7 Jours à Clermont : Marion, après ce beau score, je pense que l’équipe d’Ovale Ensemble ressent beaucoup de fierté ? Cela représente combien d’élus pour votre camp ?
Marion Kellin : De la fierté, je ne sais pas, car nous avons tous beaucoup d’humilité. J’aurais dit
plutôt que cette victoire est une reconnaissance du travail que nous fournissons tous depuis des
années, sur et en dehors des terrains. Nous sommes très heureux du vote de confiance des clubs qui
va nous permettre de mettre en place la Fédération à missions. Cela représente 33 élus pour Ovale ensemble pour 5 de l’équipe Codorniou.
7JàC : Après une campagne épuisante, pas toujours proche des valeurs du rugby, le temps est à l’apaisement et à la continuité du travail ? Après un tel résultat vous vous savez attendus sur le terrain ?
M. K : Oui cette campagne était relativement épuisante, en premier lieu physiquement pour
Florian, qui a sillonné la France entière, mais aussi moralement pour nous tous par la dureté des
propos qui ont été tenus par notre opposition sur les réseaux sociaux ou dans les médias et par la
politisation des évènements de l’été (dont nous portons tous la douleur du drame). Nous sommes,
malgré tout, restés focus sur nos objectifs. Il était important pour tous de s’inscrire dans une
continuité car tous les chantiers que nous avons portés et ouverts nécessitent d’être menés à bout, et
nous avons 4 ans pour le faire.
« Les priorités restent identiques »
7JàC :Quelles vont-être tes missions au sein de la Fédération et sont-elles élargies ?
M. K : Mes missions vont se concentrer sur les enjeux de formation : formation de l’encadrement sportif, des dirigeants, des arbitres, des joueurs… ainsi que le développement du centre de ressources de l’Institut National Emploi Formation (INEF) de la FFR, qui va pouvoir alimenter tous les acteurs du rugby. Comme nous sommes beaucoup plus nombreux à pouvoir s’occuper des différents sujets, c’est Laurent ESTAMPE qui prendra celui des Écoles de Rugby. Quand au sujet de l’attractivité et de la fidélisation des Cadets/Juniors, il devrait être confié à Nathalie JANVIER.
7JàC : Vous voilà engagé pour 4 ans, les chantiers sont immenses ? Y- a -t-il des priorités ?
M. K : Nos priorités n’ont pas changé :
1/ Augmenter le nombre de licenciés et relancer le rugby par la base
2/ Aider financièrement les clubs et les territoires en tant que Fédération à mission
3/ Élever au plus haut niveau mondial les 14 équipes de France et les arbitres
4/ Augmenter le poids de la Fédération à l’international
5/ Redresser les comptes de la FFR sans impacter les clubs
« Avancer pas à pas sur la professionnalisation du rugby féminin »
7JàC : On voit qu’ici en Auvergne, le rugby féminin bouge, grandit avec l’intégration des filles de l’ASM Romagnat au projet One ASM, la diffusion du match contre Bordeaux, le développement de plusieurs sections féminines. Vous annoncez des mesures fortes pour ce rugby féminin, peux-tu nous en dire un peu plus ?
M. K : Oui nous continuons de travailler pour la féminisation du rugby, 5 matchs devraient être télévisés par Canal + cette saison. Notamment ceux qui sont en doublon des garçons. Si le nombre de téléspectateurs donne satisfaction, le but serait d’étendre le nombre de matchs pour la saison 2025/2026.
7JàC : Parlez nous du challenge Rugby pour elles
M. K : Nous avons lancé, cette saison également, le Challenge national U15F Rugby pour elles afin que les jeunes filles de 12 à 14 ans soient regroupées entres elles pour matcher. Nous savons qu’au collège, une jeune fille, en plein développement hormonal, ne recherche plus la pratique sportive en mixité et a donc du mal à se lancer dans l’activité rugby avec ses homologues garçons. Il faut qu’elle sache qu’il est possible de ne jouer qu’avec des jeunes filles. Cela n’empêche pas non plus celles qui le veulent de jouer avec les garçons jusqu’à 14 ans mais nous pensons que ce challenge peut développer l’attractivité des jeunes filles pour notre discipline.
