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L'Essentiel
L'architecte Pierre Ferret et son cabinet ont conçu un stade qui respecte l'architecture locale tout en intégrant des éléments modernes et fonctionnels pour diverses utilisations.
Le budget total de l'extension s'élève à 64,2 millions d'euros, dont 58,3 millions seront financés par la métropole, avec une livraison prévue avant l'homologation officielle du terrain à l'été 2025.
Dans une excellente chronique intitulée Montpied bon œil ou le syndrome du cyclope, publiée par 7 Jours à Clermont en mai 2021, Yves Meunier revenait sur l’histoire quasi rocambolesque du Stade Gabriel-Monpied, une histoire qui anime la ville depuis maintenant 35 ans. Terminées les tergiversations politiques et les frilosités liées aux résultats en montagnes russes du club de foot, dans un an pile, la métropole clermontoise aura enfin son “grand” stade, fort de 17 000 places, soit 2 000 places de plus que le projet initial de 1990. Qu’importe les résultats actuel du Clermont Foot 63, comme l’a rappelé Olivier Bianchi président de Clermont Auvergne Métropole, lors d’une visite de chantier, l’histoire du club ne fabrique pas l’histoire des équipements de la ville”.
Grand mais pas démesuré
S’il convient de mettre le mot “grand” entre guillemets, c’est que la nouvelle mouture du Montpied n’est pas assujettie à une ambition politique totalement démesurée. Avec 17 000 places, il ne sera jamais classé qu’au bas du Top 50 des plus grands stades français. On sera encore très très loin du Stade de France et ses 80 698 places ou du Vélodrome de Marseille et ses 67 394 sièges.
Si en surface, l’extension va permettre la création de 6 000 places supplémentaires, ce qui se verra moins, car végétalisé, c’est le gymnase qui fonctionnera de manière autonome et servira aux clubs et habitants des quartiers Nord de Clermont.

Un architecte spécialiste des stades
C’est le cabinet Ateliers Ferret Architectures qui a imaginé le futur du stade Montpied. Clermont n’est pas le premier stade issu des planches à dessin du cabinet bordelais à qui l’ont doit, notamment, le centre du rugby de Marcoussis, le palais des sports de Bordeaux, les constructions ou restructurations des stades de Lens, Limoges, Lille…
Pierre Ferret, assisté localement par CHM Architecture a imaginé un équipement dont l’utilisation sera parfaitement dans l’ère du temps tout en préservant l’existant.
Où en est-on du chantier à un an de la livraison ?
Le gros œuvre est quasiment terminé, c’est à dire les structures, fondations et superstructure. La charpente a démarré depuis 3 mois, la pose tout du moins puisque, puisque la fabrication a débuté bien avant. Il y a aujourd’hui environ 2/5e de la charpente déjà posés, elle sera ensuite couverte par une toile. L’ensemble sera fini normalement d’ici 6 mois.
Que va-t-on trouver dans ce nouvel équipement ?
Comme dans tous les stades, il y a des choses classiques, mais après il y a des façons de le faire. Il y aura des places en gradin, des places de diverses catégories, pour les abonnées, les officiels, pour la presse ce qui est très important car avec 17 000 places et un million de téléspectateurs, il vaut mieux que les TV et les radios fonctionnent. On s’attache beaucoup aux tribunes presse dans les stades et aux salles d’interviews, ce que l’on appelle la zone mixte. Il y a aussi beaucoup de salons, qui serviront pendant les matchs mais qui serviront tout le temps pour des séminaire, pour qu’il puisse être utilisé de façon permanente.
Comment un architecte aborde-t-il un projet de stade ?
Les stades sont toujours les mêmes, le terrain c’est toujours le même, que ce soit à Chicago, au Japon ou au Maroc, c’est la même pelouse et c’est le même jeu. Mais ce n’est jamais, ou pas souvent, la même architecture. Pour les architectes c’est bien, car ils peuvent respecter les gens, la géographie, l’espace et tout ce qui fait un pays ou une région. Il ne faut pas que l’on fasse un stade international, alors on fait toujours comme font les sportifs, les patineurs artistiques notamment, on écrit un récit et on cherche l’esprit du lieu.
Justement quel est cet esprit pour le Montpied ?
C’est assez simple, par rapport au Puy-de-Dôme, aux volcans. On parle souvent de cratère dans un stade, c’est encore plus logique d’avoir ce stade là où il est. On a déjà donné le surnom “Le Volcan” à ce stade, parce que justement le récit c’est bien cela. Souvent, on parle de cratère pour un stade. Ici c’est exactement cela, la toile sera rouge avec des projecteurs dessus. Il y a d’ailleurs une image que l’on a fait en 3D où l’on voit bien le stade et toute la Chaîne des puys derrière.
Comment avez-vous intégré l’ancienne tribune dans votre projet ?
La tribune existante, a quelques défauts, elle est notamment très grande, pour peu de places mais c’est un icone de Clermont. L’architecte, Jacques Kalisz, un très bon architecte, n’a fait qu’une tribune, il n’a pas pu faire la suite. Évidemment que notre but n’était pas de faire comme dans certains stades où chacun fait sa tribune et à la fin cela donne un truc improbable. Là, on a fait en sorte de mettre en valeur la tribune qui existe et avec les charpentes métalliques existantes et celles que l’on a fait, je suis à peu près certain que les gens qui ne connaissent pas l’histoire du stade, penseront que c’est un stade neuf qui vient d’être construit. Pour nous ce sera une victoire.
Avez-vous du intégrer des contraintes environnementales ?
Ici on est en zone inondable rouge, donc ce n’est pas simple. On à joint l’utile à l’agréable en créant un merlon tout autour du stade pour le protéger. Il sert à la fois à repousser les inondations et on a pu y insérer le gymnase qui sera entièrement entouré de terre plantée, comme tout le tour avec la cafeteria et la billetterie. Tout le parking qui est autour a été traité comme un parc avec un paysagiste et un budget de plantation très important.
Pour vous, un stade comme le nouveau Montpied, doit vivre en permanence ?
L’idée est toujours la même, quand le stade est vide il faut qu’il y ait des gens qui viennent. C’est pour cela que partout dans le monde maintenant, on élimine les grilles et les clôture parce que, si il n’y a que du sport une fois tous les 15 jours c’est quand même aberrant de bouziller autant de place. D’ailleurs, bientôt, on va démontrer cela à Paris dans un grand stade, si tout va bien.
Un ensemble livré au printemps 2026
La charpente qui intégrera un nouveau système d’éclairage, devrait donc être achevée avant l’homologation officielle du terrain à l’été 2025. Parallèlement, les travaux de second œuvre, d’aménagement extérieur des parkings et espaces verts et de construction du gymnase vont se poursuivre, l’ensemble devant être terminé au printemps 2026.
L’extension dont le budget est de 64,2 millions d’euros est pris en charge par la métropole à hauteur de 58,3 millions.














A l’heure des déficits, un investissement de plus de 60 millions d’euros pour faire jouer qui?
Mieux vaudrait investir sur le chu qui manque de moyen et de personnel, vous ne direz pas le même budget, et bien si nos impôts……
A quand la privatisation des grands équipements sportifs, puisqu’il vaut mieux privatiser les services publics et faire payer à la collectivité les divertissements….