, aujourd’hui il y a un peu plus de 900 m². Il sera possible de panacher moitié-moitié FRAC et Région ou d’utiliser la totalité en Région ou la totalité en FRAC,  au grès de la pertinence des expositions. L’idée était de pousser plus loin le curseur pour la partie dédiée au public. Sur un bâtiment aussi grand, il aurait été dommage de n’avoir que 450m² d’exposition et le reste en réserve”.

FRAC 2025, escalier / Photos 7 Jours à Clermont
Photos 7 Jours à Clermont

Mais changer un tel projet n’est pas simple au cœur d’un bâtiment historique et l’équipe a du composer avec les obligations liées à la sécurité, à l’accessibilité PMR et aux contraintes de respect des lieux imposées par l’architectes des bâtiments de France. Si des dérogations ont déjà été obtenues, tout n’est pas encore bouclé et il reste encore des modifications de toitures en attente de permis. L’architecte reste lui aussi confiant sur le délais et comme le président, annonce une réception de chantier fin 2025.

À l’intérieur, la métamorphose s’écrit en blanc

“Le bâtiment s’exprime sur l’extérieur, garde son entité patrimoniale et à l’intérieur au contraire, il s’efface le plus possible pour mettre les œuvres en évidence. Dans le parcours, il y a cet escalier un peu à la Escher qui part dans tous les sens, où l’on perd un peu le visiteur dans les dédales, où on découvre des espaces insoupçonnés. Mais le visiteur peut aussi revenir en arrière et finalement découvrir une exposition qu’il n’était pas venu voir au départ. Cela permet aussi de s’extraire d’une visite qui serait chronométrée” commente Éric Boudet. Les visiteurs qui entreront côté Ballainvilliers seront sans doute surpris de voir qu’une partie des maçonneries en lave de Volvic ont été traitée en blanc. “Je n’ai pas participé à cette discussion durant première la tranche traitée par Ateliers Lion Associés, mais l’idée était d’effacer le bâtiment au bénéfice des œuvres, c’est pour cela que les salles d’expo sont blanchies. Par contre dans le carreau central, on retrouve la pierre de Volvic. Avoir un musée noir Volvic sur toute ses salles d’exposition c’était difficilement entendable, cela absorbe trop de lumière et on avait une autre problématique c’est que le lieu est très lumineux pour un musée. C’est lié à toutes les ouvertures qui sont très bien dans la composante monument historique mais qui pour un musée sont contreproductives pour la protection des œuvres et par rapport à la nécessité du contrôle de lumière, du bon éclairage au bon endroit”.
Il faudra donc encore un peu de patiente pour profiter pleinement du nouveau FRAC Auvergne dans la Halle aux blés, qui sera malgré toutes les péripéties, un très beau lieu vivant, avec son restaurant terrasse sur le cardo de Ballainvilliers.

FRAC 2025,  intérieur / Photo 7 Jours à Clermont
Photo 7 Jours à Clermont

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À propos de l'auteur

Olivier Perrot

Pionnier de la Radio Libre en 1981, Olivier Perrot a été animateur et journaliste notamment sur le réseau Europe 2 avant de devenir responsable communication et événements à la Fnac. Président de Kanti sas, spécialisée dans la communication culturelle, il a décidé de se réinvestir dans l'univers des médias en participant à la création de 7jours à Clermont.

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