Pour Marion Kellin, il A faut améliorer les résultats de l’équipe de France Féminine
7 Jours à Clermont : Se dirige-t-on vers la professionnalisation du rugby féminin ?
Marion Kellin : Le sujet de la professionnalisation du rugby est évoqué depuis quelques années, mais nous y allons tranquillement, en marchant, le but étant de ne pas se louper dans sa mise en route. Il faut trouver le bon modèle économique pour nos filles, pour qu’il soit pérenne. Pour que le championnat domestique d’Élite 1 soit télédiffusable entièrement, il fallait que le championnat soit stabilisé et que les prestation des filles soient au rendez-vous.
Aujourd’hui il y a quelques clubs comme Villeneuve-d’Asc, qui ont lancé une campagne de (semi)professionnalisation et les jeunes filles des équipes de France à 7 et à XV sont sous contrat depuis déjà plusieurs années. La coupe du monde en France en Août 2014 à Marcoussis a commencé à donner de la visibilité à la pratique féminine, nous avons créé des icônes avec la meilleure joueuse du monde de la décennie en 2020 qui est française : Jessy Trémoulière, les jeunes filles ont pu s’identifier.
7JàC : Les résultats de l’équipe de France Féminine sont à la peine. N’est-ce pas trop inquiétant à un an de la Coupe du Monde ?
M. K : Les résultats ne sont pas à la hauteur de nos attentes c’est sûr, mais le groupe est en reconstruction avec des jeunes joueuses, et tous les pays progressent également, je pense notamment à la très belle équipe italienne ! Il faut encore travailler, ne rien lâcher, et se montrer plus stable.
Pour Marrion Kellin, il faut travailler sur la notion de cadre était prioritaire
7 Jours à Clermont : Vous défendez ce rugby par la base, ce rugby amateur qui parfois est en souffrance. Est-ce possible de le corréler avec le rugby de performance au très haut niveau ?
Marion Kellin : Nous pensons que pour que la tête fonctionne bien il faut que la base soit solide. On
ne construit pas le toit de la maison avant les murs et sans de bonnes fondations. Il est donc important de pouvoir développer les écoles de rugby, assurer un meilleur maillage du territoire, ouvrir des antennes EDR (école de rugby) dès que c’est possible, pour rapprocher la pratique des pratiquants… Nous savons qu’en dessous de 10 ans les parents ne font pas le déplacement qui sépare leur domicile d’un lieu de pratique dès qu’il y a plus de 10 kms. C’est moins le cas après car les enfants s’organisent avec les copains et souvent leur établissement scolaire de trouve dans une commune où l’activité est présente.
7JàC : Le rugby évoluant et les troisièmes mi-temps également, il était temps de poser un cadre après tous ces évènements en Argentine. Le rugby, prôné pour ses valeurs, doit-il retrouver ses lettres de noblesse ?
M. K : Le rugby n’est pas exempt de ce qu’il se passe dans la société de manière générale. Donc oui il était nécessaire de reposer le cadre d’une pratique de haut niveau et de performance sportive. Les troisième mi-temps sont une institution dans le rugby mais ce sont les excès qui posent problème…et les addictions en tout genre ! Nous avons pris le sujet à bras le corps en incluant toutes les parties prenantes du rugby pour construire l’avenir.
7 Jours à Clermont : Pour conclure on se doit d’avoir une pensée pour le jeune Mehdi Narjissi, et sa famille, et faire en sorte que de tels drames ne se reproduisent plus. Là aussi l’exigence dans l’encadrement se doit d’être exemplaire ?
Marrion Kellin : Oui nous pensons tous les jours à ce drame qui ne devra en aucun cas se reproduire. Nous avons retravaillé, depuis, sur les conditions d’encadrement et les rôles et missions de chacun des les staffs.













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